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Fos-sur-Mer Sotrape Sud recycle 12 000 poteaux en béton par an

JEAN-MARC MATALON |  le 30/04/1999  |  EntreprisesTransportsCollectivités localesBouches-du-RhôneFrance entière

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Lorsqu'au début des années 90, EDF annonce que les deux tiers des lignes électriques aériennes seront enterrées dans les vingt ans à venir, Alain Lozahic voit aussitôt se profiler un marché prometteur.

Son calcul est simple : le projet revient à déposer quelque 250 000 poteaux chaque année. Que deviendront ces inesthétiques barres de béton, une fois au sol ? Alain Lozahic répond à cette question en créant en 1993 à Fos-sur-Mer, une usine de concassage. Sotrape Sud remporte dans la foulée l'appel d'offres lancé par EDF pour le tiers Sud de la France. L'idée de l'entrepreneur, qui a investi 3 millions de francs dans l'opération, est d'utiliser le Canal du Midi et le Canal du Rhône à Fos pour transporter les lourdes structures de béton (1,3 tonne l'unité). L'autorisation d'acheminer les poteaux par péniches n'a jamais été accordée, et Alain Lozahic a dû créer une seconde société, Sotrape Sud-Ouest, pour amoindrir les coûts de transport.

A Fos-sur-Mer, l'entreprise de concassage compte huit salariés. Elle traite aujourd'hui 12 000 poteaux par an, et son chiffre d'affaires s'élève à 4 millions de francs. « Rien ne repart en décharge. Tout est recyclé sur place. L'environnement est donc totalement préservé », affirme Alain Lozahic. La machine mise au point par l'entrepreneur, « un concasseur horizontal à écrasement », broie et éclate les structures en béton, en extrait les armatures de fer, et concasse le tout pour obtenir des gravats et du sable. La ferraille est revendue aux usines sidérurgiques toutes proches. Les gravats sont recyclés en remblais de différentes épaisseurs (moins de 100 mm et moins de 31,5 mm).

Les entreprises de travaux publics commencent à s'intéresser à ce matériau réutilisable et bon marché. A Port-Saint-Louis du Rhône par exemple, le chantier de réfection du CD 35 vient de recourir à ce produit recyclé sur lequel les entreprises SLTP et SATR ont posé une couche de 10 centimètres d'enrobé.

PHOTO : Les clients du groupe Sotrape Sud sont essentiellement EDF, les syndicats d'électrification, les entreprises intervenant sur les lignes et les collectivités locales.

De nouveaux débouchés en mer

Les TP ne constituent pas le seul débouché pour les produits résiduels de Sotrape. L'entreprise provençale a en effet innové en créant des récifs artificiels à base de poteaux en béton dépollués. Cette production est utilisée, notamment au large de la Côte Bleue, comme barrière sous-marine destinée à empêcher le chalutage dans les zones protégées. En outre, elle sert de lieu de reproduction pour certaines espèces de la faune subaquatique. Une innovation écologique qui a valu à Alain Lohazic une distinction européenne. « Mais pas le moindre franc de subvention », regrette-t-il aujourd'hui.

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