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Formation : l'offre régionale s'affine

le 23/05/1997  |  Collectivités localesPME du BTPFormation continueEducationArtisans

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-Confrontés à des besoins qui évoluent, les établissements créent des formations plus adaptées à l'artisanat et aux PME. -Les entreprises n'hésitent pas à se doter de leurs propres filières. -La profession a besoin de jeunes.

« Dans un secteur professionnel en mutation, la qualité des formations n'est plus suffisante », explique Jamil Maleyran, professeur au lycée technique régional du bâtiment Livet à Nantes : « Pour nous, il importe de montrer que nos BTS sont adaptés aux réalités de l'artisanat et répondent aux nouveaux besoins des clients, notamment des PME ».

Cette double aspiration est également perçue dans les CFA régionaux, qui voient émerger des besoins de formations adaptées aux petites entreprises et aux structures artisanales, tablant sur l'autonomie accrue des apprentis. Comme l'explique François Douëtte, responsable pédagogique du CFA de Vendée : « A la rentrée 1998, nous allons ouvrir une formation de BP plombier - une première régionale -, qui correspond à une demande repérée auprès des entreprises. Le contenu de cette formation est plus poussé, surtout sur la façon d'aborder le travail : il permet au futur plombier plus d'autonomie, d'adaptabilité, de capacité à encadrer une équipe ».

S'il y a carence des formations dans la région, la première concerne tous les métiers en relation forte avec la clientèle : un peintre doit être capable de parler avec le donneur d'ordres, en tenant compte des aspects commerciaux de cette relation, qui manquent à sa formation.

Communiquer avec les autres corps de métier

Autre manque relevé par les professionnels : une relation insuffisante avec les autres corps de métier. « Sur un chantier, il faut savoir s'adapter au matériel et au client », explique Jean-Jacques Laurent, directeur général de PRB, un des premiers producteurs français d'enduits, basé à La Mothe-Achard (Vendée). La formation initiale n'apporte pas cette souplesse à la fois technique (savoir ce que l'autre fait) et comportementale (ne pas se croire seul à décider). « C'est pourquoi, poursuit Jean-Jacques Laurent, nous avons développé notre propre école de pose pour les enduits que nous produisons. Elle forme un millier d'utilisateurs par an. »

Les nouvelles formations sont rares, mais elles concernent les secteurs qui se développent sensiblement depuis deux ans : la plomberie, le chauffage, l'électricité, notamment depuis la mise en place d'un CAP installation électrique qui correspond au besoin des artisans. Dans le secteur des travaux publics, le centre Afpa de Doué-la-Fontaine a crée la première section d'apprentissage TP de la région, en délivrant le CAP « construction et entretien des routes ». Mais, c'est surtout dans le secteur de la maintenance que vont se développer des formations nouvelles, parce qu'elles correspondent à une tendance lourde du marché du bâtiment ligérien vers la réhabilitation et l'entretien.

Côté breton, où la fédération régionale du bâtiment lance régulièrement des campagnes de communication pour sensibiliser les jeunes aux métiers du secteur - la pyramide des âges fait apparaître un besoin de 3 000 nouveaux salariés chaque année - , les effectifs dans les filières d'apprentissage croissent régulièrement. Ainsi, à la rentrée 1996, les sections d'apprentissage accueillaient 2 300 jeunes contre 1 600 en 1991.

De nombreux chefs d'établissement privilégient la qualité de l'insertion professionnelle des jeunes. Cette révolution dans les mentalités s'appuie sur l'observatoire des métiers, animé par la cellule économique de Bretagne du BTP, qui a permis de faire un état des lieux de chaque profession, tant en offre de formation qu'en terme de débouchés. « Chaque métier a été étudié avec les entreprises, tout en prenant l'avis de l'Education nationale », détaille Yannick Morin, responsable de ces études.

La qualité de l'insertion professionnelle des jeunes

« Aujourd'hui, la profession est consultée pour chaque ouverture de section », résume Edouard Walls, président de la commission « emploi » à la FRB depuis 1992. Toutefois, Gérard Pourchet, vice-président du conseil régional chargé de la formation a demandé aux responsables de mettre en oeuvre une stratégie de pôles de compétences. En clair, plus question de laisser dix CAP-BEP de la même discipline se concurrencer mutuellement dans la même région. Ainsi, l'Afobat de Plérin se spécialise-t-elle dans les finitions et le CFA de Vannes dans les métiers du bois.

« Aujourd'hui, remarque Yvan Gegaden, secrétaire général de la FRB, le brevet professionnel est le diplôme que recherchent le plus les entreprises ». En outre, cela permet aux centres de se spécialiser et de mettre en oeuvre une stratégie de filières comme à Vannes où les métiers du bois ont été retenus. Dès lors, des sections de brevet ou bac professionnels peuvent être créées. « Il est indispensable de passer du niveau V au niveau IV. Mais, dans la mesure où il "faut" quatre élèves de CAP-BEP pour avoir un niveau BP (brevet professionnel ), l'approche régionale est obligatoire », affirme Edouard Walls.

