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Géocorail protège en douceur le littoral
La société dirigée par Philippe Andréani a mis au point un procédé qui fabrique un conglomérat rocheux autour d’un grillage. - © STÉPHANIE TETU / LE MONITEUR

Géocorail protège en douceur le littoral

CHRISTIANE WANAVERBECQ |  le 02/10/2018  |  Développement durableStart-up

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Installée à Fos-sur-Mer, la jeune pousse propose des solutions écologiques pour lutter contre l'érosion.

Au cœur du port pétrolier de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), Géocorail cherche des solutions contre l'érosion du littoral et l'affouillement des ouvrages maritimes. Protégée par deux brevets, la première invention repose sur un procédé d'électrolyse de l'eau de mer : « Il permet de précipiter le calcium et le magnésium pour créer un liant qui agglomère les sédiments. En combinant les réactions électro chimiques de l'eau de mer et de captages de sédiments, nous fabriquons un conglomérat rocheux autour d'un grillage métallique qui sert de cathode. Cela implique de faire circuler des courants électriques dans l'eau. Très faibles, ces courants sont sans danger pour la faune et la flore », explique Philippe Andréani, directeur général de la jeune pousse.

Le dispositif peut renforcer les digues, les ouvrages d'art maritimes (piles d'un pont, quais… ) ou toutes structures off shore par la création d'une roche naturelle à partir des minéraux présents sur place. L'écologie est au cœur du dispositif. « Lorsque le site considéré est le siège de mouvements de sédiments, il n'est procédé à aucun apport extérieur : l'eau charrie les matériaux nécessaires qui viendront se fixer sur la grille métallique », précise-t-il. L'invention peut par ailleurs éviter la construction coûteuse d'une digue de protection. Grâce à une autorisation d'occupation temporaire accordée par le Grand Port Maritime de Marseille et sa filiale Fluxel, la société perfectionne ses solutions sur 800 m² du plan d'eau et 100 m² sur terre qui sont réservés à son banc d'essai.

La société a mis au point des géotubes en fibre conductrice pour conforter des berges et réaliser des brise-lames

Incubée depuis 2012 par le fonds d'investissement Truffle Capital, la start-up a levé 2,8 millions d'euros de fonds. De quoi recruter - aux côtés du directeur technique Nicolas Verjat présent dans la société depuis sa création - un automaticien, un docteur en chimie des matériaux, un développeur commercial et une assistante de gestion.

Chantier avec Eiffage. Cette nouvelle organisation doit aider Géocorail à se faire connaître auprès des professionnels du génie maritime (bureaux d'études, majors du BTP, ports) dans une logique de B to B. Dans ce cadre, ils ont travaillé aux côtés d'Eiffage sur un chantier de protection du soubassement d'un épi rocheux à Yves (Charente-Maritime). D'autres projets ont suivi, comme la protection d'un quai contre l'affouillement au Pradet (Var). L'entreprise a aussi conclu un partenariat avec la société de travaux maritimes Seanergy, qui opère dans l'océan Indien.

Un autre axe de travail est la mise au point des géotubes en fibre conductrice (mélange de fibres textiles et métalliques). Dopés au procédé Géocorail, ils résistent aux forces mécaniques, point faible des géotubes classiques. L'entreprise compte les proposer pour conforter des berges et réaliser des brise-lames. Enfin, elle teste actuellement l'encapsulation de polluants sous-marins dans les ports. En clair, il s'agit de créer un socle qui évite au mouvement des hélices de soulever les sédiments contaminés.

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2012, date de création
50 000 € de CA en 2017.
6 collaborateurs.
2,8 M€ de levées de fonds au total.

Prometteuse - L'avis de l'expert

« Nous avons travaillé avec Géocorail dans le cadre d'un programme de recherche sur le dépôt calcomagnésien. Cela consistait à étudier les mécanismes de formation de ce dépôt obtenu par la précipitation du calcium et du magnésium présents dans l'eau de mer. Géocorail a développé ses solutions à partir de ce principe électrochimique. Son approche préventive permet de pérenniser des procédés existants (réenrochement, réensablement… ), sans avoir à investir lourdement pour les consolider. »

Pierre-Yves Mahieux, chercheur au laboratoire des sciences de l'ingénieur pour l'environnement de l'université de La Rochelle (LaSIE-UMR CNRS).

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