En direct

Génie civil Ouvrages atypiques pour bus en site propre
PHOTO - 143439.HR.jpg - © PHILIPPE DONNAES

Génie civil Ouvrages atypiques pour bus en site propre

philippe donnaes |  le 09/01/2009  |  Val-de-MarneRéalisationsTransportsCollectivités localesTransports mécaniques

Ma newsletter personnalisée

Ajouter ce(s) thème(s) à ma newsletter personnalisée

Val-de-Marne
Réalisations
Transports
Collectivités locales
Transports mécaniques
Travail
Architecture
Valider

Les 6,45 km du projet de transport en commun du sud francilien serpentent à travers des terrains difficiles, parcourus par de nombreux réseaux dont le franchissement nécessite la construction de cinq ouvrages d’art originaux.­

Court mais complexe. Cette formule résume assez bien les 6,45 km de travaux qui vont donner naissance au futur TCSP (transport en commun en site propre) qui desservira le Val-de-Marne (voir encadré p. 47). L’ensemble du projet, qui entrera en service à la mi-2010, représente un investissement total de 106 millions d’euros HT (valeur janvier 2006).

Interfaces délicates

« Le chantier, qui a démarré officiellement en septembre 2007, a nécessité de revoir un certain nombre de points techniques, eu égard à la complexité du projet. Celui-ci se trouve en effet en lien direct avec le prolongement de la ligne 8 du métro », souligne Yves Rocher, chef de projet au conseil général du Val-de-Marne. L’extrême densité des réseaux est un paramètre récurrent qui nécessitera la construction de cinq ouvrages d’art afin de surmonter tous les obstacles qui se présentent sur le tracé. Premier point singulier : le passage en oblique sous la bretelle, maintenue en activité, qui assure le raccordement entre l’autoroute A86 et la RN406. « Cette section est par ailleurs dans l’emprise d’un important émissaire appartenant au Siaap (Syndicat interdépartemental pour l’assainissement de l’agglomération parisienne), auquel s’ajoutent tous les équipements autoroutiers enterrés de type fibre optique, qui supervisent la signalisation », souligne Christian Poumeau, chef de projet chez Coteba.

Ces difficultés seront résolues grâce à une tranchée couverte (ouvrage n° 1 sur la carte), avec traitement en pergola urbaine partiellement couverte de 173 m de longueur. « La paroi moulée, réalisée à la benne preneuse, sera constituée de panneaux de 82 cm d’épaisseur ancrés à 24 m de profondeur », précise Géraud Guilhem, chef de secteur de Razel. « Quant aux poutres béton de 13 m de portée (1,20 x 0,60 m) qui assureront le butonnage des parois, elles seront coulées à même le sol afin de pouvoir ensuite terrasser en taupe », ajoute Christian Poumeau.

Pour garantir le cheminement en site propre, le projet prévoit la construction d’un viaduc à trois travées (ouvrage n° 2), de 40 m de portée, qui permettra aux bus de passer sous la voierie de la RN406. « Les pieux cylindriques de 25 m de profondeur, exécutés depuis la surface à la tarière sous tubage provisoire, feront office de piles définitives, la dalle de couverture étant ensuite coulée à même le sol afin de permettre, là encore, de continuer les travaux en sous-œuvre sous circulation », explique Géraud Guilhem.

Voisinage explosif

« Cet ouvrage se situant, comme la majorité du tracé, dans l’emprise d’une ancienne ballastière exploitée durant les années 1960 et remblayée depuis, nous sommes sur un terrain évolutif, pas entièrement consolidé, qu’il a fallu préalablement renforcer par l’intermédiaire d’injections réalisées à une profondeur de 30 à 35 m afin de faire face aux vides karstiques repérés dans cette zone », commente Christian Poumeau.

