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George V parie sur l'axe Aix-Marseille

JEAN-MARC MATALON |  le 06/06/1997  |  Bouches-du-RhôneFrance Collectivités localesEnvironnementLogement

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-La filiale de la Générale des eaux mise sur un développement des deux principales villes des Bouches-du-Rhône. -Plusieurs opérations significatives seront lancées au cours des prochains mois.

A la tête du groupe George V pour les régions Provence et Languedoc (une délégation qui rassemble une quinzaine de collaborateurs pour 200 millions de francs de chiffre d'affaires annuel), Michel Kester affiche un optimisme raisonné. Un optimisme fondé à la fois sur une reprise de la demande régionale dans le domaine de l'accession à la propriété, mais également sur l'amélioration de l'image de Marseille et la croissance soutenue d'Aix-en-Provence. Deux villes essentielles dans la stratégie de George V (CGIS), filiale « promotion immobilière » de la Générale des eaux.

A Marseille, le groupe réalise actuellement deux ensembles qui tiennent déjà toutes leurs promesses commerciales. A Saint-Barnabé, dans le XIIe arrondissement, le « Domaine de la Bastide » (70 millions d'investissement) a séduit une clientèle attirée par le charme d'un noyau villageois particulièrement dynamique. Sur les 90 logements, vendus 11 000 francs le mètre carré, seuls trois appartements attendent encore un acquéreur.

Logements en accession au centre de Marseille

Même succès prévisible pour la résidence « la Closerie », à la Vieille-Chapelle, dans le VIIIe arrondissement. Commercialisé depuis octobre, ce programme de trois petits immeubles situés dans un parc de 6 000 m2, en bordure de voie classée, est déjà vendu à 50 %, alors que les travaux viennent à peine de débuter.

Au rayon des projets, le groupe va réaliser, dans les prochains mois, une résidence de 25 logements dans le quartier de la Pomme. Le prix de vente ne devrait pas excéder 9 000 francs le mètre carré.

Michel Kester attend également beaucoup d'une opération qui sera lancée début septembre en plein centre-ville, à l'angle de la rue Breteuil et de la rue Bossuet, dans le VIe arrondissement. Sur un terrain de 5 000 m2, George V va réaliser un immeuble de six étages abritant 90 logements T3 et T4. L'architecte est désigné (Daniel Deluy), le permis de construire, en cours d'instruction, et les travaux devraient démarrer début 1998. L'opération sera commercialisée entre 10 500 et 11 000 francs le mètre carré, pour un investissement global de 60 millions.

« Cette opération me tient à coeur, souligne Michel Kester, car je voudrais démontrer que l'on peut faire revenir les Marseillais vers l'hypercentre à condition de concevoir des logements destinés à l'acquisition et non à la spéculation. »

Une opération que le groupe souhaite renouveler « dès que possible », même si la rareté du foncier en centre-ville et les contraintes du plan d'occupation des sols de 1993 (en cours de révision) limitent considérablement les possibilités.

Michel Kester croit en l'avenir de la cité phocéenne. « Le changement d'hommes à la tête de la ville a été une bonne chose car il montre aux investisseurs que la page de l'immobilisme est tournée. Peu à peu, l'image de Marseille se bonifie, et il existe même un phénomène de mode autour de cette capitale régionale. A présent, note le directeur régional de George V, Marseille peut décoller, à condition qu'elle parvienne enfin à jouer la carte de la complémentarité avec les autres communes de l'agglomération, en particulier avec Aix-en-Provence. »

Quatre opérations bientôt commercialisées

Aix où Michel Kester ne manque pas d'ambitions. Le groupe y a déjà réalisé 300 logements sur l'esplanade de l'Arche, et s'apprête à en commercialiser 200 autres à travers quatre autres opérations (« Quartier de la Brédasque », « Domaine de Saint-François », « Beverly », « Horizon Victoire »). « Si Sextius-Mirabeau représente la moitié des réalisations aixoises, nous assurons pour notre part 20 % du marché de la promotion dans cette ville. Notre ambition, c'est de faire encore mieux au cours des prochaines années », indique Michel Kester.

PHOTO : Un investissement global de 60 millions de francs pour ces 90 logements situés en plein centre de Marseille.

Michel Kester De l'hydraulique à la promotion

Etonnant parcours que celui du directeur régional de George V. Michel Kester avoue qu'il a eu « cent vies » et qu'il les a toutes vécues avec passion. Un diplôme d'ingénieur hydraulicien en poche, il est, à la fin des années 60, directeur adjoint de l'Office marocain de l'eau potable. En 1971, il intègre la Compagnie générale des eaux. Six ans plus tard, le voici directeur des services au conseil régional Paca. C'est à cette époque, bien avant que le projet Euroméditerranée ne soit imaginé, qu'il acquiert la certitude que l'avenir de Marseille passera par le triangle Saint-Charles/Joliette/Porte-d'Aix. Michel Kester insiste alors auprès des « politiques » pour que l'hôtel de la région soit construit dans cette zone, et non pas dans les quartiers sud, comme il était initialement prévu.

En 1986, nouveau virage professionnel. Le haut fonctionnaire territorial se retrouve à la tête de « l'Hebdomadaire », un éphémère magazine régional lancé par Michel Pezet. Un an plus tard, Michel Kester rejoint le groupe Sari-Seeri, lance l'opération des « Docks de la Joliette », avant que la société ne soit absorbée par la Générale des eaux, via George V. A 53 ans, « l'homme aux cent vies » a bouclé la boucle.

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Les Docks à Marseille, une opération de 800 millions de francs

La Sari-Seeri s'est intéressée aux immenses entrepôts bordant les quais de la Joliette dès 1987. En 1991, elle rachète au groupe Axa les 125 000 m2 de hangars construits par Talabot au XIXe siècle. Un an plus tard, l'architecte marseillais Eric Castaldi commence ce chantier de réhabilitation colossal. Succès immédiat. Les Docks deviennent en quelques mois le centre d'affaires le plus prisé de la ville. Aujourd'hui, la quatrième tranche vient d'être achevée. Il reste 28 000 m2 à réhabiliter. Le prix de commercialisation actuel tourne autour de 9 000 francs le mètre carré. Au total, le groupe George V (CGIS), qui a pris la succession de la Sari-Seeri, aura investi près de 800 millions de francs dans cette opération qui fait figure de porte-drapeau du projet Euroméditerranée.

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