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Gestion financière Comment déterminer son seuil de rentabilité
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Gestion financière Comment déterminer son seuil de rentabilité

AXELLE SAADA |  le 10/05/2007  |  EntreprisesAveyronLoiretParis

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Indicateur prévisionnel incontournable, le point mort ou seuil de rentabilité permet de déterminer le moment à partir duquel l’entreprise devient rentable.Il impose, pour ce faire, de maîtriser parfaitement ses charges.

Attention, document sensible! Le seuil de rentabilité, s’il est un indicateur prévisionnel parmi d’autres, impacte directement les stratégies de développement de l’entreprise: la formation, le recrutement, les investissements réalisés l’année suivante seront en partie fonction de lui. «Pour calculer le seuil de rentabilité, il est impératif de s’intéresser à ce que l’on va faire l’année à venir et de l’établir à partir du compte de résultat prévisionnel, explique Jean-Luc Scemama, expert-comptable, président du cabinet d’analyse Expertise et conseil. On sait alors le chiffre d’affaires à atteindre»Le seuil de rentabilité, ou point mort, ou encore chiffre d’affaires critique, constitue le seuil à partir duquel l’entreprise devient bénéficiaire, à partir duquel les recettes couvrent les frais. Mathématiquement, il se calcule de la manière suivante: Formule voir PDF.L’objectif pour une entreprise consiste à l’atteindre au plus vite. «C’est ce que l’on appelle le temps optimum», précise Georges Kalousis, enseignant à Dauphine*. Pour ce faire, l’entreprise devra dans un premier temps évaluer au plus juste ses frais fixes - ou charges de structure (voir l’entretien page suivante). «Celui qui veut réduire son point mort doit avoir l’œil rivé sur ses frais fixes, souligne Jean-Luc Scemama. Le fait par exemple de prendre un gros marché peut entraîner des investissements, voire des embauches supplémentaires, ce qui va augmenter le niveau des frais fixes, réduire les bénéfices, et donc impacter le point mort. Tout investissement constitue un véritable pari sur l’avenir»Pour limiter au maximum le montant de ces frais fixes, l’entreprise peut faire le choix de la sous-traitance, de l’intérim, ou encore privilégier la location. De même, certains augmenteront la part variable de la rémunération des commerciaux au détriment du salaire fixe. «Mais attention à ne pas toucher au front office, qui permet à l’entreprise de vendre», nuance Georges Kalousis. «Variabiliser ses frais, en louant du matériel par exemple, peut effectivement permettre de se protéger, complète Hervé Karacha, consultant en gestion financière. Mais du coup, cela fragilise l’entreprise, car elle paie plus chère une même prestation»Maîtriser ses marges. Atteindre son seuil de rentabilité impose de maîtriser ses marges, et, pour ce faire, ses devis. «grâce à notre système de gestion, nous pouvons savoir, pour chaque devis, si nous gagnons de l’argent, avance Jean-Philippe Cure, concessionnaire Rivalis (gestion de TPE) à Saint-Affrique (Aveyron). Nous établissons les dépenses prévues pour l’année, puis nous déterminons le volume d’heures facturables, auquel nous associons un taux horaire moyen, qui doit nous permettre d’absorber ces frais. Le nombre d’heures et le taux associé constituent notre variable d’ajustement»Principale inconnue dans l’établissement du point mort: les matériaux. «Il est très difficile de calculer ses besoins en matériaux pour l’année à venir et d’anticiper la hausse des prix, souligne Anne-Marie Raynaud, expert-comptable. Deux solutions sont alors possibles: se baser sur un pourcentage forfaitaire moyen, en se référant aux moyennes professionnelles (FFB, FCGA, Capeb), ou raisonner en marge sur matériaux; cette seconde hypothèse me semble la meilleure.»Atteindre rapidement son seuil de rentabilité est indispensable, mais insuffisant. «Une entreprise doit avoir un peu de ‘‘gras’’ pour parer à la première difficulté, indique Jean-Luc Scemama. Le fonds de roulement constituera cet amortisseur de difficulté».

