En direct

Fioul domestique : les distributeurs réclament la création de bioliquide dès 2019
- © VIESSMANN

Fioul domestique : les distributeurs réclament la création de bioliquide dès 2019

Augustin Flepp |  le 26/11/2018  |  EnergieChauffageEdouard PhilippePLF2019Gouvernement

Ma newsletter personnalisée

Ajouter ce(s) thème(s) à ma newsletter personnalisée

Industrie
Energie
Chauffage
Edouard Philippe
PLF2019
Gouvernement
Valider

Le secteur qui regroupe les principaux distributeurs de fioul a déposé deux amendements visant à introduire sur le marché deux nouveaux bioliquides de chauffage, un fioul domestique mélangé avec de l’huile de colza. Edouard Philippe a annoncé quelques jours plus tôt sa volonté de supprimer toutes les chaudières au fioul d’ici 10 ans.

Les professionnels du fioul domestique se disent « préoccupés » par l’annonce du Premier ministre, Edouard Philippe, de supprimer toutes les chaudières individuelles au fioul d’ici 10 ans. A l’occasion d’une rencontre à Matignon, le jeudi 22 novembre, les membres de la Fédération française des combustibles carburants et chauffage (FF3C) ont pu exprimer leur incompréhension face à cette trajectoire qui pourrait menacer « entre 8 et 10 000 emplois directs et induits » et faire perdre « la capacité logistique de l’ordre de 3 à 4000 véhicules de distribution », a confié Eric Layly, le président de la FF3C, au Moniteur. Le gouvernement qui a promis une prime à la conversion veut inciter les consommateurs à remplacer leur chaudière fioul par des moyens de chauffage plus écologiques comme les chaudières bois ou les pompes à chaleur.

Equilibre énergétique

Cette mesure risque de menacer l’équilibre énergétique, s’inquiètent les professionnels du fioul. Un report de la consommation de fioul domestique vers le bois pourrait provoquer des problèmes de ressources disponibles, tandis que le passage à l’électricité poserait « d’insolubles problèmes de production électrique, associés à la question des recharges de voitures électriques », souligne Eric Layly. Et sans un accompagnement de l’Etat, la sortie du fioul domestique pourrait coûter cher au portefeuille des ménages. « Il faut compter entre 8 et 10 000 euros pour l’installation d’une nouvelle chaudière fioul, 15 000 euros en moyenne pour une pompe à chaleur ou une chaudière au bois », affirme le président de la FF3C.


En France, plus de trois millions de logements (individuels et collectifs) sont chauffés au fioul, indique le centre d’études et de recherches économiques sur l’énergie. Troisième énergie utilisée comme chauffage en France, le fioul domestique fait partie des moyens de chauffage qui émet le plus de particules fines dans l’atmosphère avec le charbon et le gaz. Soucieuse du caractère polluant de son énergie, la filière se tourne déjà vers un avenir plus écologique. Dans le cadre du PLF 2019, deux amendements ont été déposés visant à créer, à partir de 2019, deux bioliquides de chauffage : le F10, un fioul composé de 10% de colza (Esther méthylique d’acide gras - EMAG) et le F30 (30%).

Un fioul 100% renouvelable en 2050 ?

Pour l’instant, la réglementation limite à 5% la part des bioliquides dans le fioul. L’arrivée de ces nouveaux produits sur le marché répondrait à plusieurs enjeux. D'une part, économiques : ces carburants à base végétale soutiendraient une filière agricole et industrielle française. « Cette ressource est produite en France et nous avons la capacité pour introduire entre 10 et 30% d’esther de colza dans les 10 prochaines années », assure Eric Layly. D’autre part, climatiques : les nouveaux produits contribueraient à réduire considérablement les émissions de dioxyde de soufre, de 1000 ppm (partie par million) pour du fioul domestique à 50 ppm pour le bioliquide. Pour rendre ce nouveau carburant compétitif auprès des consommateurs, la FF3C demande d’exonérer de la TICPE le fioul composé de colza. Des essais seront réalisés en 2019 avec les principaux constructeurs de chaudières et le Cetiat afin de valider le fonctionnement des appareils avec un taux de 30% d’EMAG.

La FF3C affirme que la transformation du fioul domestique 100% fossile en bioliquide entièrement renouvelable serait possible à l’horizon 2050. Le secteur compte pour cela sur la baisse des consommations liée au remplacement de vieilles chaudières par des appareils plus performants (70 000 nouvelles chaudières installées par an) et aux travaux d’isolation des bâtiments. Au-delà d’un taux à 30%, la filière devra se tourner vers les HVO, les biodiesel de synthèse, mais dont la matière première est importée d’Amérique du sud, puis raffinée en France.
Les professionnels du fioul domestique doivent à nouveau rencontrer le cabinet d’Edouard Philippe d’ici à la fin de l’année.

Commentaires

Fioul domestique : les distributeurs réclament la création de bioliquide dès 2019

Votre e-mail ne sera pas publié

Éditions du Moniteur Le Moniteur boutique

Initiation à la construction parasismique

Initiation à la construction parasismique

Date de parution : 06/2019

Voir

Architectes et ingénieurs face au projet

Architectes et ingénieurs face au projet

Date de parution : 06/2019

Voir

AUTODESK REVIT pour les bureaux d'études Fluide

AUTODESK REVIT pour les bureaux d'études Fluide

Date de parution : 06/2019

Voir

Accéder à la Boutique

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur