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Géosynthétiques: «Moins disant, mieux disant: quels choix ?»
Les experts présents à la table ronde organisée le 8 mars dans le cadre des 11es Rencontres géosynthétiques à Lille ont insisté sur a nécessité de bonnes compétences tout au long du chantier, faute de réelle réglementation sur leur mise en œuvre. - © © CFG

Géosynthétiques: «Moins disant, mieux disant: quels choix ?»

Emmanuelle Lesquel (Bureau de Lille du Moniteur) |  le 09/03/2017  |  TechniqueNord

Dans le cadre des 11e Rencontres géosynthétiques, qui ont accueilli à Lille plus de 350 participants du mardi 7 au jeudi 9 mars 2017, le comité Français des géosynthétiques (CFG*) a organisé le 8 mars une table ronde destinée à souligner l’importance de bien soigner les chantiers utilisant des membranes géosynthétiques. Sous peine de payer ensuite le prix fort. Aperçu.

«Infrastructures, bâtiments, environnement et même secteur minier, les membranes géosynthétiques présentent de nombreux avantages sur beaucoup de chantiers. Filtration, renforcement, drainage, étanchéité, etc., ces géosynthétiques permettent notamment de réduire massivement l’utilisation de matériaux naturels, qui se font rares. Et par corollaire, de réduire aussi significativement le nombre de camions sur les routes», explique Yves Durkheim président d’Afitex International. Reste que ces matériaux, leurs potentiels, mais surtout leurs limites et leurs conditions de pose très particulières, ne sont pas encore toujours bien connus.

«Nous avons dû très rapidement refaire deux bassins de décantation pour notre usine de production de sucre. Or dans notre groupe qui emploie pourtant 2 000 salariés personne ne maîtrisait les contraintes spécifiques des membranes géosynthétiques. Dans un premier temps il nous a fallu identifier vers qui nous tourner», a témoigné en début de table ronde Maxime Cassel, responsable d’exploitation de la Sucrerie Sainte-Emilie du Groupe Cristal Union.

Absence de réelle réglementation sur la mise en œuvre

De plus, en l’absence de réelle réglementation sur leur mise en œuvre, le recours à ces géosynthétiques implique de disposer des bonnes compétences tout au long du chantier, de la conception à la réalisation. Intervenants à différentes étapes du projet, de la conception au contrôle du chantier en passant par l’assurance, les huit experts de la table ronde ont martelé ce message.

«Il existe désormais des familles de géosynthétiques adaptées à tous les projets. Ce qu’il faut c’est choisir la bonne membrane pour la bonne utilisation. Le problème n’est plus le défaut éventuel du produit mais bien la compatibilité de telle ou telle membrane avec le projet. Il ne faut ni rogner sur la conception, ni sur le produit ni sur la pose. Gratter quelques centimes sur un produit c’est perdre des années ensuite sur le projet», a souligné Paul Guinard, Président de l’Aprodeg (Association française des producteurs de géomembranes).

Sur les ouvrages souterrains les éventuels «ratés» sont liés à 40% à la mise en œuvre (dont 60% pour les soudures manuelles et 20% pour les fixations) et 60% au gros œuvre (90% de percement accidentel). «Pour les ouvrages de génie civils ces désordres sont dus à 70% à la mise en œuvre dont 70% soudures manuelles et à 25% au gros œuvre (mauvaise préparation du support, endommagement à la mise en place) et 5% aux membranes», a souligné Bernard Torrin, Directeur Environnement & Développement durable de SNCF Réseau.

Métier technique, lot unique et contrôle

Gilles Bernardeau, Président de l’Afag (Association Française des Applicateurs de géomembranes) ajoute: «On pense que la pose est simple mais ce n’est pas le cas. C’est un métier très technique. Il faut un lot unique et pas des entreprises qui sous traite derrière».

Le rôle du contrôleur est primordial et il doit être indépendant. «En l’absence de référentiel, il doit être un référent technique pour le maître d’ouvrage. Il faut avoir affaire à une personne compétente qui dispose de son propre matériel et faire faire des tests par des laboratoires accrédités», a souligné Yves Gérard, gérant d’YGD Conseil.

Pour diffuser les règles de l’art le plus largement possible des cours de préformation sur les matériaux géosynthétiques et leurs utilisations les plus fréquentes, telles que les installations de stockage de déchets, les infrastructures de transports et ouvrages hydrauliques ont aussi été dispensés en préambule des rencontres.

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