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Génie climatique : pour une meilleure hygiène des réseaux aérauliques

Bernard Gaffet, président de l'Aspec |  le 25/12/1998  |  EquipementProduits et matériels

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« J'ai lu avec intérêt votre article intitulé "L'entretien des réseaux aérauliques est indispensable", paru dans "Le Moniteur" du 6 novembre 1998, page 71. Je souhaite apporter, en tant que président de l'Aspec (Association pour l'étude et la prévention de la contamination), les précisions suivantes. En effet, depuis quelques mois, des industriels du génie climatique semblent découvrir ce secteur de l'hygiène des conduits aérauliques.

Nos adhérents, répartis en trois collèges (chercheurs et enseignants, fournisseurs, utilisateurs, parmi lesquels nous retrouvons les entreprises du génie climatique) se sont souciés de longue date de ce problème de contamination aussi bien bactériologique, chimique, que particulaire, dans les industries dites "propres" telles que la pharmacie, l'électronique, le spatial, la cosmétologie et l'agro-alimentaire.

Je suis étonné que le GHR (Groupement hygiène des réseaux aérauliques) ne se soit pas encore manifesté auprès de nous afin de connaître tous les travaux et l'enseignement dispensé sur ce sujet par notre association nationale.

Le fait de nettoyer des conduits aérauliques constitue bien une phase préventive mais on ne s'attaque pas à la source de cette prolifération bactérienne. A ce jour, le mode de construction n'a guère évolué. Nous en sommes toujours à la fabrication de conduits aérauliques en tôle galvanisée spiralée. Or, cette tôle est généralement réalisée dans des ateliers de chaudronnerie ouverts "à tous vents", et dans des conditions relativement sommaires.

Cette tôle de quelques dixièmes de millimètres, découpée en rouleaux de largeurs adéquates, est ensuite roulée sur des galets métalliques, qui créent le dispositif d'accrochage de la spirale. Cette opération s'en trouve facilitée par l'adjonction d'huile ou de graisse destinée à faciliter le glissement de la tôle sur les galets. Ce corps gras est déjà un véritable piège pour les contaminants qui trouveront refuge, par adhérence, et pourront proliférer par la suite dans le cas d'un contaminant bactérien.

Cette méthode de mise en forme constitue déjà une première source de contamination. Bien sûr, il existe d'autres types de gaines constitués de parois découpées dans des panneaux de fibres de laine revêtus d'une feuille d'aluminium, de section rectangulaire, mais l'angle de jonction des parois constitue également des zones mortes.

Le deuxième point, source de contamination, est constitué par le stockage de ces gaines spiralées, le plus souvent sur des racks à l'air libre, voire à même le sol, et ce, sans protection aux extrémités.

En l'occurrence, lors de réalisations d'installations aérauliques dans nos types d'industrie, nous spécifions dans le cahier des charges que l'ensemble des gaines livrées devra être dégraissé et bouchonné aux extrémités, afin d'éviter l'apport de matières étrangères entre le stade de la fabrication et sa mise en oeuvre sur le chantier. Dans le même esprit, il faut que le maître d'oeuvre sur le chantier de l'installation veille au stockage dans des endroits exempts de matériaux de toute nature.

La troisième source d'encrassement interne provient du raccordement des tronçons de réseaux secondaires sur le réseau primaire. Ce travail est bien souvent accompli sur le chantier avec une découpe au disque de Carborundum ou à la cisaille manuelle. De son côté, l'assemblage des éléments par rivetage n'est jamais parfait et crée des points d'accrochage des matières véhiculées par l'air. Voilà globalement les sources de contamination liées au concept de fabrication des conduits aérauliques. Beaucoup de chemin reste à parcourir pour obtenir des parois parfaitement lisses, évitant l'accrochage des particules aspirées.

Quant à la filtration, vous relatez qu'il n'existe pas de filtre absolu capable d'arrêter l'ensemble des poussières. Je m'érige en défenseur de nos adhérents fabricants de filtres en démentant ces propos. Il existe bien des filtres absolus capables d'arrêter à 99,96 % les particules de moins de 0,5 µ. Evidemment, ces dispositifs coûtent cher mais ils peuvent durer longtemps, à condition qu'un souci soit apporté dans le choix des filtres à l'origine de l'aspiration de l'air neuf.

Je ne peux qu'abonder dans le sens de l'article, quant à la nécessité absolue d'envisager la mise en place de trappes d'accès, parfaitement positionnées et espacées, si possible tous les 10 m, mais le coût d'exécution s'en trouve alourdi. La difficulté réside dans l'attribution de cette dépense supplémentaire. Privilégie-t-on l'investissement ou les charges de fonctionnement. C'est un vaste débat !

En conclusion, le nettoyage des gaines n'est pas une nouveauté, les Suédois importaient déjà des robots adaptables, avec caméra incorporée, il y a douze ans. Un congrès international, Contaminexpert, accompagné d'une exposition rassemblant plus d'une centaine d'exposants, se tient tous les deux ans sur ce sujet. Il se déroulera d'ailleurs, du 16 au 18 mars 1999 à l'espace Champerret. Au cours de ces trois jours, des conférences se tiendront notamment sur le thème du traitement de l'air. »

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