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FORMES COMPLEXES pour le centre d'art et de culture de Meudon

FRANCOIS SAGOT |  le 17/03/2000  |  BétonCultureHauts-de-SeineInternationalProfession

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Les voiles laissés bruts de décoffrage sont réalisés à l'aide de béton blanc autoplaçant.

Le futur centre d'art et de culture de Meudon (Hauts-de-Seine), dont l'architecte est Jacques Ripault, se caractérise par des formes complexes : voiles courbes de grande hauteur, sans reprise de bétonnage, porte-à-faux, larges ouvertures dans les parois. Par ailleurs, ses façades resteront en grande partie brutes de décoffrage excluant, après coup, toute opération de ragréage. Face à de telles contraintes structurelles et esthétiques, la réponse de l'entreprise Quillery, responsable du gros oeuvre, a consisté à mettre en oeuvre des bétons spéciaux : le bétonnier BRC, en partenariat avec l'adjuvantier MBT, a fourni un béton blanc autoplaçant permettant, notamment, de faciliter les opérations de coulage avec un minimum de levées pour les voiles de grande hauteur, tout en garantissant une bonne qualité de parement.

Deux cylindres concentriques

La salle de spectacle, qui accueillera 450 places, représente certainement l'ouvrage du projet le plus délicat à réaliser. En effet, elle se compose de deux cylindres concentriques en béton armé de 15 m de hauteur. Cette configuration et l'utilisation d'un matériau lourd confinent le bruit à l'intérieur du bâtiment. Dans l'espace laissé libre entre les deux cylindres prennent place des circulations et des équipements techniques.

Le cylindre intérieur, d'un rayon de 10,70 m et d'une épaisseur de 30 cm, constitue la véritable ossature porteuse de l'ouvrage. Réalisé en béton gris autoplaçant, il reçoit en tête des poutres précontraintes associées à des prédalles qui ferment la boîte. A mi-niveau, d'autres poutres précontraintes supportent un balcon central.

Comme l'architecte souhaitait que les parois du cylindre extérieur restent brutes de décoffrage, elles ont été réalisées à l'aide d'un béton blanc autoplaçant. Un soin particulier a été accordé à toutes les étapes : étanchéité renforcée en pied de banche, exécution de talonnettes à l'aide de cornières en acier parfaitement rectilignes, utilisation d'une huile végétale, coulage à la manche avec des goulottes pour que le béton ne tombe pas d'une trop grande hauteur. Le décoffrage est intervenu douze heures après la phase de coulage.

Ces deux cylindres concentriques sont raccordés à un cadre de scène, en béton gris autoplaçant, de 15 m de hauteur qui donne sur la scène elle-même, d'une surface de 250 m2. Cette dernière prend place dans une « boîte » constituée de parois de grande hauteur et fermée par des poutres précontraintes autoporteuses, d'une longueur comprise entre 13 m et 20 m, associées à des prédalles.

Le montant des travaux s'élève à 4,26 millions d'euros (28 millions de francs HT), y compris la scénographie (le montant du gros oeuvre est de 1,83 million d'euros).

Fiche technique

Maître d'ouvrage : ville de Meudon.

Maîtrise d'oeuvre : atelier d'architecture Jacques Ripault et Denise Duhart.

Scénographie : Bernard Jaunay.

OPC : Hervé Yviquel (Hytecc).

BET : Betom Ingénierie (structure), Lasa (acoustique).

Entreprise de gros oeuvre : Quillery.

Bureau de contrôle : Bureau Veritas.

CSPS : Jean-Jacques Boulanger.

SCHEMA :

Le cylindre extérieur, d'un rayon de 13 m et d'une épaisseur de 20 cm, est suspendu sur les deux tiers de sa périphérie : non pas par les poteaux, puisqu'ils ne descendent pas jusqu'au sol, mais par des consoles qui le liaisonnent au cylindre intérieur. Cette particularité a imposé, lors de la phase intermédiaire d'exécution, un étaiement provisoire des voiles. Le coulage du béton blanc autoplaçant a été réalisé par levées de 8,40 m avec des banches standard en acier, de marque Hussor, cintrées à l'aide de vérins.

PHOTOS :

Le centre culturel se compose d'une salle de 450 places, raccordée à une scène de 250 m2, d'un hall d'accueil sur deux niveaux, ainsi que des locaux administratifs et techniques. Un passage couvert en porte-à-faux relie le centre au boulevard des Nations-Unies. Les façades sont en béton blanc brut de décoffrage, sauf pour une partie qui reçoit des panneaux en bois non traité.

La salle de spectacle est inscrite dans deux cylindres concentriques en béton armé de 15 m de hauteur. Cette configuration et l'utilisation d'un matériau lourd confinent le bruit à l'intérieur du bâtiment.

"Le béton autoplaçant suppose le respect d'une méthodologie" GEORGES AZAR, directeur de travaux chez Quillery

On ne peut pas utiliser du béton autoplaçant partout compte tenu de son coût : il faut que la complexité ou l'esthétique de l'ouvrage le justifie. Par ailleurs, sa mise en oeuvre nécessite une grande rigueur de la part du personnel et le respect d'une méthodologie. Par exemple, il faut s'assurer que les banches sont bien nettoyées et bien huilées. Il n'y a rien d'extraordinaire, mais encore faut-il ne pas faire l'impasse sur quoi que ce soit. Autre intérêt et non des moindres, l'utilisation de bétons autoplaçants supprime les nuisances sonores liées au vibrage. Un avantage pour le bon déroulement du chantier puisque, dans le cas de Meudon, la plage horaire de travail autorisée était limitée compte tenu d'un environnement résidentiel.

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