*Georges Kalousis est également co-auteur, avec Catherine Léger-Jarniou, de «Construire son business plan», aux éditions Dunod..

GRAPHIQUE
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DESSIN - GEST point mort.eps
DESSIN - GEST point mort.eps - ©
L’EXPERT Anne-Marie Raynaud, expert-comptable et commissaire aux comptes, cabinet Michel Creuzot, Briare (Loiret).

« Le calcul du point mort permet de revoir son organisation »

Pouvez-vous définir la notion de point mort, ou seuil de rentabilité ?

Il s’agit du niveau à partir duquel l’ensemble des charges de l’entreprise sont couvertes par son chiffre d’affaires. Il existe trois types de charges. Tout d’abord les charges directes de production, directement liées à la réalisation du chantier : les matériaux, la main-d’œuvre de production, tout ce qui relève de la préparation du chantier (échafaudages…) et des études préalables (conformité…). Ensuite, il faut déterminer les frais de fonctionnement - ou frais généraux - de l’entreprise. Il s’agit de frais liés à l’existence même de la société, qui ne sont donc pas tributaires de son activité : le loyer, les honoraires, les assurances, les frais de personnel. Enfin, il faut ajouter le financement de l’outil de travail : le loyer de crédit-bail, du matériel d’exploitation... Attention à ne pas oublier la rémunération du chef d’entreprise qui, dans le cadre d’une entreprise individuelle, n’est pas incluse dans le compte de résultat.

A quoi sert le calcul du point mort ?

C’est d’abord un moyen d’analyser l’information relative à son entreprise, de la comparer par rapport à une prévision de départ. Cela permet alors de tirer des enseignements sur les prochains chantiers, de mettre en lumière les écarts, d’en identifier les causes pour, ensuite, agir dessus. A partir de cet indicateur, le chef d’entreprise pourra se demander jusqu’où, dans son devis, il peut descendre au niveau des prix, pour couvrir ses frais généraux, ses coûts directs. Ensuite, calculer le point mort le contraint à revoir son organisation. Pour diminuer ses frais, il s’interrogera notamment sur ses dépenses de carburants, sur le contrôle des heures travaillées sur les chantiers, ou encore sur l’opportunité de solliciter des banques plutôt que de recourir à l’autofinancement. Enfin, ce calcul permet de refuser de prendre des chantiers qui ne couvriraient pas au moins ses charges.

Quand faut-il le calculer ?

A sa création, toute entreprise doit faire un budget prévisionnel, donc calculer son seuil de rentabilité. Ensuite, une fois installé, c’est bien de le revoir chaque année, en établissant une analyse chantier par chantier.

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Patrice Vigneron, EDBM, démolition, cinq personnes, Paris

«Le seuil de rentabilité est un indicateur particulièrement important. C’est à partir de lui que je manœuvre mon entreprise; il influe sur mes investissements, sur mes amortissements. Au lancement de l’entreprise, je l’établissais plusieurs fois par an; cela me rassurait. Aujourd’hui, l’entreprise a 4 ans, je le calcule une seule fois par an, juste avant mon bilan. Dès le départ, j’ai veillé à minimiser au maximum nos charges fixes, en jouant notamment sur mon salaire, car il était impossible d’agir sur les assurances ou le remboursement du leasing»

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Cristina Pinto, assistante de direction, SA Ragot, maçonnerie et entretien d’ascenseurs, quarante personnes, Gien (Loiret)

«Lorsque nous avons repris l’entreprise il y a deux ans, elle était au bord du dépôt de bilan. Il a fallu restructurer l’atelier menuiserie et réduire le salaire de la direction. Pour chaque chantier nous évaluons les charges, afin de s’assurer qu’elles seront couvertes; lorsqu’un chantier nous semble dangereux financièrement, nous le refusons. En outre, pour ceux que nous prenons, nous effectuons des suivis de chantier tous les mois, en étudiant la main-d’œuvre employée, les fournitures utilisées.»

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