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Frémissement des marais sur le parvis de la gare de Saint-Quentin
Un liquidambar et trois gingko structurent l'espace qui trace le lien entre marais et canal, à travers les l lignes légères, souples et immobiles tracées par les graminées, les saules et les arbustes - © Laurent Miguet

Frémissement des marais sur le parvis de la gare de Saint-Quentin

Laurent miguet |  le 24/09/2018  |  ArchitectureAménagement de voirieEntreprises du paysagePaysagistes concepteurs

Candidat aux Victoires du paysage 2018, le parvis de la gare de Saint-Quentin (Aisne) dissimule 560 places de stationnement dans un parc.  L’agence Format Paysage a dessiné l’espace de 5 hectares comme une liaison entre les marécages d’une réserve naturelle et les quais du canal de la Somme.

A la sortie du train, le parvis jardin de Saint-Quentin (Aisne) offre un changement de décor radical au voyageur parti 1 h 20 plus tôt de la gare du Nord (Paris). Des arbres vénérables distribuent les points de vue sur l’espace de 5 hectares : à droite, le liquidambar flèche les monuments mémoriaux longtemps camouflés par des thuyas, aux portes de la réserve naturelle nationale des marais d’isle ; à gauche, trois gingko biloba signalent la perspective vers le quai Gayant, dont l’aménagement a précédé celui du parvis de la gare, sur l’autre rive du canal de la Somme.

Difficile de croire à l’espace saturé par la voiture, décrit par tous ceux qui l’ont pratiqué avant le chantier de 2016. La première minute à Saint-Quentin suffit pour prendre la mesure d’une réalisation à la hauteur de l’enjeu résumé par Edouard Cauchon, directeur des espaces verts de la ville : « Tenir le paysage, du canal au marais »…

 

Stationnements dissimulés

 

Deux stratégies complémentaires ont permis d’atteindre l’objectif, sans perdre aucune des 560 places de stationnement : l’augmentation des surfaces plantées, passées de 4800 à 11 600 m² grâce au remplacement des voiries surdimensionnées par des couloirs dédiés aux voitures individuelles, aux taxis, aux vélos et aux autobus ; la dissimulation des parkings dans des arbres répartis en périphérie du champ visuel des 4200 piétons qui chaque jour, entrent à Saint-Quentin ou en sortent par la gare. 

De l’enrobé au dallage bicolore en passant par le stabilisé ou le désactivé, les revêtements traduisent la spécialisation des voiries. Rescapés de l’opération de 12,8 millions d’euros TTC, les trois gingko et le liquidambar jouissent d’une visibilité sans précédent.
Dans les espaces verts couverts de 186 arbres, 30 cépées, 7100 arbustes, 23 500 vivaces et graminées, des lignes homogènes anticipent un entretien rationalisé, mais fidèle à la ligne de continuité écologique et paysagère : « Les plantations frémissent avec le marais », révèle Sophie Boichat-Lora, gérante de l’agence Format Paysage.

La paysagiste a représenté ce lien entre ville et nature à travers les lignes légères, souples et immobiles dessinées par les graminées, les saules et les arbustes. Fruit de workshops menés avec l’architecte Jean-François Authier (Studio SAA), sa composition prolonge l’intérieur Art déco du buffet de la gare rénové. Le remodelage de 5000 m3 de terres a adouci la pente vers le canal et bombé la corne de Vauban, vestige fleuri des fortifications ordonnées par l’ingénieur de Louis XIV.

 

Chantier haletant

 

« Un résultat magnifique, pour mon plus gros chantier, en 20 ans de maîtrise d’œuvre », s’enthousiasme Arnaud Klein, mandataire de la maîtrise d’œuvre pour le compte de TPFI. Une course haletante a précédé ce bilan : successeur de Xavier Bertrand à la mairie de Saint-Quentin, Frédérique Macarez a souhaité concentrer les travaux en 18 mois au lieu des 24 prévus.

Titulaire du lot espace vert et dernier arrivé sur le chantier, l’entreprise Tayon (30 salariés, à Chauny) veille depuis lors à un entretien sans faille et sans phyto, au prix d’une vigilance permanente. Le perfectionnisme de Michel Tayon se focalise sur les arbres : « Il n’y en a pas deux pareil. On ne peut pas les traiter comme des lampadaires », explique-t-il pour justifier des premières tailles d’homogénéisation, dès la plantation. Les sujets de 20-25 et de 30-35 se sont enracinés dans des fosses de 2 m3 de mélange terre-pierre, connectées à la nappe. Des tuteurs en mélèze non traité favorisent leur développement.

 


Avenir ouvert

 

L’entreprise Tayon remettra les clés de ces espaces à la ville en fin d’année, au terme du contrat de trois ans. Sur la modalité des étapes suivantes, Edouard Cauchon pose les termes du débat que la collectivité devra trancher d’ici à janvier 2019 : « Va-t-elle reprendre tout ou partie de l’entretien, dans un contexte de diminution de ses effectifs, et alors que ses moyens techniques ne rivalisent pas avec l’efficacité des gros matériels déployés par les entreprises ? » Les trois premières années du parvis placent cet avenir ouvert sous de bons auspices.

Commentaires

Frémissement des marais sur le parvis de la gare de Saint-Quentin

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Format Paysage

24/09/2018 14h:17

Merci pour ce bel article très précis ! 2 Petites corrections à apporter : les fosses font 6m3 (et non 2) et elles ne sont pas connectées à la nappe. Cordialement SbL

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