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Formation - Le e-learning entre  timidement dans le BTP
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Formation - Le e-learning entre timidement dans le BTP

Stéphane Régy |  le 12/02/2010  |  ImmobilierEntreprisesRéglementationDroit du travailFrance entière

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Les entreprises du BTP ne font pas encore totalement confiance à la formation à distance. Plus souple pour les collaborateurs et plus économique pour les employeurs, la formation par Internet doit être utilisée en complément de la formation présentielle classique.

Pour l'heure, il s'agit d'un rendez-vous manqué. Alors que le e-learning, méthode de formation à distance qui s'appuie sur les nouvelles technologies de l'information, séduit de plus en plus d'entreprises tous secteurs confondus, la filière BTP préfère encore miser, dans sa majorité, sur la formation traditionnelle, en présentiel. « Sur les 400 projets de e-learning que nous avons montés ces dernières années, très peu concernent des entreprises du bâtiment », illustre Philippe Lacroix, codirecteur du département Demos e-learning agency, structure spécialisée dans la formation professionnelle à distance. Les raisons de cette frilosité ? Elles sont multiples, selon Pascal Desbordes, directeur des solutions e-learning pour le groupe de formation, de conseil et recrutement Cegos : « Le e-learning exige un accès quasi permanent à un ordinateur ; il s'agit donc d'un dispositif davantage adapté aux métiers de col blanc - banque, assurances. - que de terrain. Ensuite, il existe un facteur culturel. Traditionnellement, le BTP est un secteur qui met beaucoup en avant les relations et les échanges humains. Or, avec ce mode de formation, le collaborateur est tout seul devant un écran. Les responsables ressources humaines de ce secteur craignent que cela nuise à la convivialité. »

Et pourtant, depuis quelques années, les choses changent peu à peu. « Cela fait environ trois ans que des entreprises du BTP viennent visiter notre salon », témoigne Sally-Ann Moore, fondatrice du iLearning forum, un événement annuel consacré à cette méthode de formation. Il faut dire que la formation par écrans interposés ne manque pas d'atouts capables de séduire les acteurs de la filière construction.

Une solution économique

« Le e-learning permet d'effectuer des simulations de situations. Il est donc particulièrement utile pour inculquer un savoir-faire difficile à reproduire en réalité, dans une salle de conférence. Par exemple, le maniement d'une machine », explique Philippe Lacroix. Cette technologie, qui permet également de faire suivre un cursus à l'ensemble des salariés d'un groupe sans pour autant les réunir au même endroit au même moment, est aussi d'une grande aide quand il s'agit de diffuser des modules de formation obligatoires.
« Avec les nouvelles normes établies par le Grenelle de l'environnement et l'établissement de règles de sécurité toujours plus nombreuses, elle est donc tout indiquée pour le BTP », précise le codirecteur du département Demos e-learning agency. D'autant qu'il n'est plus nécessaire, désormais, d'avoir accès à un ordinateur : depuis peu, les modules de e-learning peuvent se suivre directement sur les téléphones disposant d'Internet (iPhones, smartphones, PDA.).
Enfin, la réforme du DIF, qui permet aux salariés de se former en dehors du temps de travail, pousse également de plus en plus d'entreprises et de collaborateurs à se tourner vers cette solution. Dernier argument ? Le prix. Là où une formation en présentiel nécessite d'investir dans la location d'une salle, le salaire d'un formateur, les frais de déplacement, de restauration et parfois d'hôtellerie des participants, le e-learning ne nécessite qu'un seul investissement : rétribuer le spécialiste ayant mis au point le module. Ensuite, chacun s'organise comme il le souhaite. Résultat ? Selon les formations, le rapport entre le coût d'une formation en présentiel et celle via le e-learning varie entre un à trois, et un à six.
« Nous avons calculé que le coût horaire par personne et par heure formée en e-learning s'élève à 3 euros. En présentiel, il passe à 20 euros », détaille Mai-Lai Nguyen, responsable management des talents et de la performance de Schneider Electric. Autant dire que lorsqu'il s'agit de former plusieurs centaines ou milliers de collaborateurs, la différence est énorme.
Reste à proposer une formule séduisante pour les salariés. Faute d'être interactive, une formation proposée en e-learning peut vite s'avérer ennuyeuse. Pour se prémunir contre ce risque, mieux vaut miser sur des modules ludiques, animés par des personnages et des illustrations, et agrémentés de quizz permettant aux collaborateurs de tester leurs connaissances.

