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Fondations en terrains difficiles sur le chantier de la ligne B du métro de Rennes
Atelier de forage. - © © DR

Fondations en terrains difficiles sur le chantier de la ligne B du métro de Rennes

Anthony Laurent |  le 05/11/2014  |  Gros œuvreTransportsIlle-et-VilaineTechniqueBâtiment

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Les entreprises Sefi-Intrafor et Dacquin réalisent actuellement les fondations de la tranchée couverte sud, longue de 1,2 km, et de deux gares souterraines de la nouvelle ligne de métro de Rennes. Des opérations rendues difficiles par la dureté du terrain, des emprises de travail particulièrement restreintes et par l’omniprésence des réseaux enterrés.

La communauté d’agglomération Rennes Métropole a décidé de se doter d’une deuxième ligne de métro automatique, pour 1,2 milliard d’euros. Prévue pour être mise en service en 2019, la ligne B du métro rennais sera longue de 13,8 km et reliera les communes de Saint-Jacques-de-la-Lande, au sud-ouest de la ville, et Cessin-Sévigné, au nord-est, en passant par le centre-ville de la capitale bretonne via un tunnel de 8,1 km de long. Intervenant en sous-traitance sur le lot 2 du projet, sous la co-direction des entreprises régionales Legendre et Angevin, Sefi-Intrafor et Dacquin participent, dans le sous-groupement fondations, à la réalisation de la tranchée couverte sud du tracé, longue de 1,2 km, et à la construction de deux des 15 nouvelles gares du parcours – Saint-Jacques-Gaïté et La Courrouze –, toutes deux souterraines.

Mobilisant pour l’occasion quatre ateliers de fondation – dont un sous-gabarit –, durant 11 mois, Sefi-Intrafor et Dacquin réalisent respectivement les soutènements définitifs, en paroi moulée, de la tranchée couverte et les soutènements provisoires, en paroi lutécienne et pieux sécants, des deux futures stations souterraines ; soit une surface de forage totale de 40 000 m², un volume de béton de 30 000 m3 environ et 2 500 tonnes d’armature. Ces fondations traversent, sur une hauteur de 24 m, des terrains de recouvrements (remblais et terre végétale), des alluvions baignés par la nappe de la Vilaine, des altérites (des schistes fracturés) et un substratum altéré (du Briovérien de type D). « Nous avons beaucoup de points durs dans ces terrains-là. C’est pourquoi, nous avons dû investir dans une benne de gros tonnage de type Stein (22 tonnes pour 12 m de haut), spécialement équipée de dents intérieures qui déstructurent le sol pendant le forage », explique Frédéric Cadet, chargé d’affaires pour Sefi-Intrafor.

Paroi moulée, paroi lutécienne et pieux sécants

Plus précisément, la paroi moulée, haute de 3 à 24 m, épaisse de 62 à 82 cm et composée de 408 panneaux, servira de blindage pendant les travaux de terrassement de la tranchée, avant d’être intégrée à la structure définitive dans laquelle elle jouera le rôle de piédroit. Le terrassement, quant à lui, sera réalisé à ciel ouvert jusqu’à la sous-face de la dalle de couverture (ou traverse), puis en taupe sous celle-ci, jusqu’au radier en fond de fouille, « afin de permettre le rétablissement rapide des voies de circulation sus-jacentes », intervient Frédéric Cadet.

Au niveau des stations souterraines Saint-Jacques-Gaïté et La Courrouze, le soutènement provisoire est composé, en partie haute, sur la hauteur des alluvions (de 3,5 à 5,5 m), d’un écran étanche en pieux sécants de 620 mm de diamètre et de 6 cm de recoupement, afin de s’affranchir des venues d’eau des terrains alluvionnaires. Quant à la partie basse, seul un pieu sur deux est prolongé, afin de réaliser la paroi lutécienne, le blindage entre deux pieux, séparés ainsi de 62 cm, étant constitué d’un voile en béton projeté de 15 cm d’épaisseur, réalisé par passes successives à l’avancement des terrassements. Ce soutènement permettra, dans un second temps, la réalisation des structures définitives des stations (piédroits, radiers, planchers et dalles de couverture).

17 réseaux enterrés en service, dont deux non dévoyés

Comme souvent, les délais de réalisation contraignent le chantier. « Nous devons travailler en plusieurs endroits du site, selon un phasage très précis, ce qui nous oblige à des transferts réguliers des ateliers de fondation, des transferts rendus difficiles par une circulation dense… », indique Frédéric Cadet. Les emprises de travail sont, elles aussi, des plus restreintes, particulièrement au droit d’une rocade du périphérique de Rennes traversant le chantier à une hauteur de 6 m environ, ce qui a conduit la filiale du groupe Fayat à employer une « petite » machine de forage à flèche courte, équipée d’une benne « légère » (6 tonnes pour 4,5 m de haut).

Une autre difficulté du chantier, et non des moindres, réside dans la présence de 17 réseaux enterrés en service (assainissement, électricité, gaz, télécommunications, etc.) tout le long du tracé, dont deux non dévoyés. « Ces deux réseaux nous contraignent à adopter une méthodologie particulière, précise Frédéric Cadet. Pour la canalisation d’eau potable, à 4,5 m de profondeur, les deux panneaux de paroi moulée, de part et d’autre de la conduite (de 900 mm de diamètre), s’arrêtent à une cinquantaine de centimètres, de sorte à pouvoir faire des injections de bentonite-ciment tout autour de la canalisation et permettre ainsi des terrassements à sec. » Pour le réseau électrique HTA, de 200 mm de diamètre et enterré dans les couches superficielles du sol, la méthode est tout autre. « Nous excavons à l’aide d’une pelle mécanique, en rétro, jusqu’à 8 m de profondeur, ce qui nous permet ensuite de descendre entièrement une benne courte, au plus près du réseau, pour poursuivre le forage au droit de ce dernier », fait savoir le chargé d’affaires. Les travaux de fondations s’achèveront à l’été 2015.

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