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France : un bilan énergétique 2010 plein d’enseignements
Eolienne et toit solaire - © © Baticedre

France : un bilan énergétique 2010 plein d’enseignements

Elisabeth Salles |  le 05/07/2011  |  EnergieFrance entièrebilanenergie

Une part des énergies renouvelables dans le « mix » énergétique qui progresse, en ligne avec le plan national d’action, une indépendance énergétique qui s’améliore, une consommation maîtrisée : ce sont les points forts du bilan énergétique de la France en 2010, qui vient d’être publié. A l’inverse, des motifs de préoccupations : une intention énergétique qui ne diminue pas et une facture qui a augmenté de 10 % pour les ménages. Bilan.

Sans tambour ni trompette, le ministère de l’Ecologie a mis en ligne le 4 juillet le bilan énergétique de la France en 2010. Il fut un temps où la publication de ces données annuelles faisait l’objet d’une présentation ministérielle ou, à défaut, au moins d’un communiqué de presse. Ce n’est pas le cas cette année et c’est bien dommage car ces statistiques sont pleines d’enseignements et posent au mieux les bases d’un débat qui fera partie des préoccupations des candidats à l’élection présidentielle de 2012. Ce bilan rappelle ainsi que le "mix" énergétique primaire de la France est désormais composé de 43 % d’électricité primaire, 31 % de pétrole, 15 % de gaz, 6 % de renouvelables thermiques et déchets, et 4 % de charbon. Par rapport à 2006, année précédant l’élection de Nicolas Sarkozy, deux évolutions significatives : la baisse de la part du pétrole (33,4 % alors) et la hausse des renouvelables thermiques et déchets (4,8 % en 2006). D’autre part, depuis dix ans, la consommation d’énergie finale de la France n’augmente plus. A 158 millions de tonnes équivalent pétrole en 2010, elle est même inférieure au niveau où elle s’était stabilisée depuis 2001.

La part des énergies renouvelables : presque 13 %

Autre évolution favorable de ce bilan : la hausse de la production nationale d’énergie primaire (avec 138,6 Mtep, elle dépasse de 0,2 Mtep le précédent record de 2008) qui permet à la France de porter à 51,2 % son taux d’indépendance énergétique, contre 50,3 % en 2009. Le nucléaire s’est redressé, n’étant plus qu’à 5 % en dessous de son niveau maximum atteint en 2005, et les énergies renouvelables progressent : + 11,5 % pour les EnR électriques, + 10,7 % pour les EnR thermiques et la valorisation énergétique des déchets. Ainsi, la part des énergies renouvelables dans la consommation finale brute, mesurée selon les règles de la directive européenne de 2009, est estimée à 12,9 % en 2010, en hausse de 3,2 points par rapport à 2005. « Globalement, écrit le Service de l’Observation et des Statistiques du Commissariat général au développement durable, elle est conforme aux prévisions du plan national d’action ».

Dans le résidentiel-tertiaire, l’électricité de plus en plus reine

Ce bilan comporte aussi des évolutions moins positives : le niveau de l’intensité énergétique en premier lieu (la quantité d’énergie finale consommée par unité de PIB), qui n’a diminué que de 0,1 % l’an dernier, contre 1 % en 2009 et 1,5 % en moyenne de 2002 à 2008. Par habitant, la consommation annuelle est de 4,2 tep d’énergie primaire et 2,5 tep d’énergie finale, en hausse respectivement de 1,1 % et 0,9 %. L’objectif national de porter le rythme annuel de baisse de l’intensité énergétique finale à 2 % dès 2015 et à 2,5 % d’ici à 2030 paraît de plus en plus difficile à atteindre... Autre point négatif : la hausse moyenne des prix de l’énergie pour les ménages qui a atteint 10 % l’an dernier, avec une facture annuelle d’électricité et combustibles à 1 600 euros pour un ménage moyen (+ 9,5 %) et une facture carburants de 1 300 e (+ 10,5 %).

Enfin, il n’est pas sûr que, dans le débat à venir sur la place du nucléaire dans notre pays, la forte progression de l’électricité (+ 4,3 %) dans le secteur résidentiel-tertiaire soit un atout... C’est au pétrole principalement (en baisse de 5,5 %) mais aussi au gaz (- 2,5 %) que l’électricité et les énergies renouvelables (+ 4,8 %) ont damé le pion.

Pierre-Franck Chevet, directeur général de l’Energie et du Climat
Pierre-Franck Chevet, directeur général de l’Energie et du Climat

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