Des formations « mixtes »

Autre erreur à éviter : abandonner toute formation en présentiel et miser uniquement sur la formation à distance. Car rien ne remplace, in fine, l'échange d'informations et de sentiments entre les participants et les formateurs. C'est pourquoi la meilleure solution reste d'opter pour ce que les spécialistes appellent le « blended learning », ou « formation mixte ». « La partie e-learning peut venir soit en amont, pour sensibiliser les participants au sujet qui sera débattu lors de la formation, soit en aval, pour préciser des points. Mais dans la majeure partie des cas, elle est utilisée en complément », indique Philippe Lacroix. Raison de plus pour l'adopter.
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Jean-Pierre Loizeau . responsable learning & development de Schneider Electric - « Les salariés aiment le côté rapide du e-learning »

Ils sont plusieurs milliers à avoir déjà été formés. Lorsque Schneider Electric a lancé son cursus de sensibilisation à la mixité dans l'entreprise, les managers du groupe ont pu suivre ce module via un portail Internet. « La formation a pris la forme de quatre sessions d'un quart d'heure chacune », précise Jean-Pierre Loizeau, le responsable learning & development. « Ensuite, chacun s'est organisé comme il le souhaitait, en fonction de son emploi du temps. Certains ont suivi les modules chez eux, d'autres entre deux réunions. L'essentiel, c'est que tout le monde ait intégré le message. Les salariés aiment le côté rapide de ces formations. » Cette initiative couronnée de succès en a appelé d'autres. Ainsi, Schneider Electric a lancé une douzaine de formations en e-learning ces derniers mois. Les sujets ? « Des bonnes pratiques d'entreprise, comme ''Comment avoir du feedback de la part de ses équipes''ou ''comment mener un entretien de carrière et de compétence''. », explique Jean-Pierre Loizeau. En termes de contenus, le groupe a pris soin de créer des modules interactifs et sur mesure. « Nous nous appuyons sur les services d'un bureau externe spécialisé dans la conception de ces cursus. Ce travail préalable est essentiel, car un module de e-learning trop générique risquerait de ne pas marcher du tout », souligne le responsable learning & development du groupe.

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Olivier Reboul directeur de la formation de Vinci Park - « Mixer le e-learning et le présentiel reste l'idéal »

Cela fait maintenant trois ans que Vinci Park a décidé de miser sur le e-learning. A l'origine de cette orientation, la volonté de proposer une offre de formation la plus complète possible. « Comme il est possible, via des écrans interposés, d'illustrer les modules par des personnages et des animations ludiques, il s'agit d'un très bon support pour tout ce qui concerne les cursus théoriques, qui ont tendance à être plus ennuyeux en mode présentiel. De plus, cette solution offre une grande souplesse : chacun peut suivre les leçons, qui durent entre 20 minutes et une demi-heure, au moment où il le souhaite », explique Olivier Reboul, directeur de la formation de cette filiale du groupe Vinci. En outre, l'e-learning se présente comme une solution miracle pour cette entreprise éclatée entre 650 centres de profits sur toute la France. Enfin, de l'aveu même d'Olivier Reboul, ce mode de formation permet de diminuer sensiblement les coûts. Néanmoins, le directeur de la formation est clair : « La meilleure solution, à notre sens, reste de mixer ce type de formation avec du présentiel. Les collaborateurs peuvent alors bénéficier des atouts des deux méthodes. C'est ainsi que nous avons procédé au moment de lancer notre module sur l'habilitation électrique : un mois avant la journée de formation présentielle, les collaborateurs devaient effectuer 7 heures de e-learning. A l'arrivée, tout s'est très bien passé. »

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