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Formation à la sécurité Une méthode en phase d'essaimage

Laurent Miguet |  le 06/03/1998  |  TravailApprentissage BTPPME du BTPBoisHaut-Rhin

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- Trois régions de l'Est préparent la duplication d'une expérience tentée à Cernay (Haut-Rhin), associant les PME du bois, l'Education nationale et les Cram.

Le lycée régional du bâtiment de Cernay (Haut-Rhin) s'est élevé au rang de référence européenne en matière de formation à la sécurité dans les PME. A la suite d'un appel d'offres lancé à la fin de l'année dernière, la Direction générale V (affaires sociales) de l'Union a décidé de soutenir la duplication de l'expérience baptisée « Synergie école entreprise prévention », lancée à la rentrée 1996 dans l'établissement, à l'initiative de la caisse régionale d'assurance maladie (Cram) d'Alsace-Moselle, du rectorat de l'académie de Strasbourg et de la confédération d'Alsace des professions du bois.

Une grille structurée autour de dix thèmes sensibles

Durant leur second stage en entreprise, les seize élèves de première année du bac professionnel Constitution aménagement bois (Cab) ont évalué la sécurité des lieux de travail. Leur diagnostic a abouti à des recommandations, souvent suivies d'effets (voir encadré). Ils disposaient pour cela d'une grille, structurée autour des dix thèmes les plus sensibles du point de vue de la sécurité au travail dans les entreprises de la seconde transformation du bois. La Cram a élaboré ce document avec le concours des enseignants et des entrepreneurs.

Ces derniers se sont prêtés au jeu sans difficultés : « Les accidents du travail portent gravement atteinte à la rentabilité de nos entreprises », justifie Pierre Schaal, président de la confédération d'Alsace des professions du bois. « Nous préférons prendre le temps d'écouter les suggestions d'un jeune plutôt que de risquer une sanction infligée par un inspecteur du travail », ajoute Emile Bronner, PDG de Menuiserie Bronner SA à Soultz (Haut-Rhin) et maître de stage. Pour étendre cette expérience dans les 18 mois à venir grâce à un budget d'un million de francs, dont 350 000 apportés par l'Union européenne, les rectorats d'académie de Strasbourg, Besançon et Nancy-Metz ont tenu une première réunion commune le 12 février à Strasbourg. Objectif : reproduire la démarche à la rentrée prochaine dans quinze établissements des trois régions, au bénéfice de 200 élèves. « D'ici deux ans, nous envisageons la généralisation de l'expérience à tous les bacs Cab de France », annonce Jean Studer, adjoint au directeur des applications à l'Institut national de recherche et de sécurité (INRS), associé au projet par un accord cadre avec l'Education nationale.

A ces perspectives d'extension géographique, s'ajoute l'idée d'adapter les référentiels expérimentés à Cernay dans d'autres secteurs d'activités sensibles du point de vue de la sécurité, au premier rang desquels figurent les métiers de la construction. Un accord en gestation sur ce point entre l'OPPBTP, l'INRS, la Cnam et l'Education nationale pourrait aboutir à la signature d'une convention en avril.

Des élèves acteurs de la sécurité au travail

« Après mon passage dans la menuiserie Arnold, le patron a remis en conformité la dégauchisseuse ». Luc Hassler (à droite sur la photo), élève en terminale Constitution aménagement bois (Cab) à Cernay, n'a pas éprouvé de difficulté à faire passer le message dans l'entreprise de neuf salariés où il a effectué son deuxième stage, au printemps 1997. Même son de cloche pour Christophe Sester (à gauche), « très bien accueilli » à la menuiserie Hermel-Henz (10 salariés) : « Le patron portait déjà une forte attention à la sécurité, mais mon intervention a permis d'aller plus dans le détail : graissage plus fréquent des machines, port de lunettes... ». Alexis Mussote (au miliey), autre élève de cette classe expérimentale, n'a pas rencontré de déficiences dans les machines récemment révisées de l'entreprise Muller (menuiserie et restauration) de Guebwiller (Haut-Rhin). « En cas de blessure, il n'y a aucun secouriste diplômé parmi les salariés », a-t-il néanmoins constaté. L'élève, qui prépare un brevet de secouriste, espère bien combler cette lacune, après l'obtention de son bac.

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