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Géotechniciens Clarifier les missions

ELISABETH ALLAIN-DUPRE |  le 14/02/1997  |  Conception-réalisationMaison individuelleHaute-GaronneParisEure-et-Loir

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-Une ingénierie dont l'expertise conditionne largement la bonne fin des ouvrages construits. -Mais les géotechniciens dénoncent des missions d'étude de sol mal définies.

Discipline méconnue, la géotechnique traite du comportement des sols et de ses interactions avec les ouvrages construits ou à construire. Impliqués dès l'amont dans tous les projets de bâtiment ou d'infrastructures de quelque importance, les bureaux d'études spécialisés sont actuellement au nombre de 60 à 65, auxquels il faut ajouter les services spécialisés des centres d'études techniques de l'Equipement (CETE) et des grandes entreprises parapubliques comme EDF, SNCF, Scetauroute, le Cemagref, etc.

Très spécifique, la profession n'est pas pour autant homogène. Elle présente au contraire de fortes disparités. D'abord d'échelle : les structures varient de plusieurs centaines de salariés à moins de dix, jusqu'à l'ingénieur conseil isolé. Ensuite de moyens, suivant qu'elles disposent, ou pas, de leurs propres moyens d'investigation in situ et de laboratoires. Enfin d'activités, qui vont de l'étude de sol préalable au contrôle des travaux jusqu'à la maîtrise d'oeuvre pour certains ouvrages très liés à la nature du sol. Par ailleurs, le tissu économique de la profession évolue rapidement, suivant deux directions apparemment contradictoires : les petits bureaux d'études (chiffre d'affaires de moins de 5 millions) se multiplient ; et les structures moyennes (40 à 50 personnes) se regroupent pour former des« poids lourds » de la géotechnique, comme le groupe Solen (200 personnes et 95 millions de chiffre d'affaires), récemment constitué à partir de quatre bureaux d'ingénierie géotechnique (« Le Moniteur » du 29 novembre 1996, p. 39).

L'ensemble dégage un chiffre d'affaires cumulé de 1,5 à 2 milliards - estimation de l'USG (Union syndicale géotechnique) - soit 0,4 à 0,5 % de l'activité globale du BTP.

Faire face à la montée des contentieux

C'est peu pour une ingénierie dont l'expertise conditionne largement la bonne fin de l'ouvrage. Et les géotechniciens, nombreux, déplorent le caractère vague et mal défini des missions d'études de sol qui leur sont confiées : « Nous n'intervenons bien souvent qu'une seule fois, très en amont, et sans vraiment savoir ce qui va être construit sur le terrain, alors qu'il faudrait au minimum valider les projets au niveau APS ou APD », explique Marie-Luce Bedin de la Sores (Toulouse). Résultat : les bureaux d'études de sol, systématiquement mis en cause lorsqu'il y a sinistre, sont confrontés à une augmentation préoccupante des litiges... et de leurs primes d'assurance. C'est pourquoi l'Union syndicale géotechnique (USG) a fait d'une meilleure définition des misions types l'un de ses chevaux de bataille. Créé il y a un peu plus de vingt ans, ce syndicat regroupe quelques 45 bureaux d'études, dont le chiffre d'affaire cumulé avoisine les 800 million, soit près de 50 % du chiffre d'affaires études et conseil du secteur.

Il a confié en 1995 à l'Afnor le soin de normaliser les missions géotechniques types. La première étape de ce travail qui définit et classe les missions, vient d'être achevée. Cette classification précise est déjà utilisée par tous les membres de l'USG dans l'établissement de leur offre, mais aussi par nombre de maîtres d'ouvrages soucieux de mieux cadrer leurs consultations (voir encadré).

Une démarche évolutive

Parallèlement, l'USG se bat pour faire reconnaître à l'étude géotechnique la place qui lui revient dans l'acte de construire. Actuellement, bien des maîtres d'ouvrage considèrent que le « rapport de sol » réclamé par l'assureur suffit à les prémunir contre tous risques issus de la nature du sol. Même si ce rapport de sol, cas fréquent, est fort ancien et lié à un projet antérieur !

« Or, observe Jacques Robert (Simecsol), président de l'USG, parce que l'on sait pertinemment qu'une étude de sol, même très complète, ne permet pas de lever tous les aléas géologiques, la mission du géotechnicien doit être évolutive : seule une concertation sans cesse réactivée entre géotechniciens, concepteurs et constructeurs permettra d'assurer la gestion optimale des risques du sol. » C'est ainsi qu'interviennent de plus en plus les géotechniciens dans les réalisations d'infrastructure et les ouvrages de génie civil. « Mais reste, ajoute-t-il, à persuader les maîtres d'ouvrage de bâtiments à adopter le même comportement. On verra alors diminuer le nombre de sinistres liés au sol ! »

Photo : Jacques Robert, président de l'USG : «Seule une concertation sans cesse réactivée entre géotechniciens, concepteurs et constructeurs garantira la gestion optimale des risques du sol.»

POUR EN SAVOIR PLUS...

Organisation professionnelle

Union syndicale géotechnique. Maison de l'Ingénierie, 3 rue Léon-Bonnat, 75016 Paris. Correspondance au secrétariat général,

BP 169, 28003 Chartres Cedex.

Ouvrage de référence

« Les constructeurs et les risques du sol », par Jacques Catz. Editions Le Moniteur, Paris, 1985.

Les missions types du géotechnicien

Prélude à l'établissement de normes Afnor dont la publication est prévue en 1998, la classification distingue deux ordres de missions, avec et sans conseil.

Missions sans conseil

Exécution de travaux d'investigation (sondages et essais), suivant un programme fourni, sur le terrain et en laboratoire, donnant lieu à un compte rendu factuel, à l'exclusion de toute étude ou conseil.

Missions avec conseil

L'étude de faisabilité géotechnique recouvre la grande majorité des missions actuellement confiées aux géotechniciens. Dans la version sans prédimensionnement, elle examine l'adaptation de l'ouvrage au sol et définit des principes généraux de construction des ouvrages liés au sol ; avec prédimensionnement, elle établit des dimensions et des performances types pour les ouvrages liés au sol. Ces deux variantes n'entrent pas dans le cadre d'une mission de maîtrise d'oeuvre.

Etude de projet géotechnique. Le géotechnicien entre ici dans le cadre de la maîtrise d'oeuvre, et peut se voir confier plusieurs missions successives : étude de conception géotechnique (préconise la méthode d'exécution des ouvrages, fournit les calculs de dimensionnement, estimation des coûts, dossier de consultation des entreprises) ; étude, suivi d'exécution.

Mission d'expertise géotechnique. Elle s'effectue sur ouvrage en cours d'exécution ou sur ouvrage existant présentant des désordres ; elle est strictement liée à un élément géotechnique spécifique, à l'exclusion de tout autre.

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