Du côté de la formation continue, les circonstances actuelles (création des OPCA BTP) aboutissent au schéma du verre à moitié plein... ou à moitié vide. De plus, la santé financière des deux branches met en question l'existence même de l'Aref. Pourtant, depuis deux ans, l'organisme a montré l'utilité de ses actions notamment à travers l'opération « former plutôt que licencier ».

PHOTO : L'Afobat de Plérin (Côtes d'Armor) est spécialiséedans les finitions et la décoration.

Chiffre-clés Betagne

Formation des jeunes

3 600 jeunes concernés : -1300 élèves dans les lycées techniques publics et privés, qui disposent de formation -2300 élèves dans les quatre CFA .

Formation continue

-2564 stagiaires : 494 entreprises ont engagé un plan de formation contre 524 en 1994 avec 2 896 salariés concernés.

-La durée moyenne de formation est de 44 heures (36 heures en 1994), soit un chiffre bien plus important qu'au plan national.

Chiffres-clés Pays de la Loire

Formation des jeunes

10 000 jeunes concernés : -4 300 élèves dans vingt lycées techniques en formation scolaire); -5 700 apprentis dans quatorze CFA. Après l'Ile-de-France, c'est la seconde région française en nombre d'apprentis.

Formation continue

Entreprises de plus de 10 salariés

60 % des 1 042 adhérentes au GFC-BTP ont réalisé des actions de formation continue pour leurs salariés :

-7 473 stagiaires; -435 contrats en alternance.

Moins de 10 salariés : la région est troisième après Rhône-Alpes et l'Ile-de-France pour l'activité de formation continue; -1 042 demandes traitées par le FNB et la Capeb.

Entretien : PHILIPPE EMERIAU, directeur adjoint de CFA « Les entreprises cherchent la complémentarité » Pour le directeur adjoint du CFA bipolaire de Saint-Brévin et de Saint-Herblain, en Loire-Atlantique, la tendancee est aux plombiers-chauffagistes ou aux maçons-carreleurs.

Quelles sont les filières spécifiques de votre établissement ?

Le CFA de Saint-Herblain propose une formation d'agents d'exécution graphistes-décorateurs. Il est également très pointu dans le domaine de la formation de monteur en installation génie climatique. Les deux établissements proposent un BP en maçonnerie (75 jeunes par an) très prisé des entrepreneurs.

Quels besoins décelez-vous ?

Les entrepreneurs voudraient pouvoir recruter des jeunes d'un meilleur niveau général. On constate une véritable attente dans les métiers du froid. Les entreprises recherchent la « connexité » des formations. Par exemple : plombiers-chauffagistes, menuisiers-charpentiers, etc. D'où le développement de mentions complémentaires, une tendance lourde de la formation dans le bâtiment.

Comment travaillez-vous avec vos partenaires ?

Nous développons le rapprochement parents-entreprises en organisant des rencontres-bilan intermédiaires au bout de six mois la première année. Elles remportent un succès très important.

Comment voyez-vous évoluer la formation dans le BTP ?

Il faudrait pouvoir mieux réguler l'offre. Inciter les jeunes à ne pas s'engouffrer vers la filière bois, engorgée mais revaloriser la filière maçonnerie. Les conditions de travail ont beaucoup évolué grâce, notamment, à la mécanisation.

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Nouvelles sections à la rentrée 1997 BRETAGNE

- CFA de l'Afobat des Côtes d'Armor : Bac pro « aménagement et finition ».

- CFA de l'Afobat du Finistère : BP « métallier ».

- CFA du BTP du Morbihan : BP « menuiserie ».

- Lycée de Pleyben (29) : bac pro métallier ((à confirmer).

- BEP « bois et matériaux associés » au lycée Jean Moulin à Plouhinec (29).

- Bac pro « artisanat et métiers d'art-ébénisterie » au lycée professionnel de Tréguier (29).

- BTS « bâtiment » au lycée du Puy-de-Dôme à Brest (29).

PAYS DE LA LOIRE

- Lycée Michelet (Nantes) : CAP « construction et entretien des routes » (rentrée 97).

- Lycée Boulloche (Saint-Nazaire) : bac pro « construction bâtiment gros oeuvre » (rentrée 98).

- CFA La Roche-sur-Yon : BP « plomberie » (rentrée 98) ; mention complémentaire au niveau 5 : maintenance en plomberie, chauffage, électricité (rentrée 98 ?).

Que sont les apprentis devenus ?

Une enquête réalisée en janvier sur le devenir de la promotion 1995 des apprentis de l'unité bâtiment du CFA de trois villes (Mayenne, Laval, Château Gontier) montre que, sur un total de 174 apprentis sortis, 28 (16 %) ont poursuivi leur apprentissage; 95 (55 %) ont été embauchés, dont 44 (25 %) dans la même entreprise, 27 (15 %) dans une autre entreprise du bâtiment et 24 (14 %) dans un autre secteur. 27 (15 %) anciens apprentis sont au chômage et 7 (4 %) poursuivent un stage.

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