Mais une des plus grandes difficultés résidait dans la proximité de trois conduites de gaz à 70 bars de pression ! Un voisinage délicat qui a nécessité la mise au point de procédures d’exécution spécifiques, les canalisations étant par ailleurs préalablement instrumentées pour détecter toute vibration susceptible de porter atteinte à leur intégrité. Résultat : des forages « à la petite cuillère », interdisant toute solution de vibrofonçage, qui ont nécessité plus de deux mois de travaux pour réaliser les dix pieux d’1,20 m de diamètre.

L’ouvrage n° 3 est une structure de type portique, de 7 m d’ouverture, qui supportera la plate-forme du TCSP en assurant le rétablissement d’une voie locale à gabarit réduit. Sa construction n’est pas encore commencée.

Un des morceaux de bravoure se situe à l’aplomb de la RN406, le franchissement de cet axe ultra-chargé requérant la construction d’un bipoutre métallique à deux travées de 17 m et 22 m de portée (ouvrage n° 4). La charpente, assemblée à l’arrière, sera lancée en une nuit après fermeture de la voie. Les 17 dalles béton de couverture seront ensuite posées, sous fermeture partielle, au moyen d’une grue automotrice. « Nous avons choisi de préfabriquer le tablier », explique Géraud Guilhem. Une option originale qui implique une grande précision d’exécution. « Les connecteurs métalliques du tablier et les réservations dans les dalles doivent être implantés au millimètre près, sous peine d’évidents problèmes lors de la pose. »

Ces contraintes drastiques sont encore exacerbées sur le cinquième ouvrage de 120 m de portée, de conception identique, qui assure notamment le franchissement de la future extension de la ligne de métro M8. Le tablier en « S » présente en effet un dévers variable, tout comme l’épaisseur des parties en encorbellement, pratiquement aucune des dalles n’ayant une forme identique. Une complexité géométrique qui a néanmoins été parfaitement maîtrisée, puisque les 37 éléments (2,50 x 15 m) de 25 tonnes ont été posés sans fausse note, en trois jours et demi.

Un tracé en milieu urbain dense

Le projet de transport en commun en site propre (TCSP) reliera Thiais à la gare RER A de Sucy-Bonneuil via Créteil (11,65 km). Il nécessite la construction d’un linéaire de 6,45 km, sur lequel seront implantées neuf stations.

Le site propre du TCSP (en pointillés sur notre carte)se raccordera à la plate-forme du Trans Val-de-Marne (TVM) au niveau de la rampe d’accès de l’ouvrage de franchissement du carrefour Pompadour. Les bus emprunteront donc en partie le trajet du TVM (entre le carrefour Pompadour et Thiais). Le nouveau tracé, implanté sur les territoires de quatre ­communes (Bonneuil-sur-Marne, Créteil, Sucy-en-Brie, Valenton) interceptera de nombreux axes clefs : RER D (Villeneuve-Saint-Georges), RER A (Boissy-Saint-Léger), TVM (Choisy-le-Roi et Thiais), ligne 8 du métro (Maisons-Alfort). Objectifs : 17 500 voyageurs quotidiens (soit 6,4 millions par an à l’ouverture), les BHNS (bus à haut niveau de service) assurant une fréquence de desserte de 4 minutes aux heures de pointe.

Fiche technique

Maître d’ouvrage : conseil général du Val-de-Marne.

Maître d’œuvre : groupement Coteba (mandataire) ; EPDC ; Asco ; Atelier Laurent Salomon ; HYL.

Coordonnateur SPS : Cossec.

Bureau de contrôle : LREP (laboratoire régional de l’est parisien).

Entreprises : groupement Razel (mandataire) ; Urbaine de Travaux ; Sefi Intrafor ; Franki Fondation ; Richard Ducros.

Éditions du Moniteur Le Moniteur boutique

Code commenté de la commande publique

Code commenté de la commande publique

Date de parution : 09/2019

Voir

Histoire de l’architecture agricole

Histoire de l’architecture agricole

Date de parution : 07/2019

Voir

Règlement de sécurité incendie ERP avec historique des versions

Règlement de sécurité incendie ERP avec historique des versions

Date de parution : 07/2019

Voir

Accéder à la Boutique

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur