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Fives FCB, vers une régénération « 100 % délicate, 100 % métropolitaine »

Bertrand Verfaillie |  le 24/03/2017  |  Nord

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Lille -

Des grands chaudrons urbains de la métropole, c'est le plus bouillonnant. La reconversion de l'ancienne entreprise Fives Cail Babcock, à Lille, est entrée dans une phase active. Aux yeux de la maire de la ville, Martine Aubry, « FCB » est « le » projet du mandat municipal en cours. Et cette volonté politique, fût-elle affaiblie par la perte de la présidence de la métropole, s'impose aux acteurs locaux de l'aménagement et de la promotion.

La route a été longue, cependant. L'usine métallurgique fondée en 1861 a fermé définitivement en 2001. En 2005, la Ville de Lille a décidé de ne pas la démolir, ni de la livrer à des interventions immobilières désordonnées. À vrai dire, elle n'avait pas le choix : l'emprise de l'énorme friche de 17 hectares sur le quartier rend indispensable une opération d'urbanisme surpervisée par la puissance publique. Ajoutons au dossier la valeur symbolique de l'usine, qui employait 6 000 ouvriers au plus fort de son activité et où résonna pour la première fois « L'Internationale », composée par un ouvrier de la maison, Pierre Degeyter…

Ramener de la vie. En 2008 donc, Lille-Métropole Communauté urbaine, aïeule de la MEL, a acquis l'ensemble pour la somme de 8 M€. Quelque temps encore et l'agence AUC, dirigée par Djamel Klouche, a été désignée urbaniste en chef du projet, tandis que la SEM Soréli était chargée de l'aménagement. Le tandem a défini les grandes lignes de la mutation. Le premier impératif est de désenclaver l'usine ceinte de hauts murs et de donner de l'air au quartier de Fives dans laquelle elle est enchâssée.

Deuxième mot d'ordre : valoriser. Djamel Klouche raconte souvent combien il a été impressionné par le site, sa monumentalité et son pouvoir d'évocation. Ainsi a-t-il voulu conserver au maximum la puissance des lieux tout en leur donnant une attractivité nouvelle. Un projet résumé dans la formule : « 100 % délicat, 100 % métropolitain. » Enfin, le schéma vise à régénérer la vieille carcasse d'acier et de béton ; à y ramener de la vie, sous toutes ses formes : résidentielle, active, créative… En 2012, les anciens bureaux de l'usine ont été transformés en Bourse du Travail. Mais le premier virage majeur a eu lieu en septembre 2016, avec l'ouverture d'un lycée hôtelier dans une des halles géantes de l'usine. L'établissement, conçu par l'architecte britannique Caruso Saint-John et accueillant quelque 700 élèves, se trouve à proximité d'un passage couvert et d'un gymnase ouverts aux étudiants comme aux habitants de Fives. Pour y accéder facilement, une nouvelle rue a été tracée à travers le tissu bâti, jusqu'à la station de métro la plus proche.

Le pari de la qualité résidentielle. Reste à attaquer l'important programme d'habitat, qui constitue l'essence du projet. L'AUC et la Soréli veulent exploiter la typicité des lieux (plusieurs halles, qualifiées par Djamel Klouche « d'espaces capables », pourraient être conservées). Il faudra innover, jouer sur les hauteurs, mixer habitations, bureaux, locaux d'activités, ateliers d'artistes, « tiers-lieux » et « food court ».

« C'est la qualité de l'habitat et, plus largement, la qualité résidentielle qui feront l'intérêt du futur quartier », répète Fabienne Duwez, directrice de la SEM. Le pari de FCB, situé dans un morceau de ville en difficulté sociale, exposé tôt au tard à la concurrence du projet de la gare Saint-Sauveur, plus central, réside bien là. En mars 2016, une première tranche de 311 logements (avec un parking silo) a été attribuée à un groupement conduit par Nexity et Nacarat. Depuis, les architectes planchent dans les cabinets Lebecq, Zig-Zag, Buhler, Beal-Blanckaert, Lapierre, Tachon, De Geytter et Hondelatte. On parle de premières pierres en 2018…

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PHOTO - 6402_403494_k2_k1_1007530.jpg - © FRANCIS BOCQUET/SORELI
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PHOTO - 6402_403494_k4_k1_1007534.jpg - © SEBASTIEN JARRY / SORELI
La ZAC en chiffres

17 ha de l'ancienne usine occupés et 8 ha de terrains proches 160 000 m2 de surface de plancher sont au programme, soit :

- 1 200 logements environ

- 25 000 m2 d'activités économiques

- 7 ha d'espaces verts et publics en réseau

- 35 000 m2 d'équipements (le lycée hôtelier, le gymnase, l'école)

- 110 M€ d'investissements publics (MEL, Union européenne, Ville de Lille)

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