Transport et infrastructures

Formule 1 : 6 formules pour un circuit en panne

Tous les projets sensés remplacer Magny-Cours pour accueillir un futur Grand Prix de France ont été jugés « sérieux et dignes d’intérêt », et aucun n’a été écarté a priori par la Fédération Française de Sport Automobile. Avec un avantage pour le circuit temporaire à Disney-Marne la Vallée, financé par le groupe Lagardère. Seul hic : le GP de France de Formule 1 n’aura probablement pas lieu en 2009, faute de financement.

Après des mois d’attente, les passionnés allaient enfin savoir quel projet remplacerait Magny-Cours pour accueillir le Grand Prix de France de Formule 1. C’est malheureusement une toute autre nouvelle, bien moins enthousiasmante qui est tombée sur le fil des agences de presse : « le président de la Fédération française du sport automobile (FFSA), Nicolas Deschaux, a annoncé mercredi à Paris que, compte tenu du contexte économique, la FFSA renonçait dès 2009 à son rôle de promoteur financier d’un GP de France. « En conséquence, et tant qu’un promoteur ne sera pas identifié pour succéder à la FFSA, le GP de France ne pourra pas figurer au calendrier international de la FIA en 2009 ».
Passé cette douche écossaise, la FFSA a quand même étudié, comme elle s’y était engagée, les six dossiers présentant des projets de circuits susceptibles d’accueillir des Formule 1 et de satisfaire Bernie Ecclestone, son tout-puissant patron.

De Mickey à CDG
Résolu à voir la F1 quitter Magny-Cours, « la province profonde » selon lui, Ecclestone a accepté que la course soit maintenue en France à condition qu’elle se rapproche de Paris. C’est un circuit autour de Disneyland qui avait ses faveurs, c’est un circuit autour de Disneyland que la FFSA a placé en pôle position. Ce projet d’environ 60 millions d’euros est porté par Lagardère Sports et Alain Prost, Disney se contentant de mettre le terrain à disposition des organisateurs sans jouer de rôle direct dans l’organisation annuelle du GP lui-même. A la demande de la firme aux grandes oreilles, l’événement devra être ponctuel, sur un circuit éphémère, afin d’éviter toute nuisance sonore ou environnementale.
Favori d’Ecclestone, poussé par la FFSA, le « projet Disney » n’a cependant pas course gagnée compte tenu de la crise. Les autres projets restent en lice avec d’autres avantages.
« Paris Motorspace », circuit permanent basé à Ferrière (et bénéficiant des même structures de trnasport que Disneyland Paris) est un projet guidé par Benjamin de Rothschild. Autofinancé à plus de 100 millions d’euros, Paris Motorspace serait un complexe complet où cohabiteraient en synergie un pôle technologique, un pôle éducatif et un pôle de compétition avec un ensemble de pistes. La principale ferait 5,2 km avec une géométrie variable tandis que des circuits « terre » dessinés pas Luc Alphand seraient également disponibles. Un cabinet d’architecte travaille déjà sur le sujet où l’écologie sera l’un des moteurs. En collaboration avec le Pôle Solère, le projet se veut à la pointe des nouvelles techniques environnementales avec un objectif de 50 à 70 % de l’énergie produite sur site.
Emmené par le député-maire de Sarcelles, François Pupponi (PS), et l’ancien pilote Jean-Pierre Beltoise, le projet Val de France propose la création de pas moins de trois circuits, d’un stade de 15.000 places, d’un pôle technologique, d’un musée, d’un centre de formation, de résidences étudiantes… Coût global : 700 millions d’euros, dont 120 millions pour la seule partie F1.

Technopoles et environnement
A l’ouest de Paris, le Conseil général des Yvelines est entré dans la compétition en proposant un projet qui verrait s’implanter un circuit sur les communes des Mureaux et de Flins. Une technopole liée à la recherche-développement automobile y serait associée. Déterminé, le conseil général a d’ailleurs annoncé mardi le lancement du concours d’architectes dans le courant de cette semaine, ainsi que l’acquisition prochaine des terrains, propriété actuelle de la Safer (Société d’aménagement foncier et d’établissement rural).
« Magny-Cours 2 », consiste en une rénovation de l’actuel circuit de Magny-Cours mais on sait ce que pense Ecclestone de l’endroit, enfin, au nord, « Paris Gonesse Plaine de France », propose comme Disney une structure temporaire mais a moins de chances que les autres projets, dont rien ne dit qu’ils parviendront à séduire totalement Bernie Ecclestone. Car voici comment il rêvait le GP de France : « On nous avait pratiquement promis une autoroute à 6 voies qui serait partie de la place de la Concorde pour arriver directement dans le paddock, 10 hôtels 5 étoiles, 25 hôtels 3 étoiles et ils n’ont jamais vu le jour ».
Pas sûr que ce soit le cas cette fois-ci encore.

Adrien Pouthier

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