Transport et infrastructures

Fibre : le Plan France THD se dote de moyens pour accélérer

Mots clés : Produits et matériaux - Télécommunications

La 4e conférence annuelle du Plan France très haut débit, centrée sur les usages, a été l’occasion de faire un point sur l’état d’avancement du plan, de rappeler et d’évoquer les travaux gouvernementaux et législatifs en cours ou à venir.

 

C’est la première fois que la conférence annuelle du Plan France très haut débit (THD) quittait les murs de Bercy. Ce 9 avril, elle s’est installée au Palais de la Découverte, où a été récemment inauguré un espace consacré à l’informatique et aux sciences du numérique, avec le concours de l’Agence du numérique. Un symbole pour cette grand’messe du plan, qui cette fois n’était pas tournée vers les infrastructures, mais vers les usages.

D’infrastructure, il a tout de même été question lors de cette conférence annuelle, puisque Régis Baudouin, directeur de la mission THD, était chargé de partager l’état d’avancement du plan. Actuellement, environ 10 millions de lignes FTTH (fiber to the home) ont été construites : 9 millions dans les zones d’initiative privée, 1,2 million dans un tiers des départements dans les réseaux d’initiative publique (RIP).

 

3,1 milliards d’euros mobilisés par l’Etat dans les RIP

 

Dans ces RIP, l’Etat a déjà mobilisé 3,1 milliards d’euros sur son enveloppe de 3,3 milliards (et sur environ 14 milliards d’investissements au total). L’impulsion qu’il a donnée, ainsi que l’implication des collectivités locales et des porteurs de projets, a permis d’atteindre « un niveau de performance » auquel les différents acteurs ne s’attendaient pas. Les différents projets déploieront 9 millions de prises FTTH d’ici à 2022, sur 14 millions de locaux. Certains territoires comme le Grand Est, la Lozère qui s’est associée à l’Aveyron et le Lot pour trouver un équilibre économique, la Mayenne et d’autres encore ont même pris le parti de connecter 100% des locaux.

Cependant, il va falloir accélérer le mouvement pour atteindre les objectifs fixés par le gouvernement. « Du bon haut débit pour tous nos concitoyens en 2020, du très haut débit en 2022 », a rappelé le secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Cohésion des Territoires, Julien Denormandie.

Dans les RIP, l’échéance est à 2022. Mais le travail est conséquent puisqu’environ 8 millions de lignes doivent être raccordées d’ici là. Objectif : que 80% des locaux bénéficient de la fibre optique jusqu’à l’abonné. Pour les autres, « un nouveau guichet de cohésion numérique des territoires sera créé en 2019, annonce Jacques Mézard. Destiné aux collectivités rurales, il sera doté de 100 millions d’euros pour soutenir l’installation d’équipements pour composer l’absence de solution filaire dans les territoires les plus lointains ».

 

Engagements contraignants dans les zones privées

 

Dans les zones privées, nous ne sommes qu’à la moitié du chemin. Il reste encore 9 millions de prises à construire d’ici à 2020, conformément au plan. Afin de s’assurer de la bonne marche du plan, mais aussi « d’accélérer et de sécurisé les investissements privés », souligne le ministre Jacques Mézard. Le gouvernement et les opérateurs Orange et SFR, en charge de ces déploiements en zones urbaines et périurbaines (6 à 7 milliards d’euros), ont signé un accord.

Le but : « prendre de vrais engagements, contraignants », avance Julien Denormandie, donner de la visibilité sur le déploiement à venir, et « donner des moyens de réactions plus tôt à l’Etat et aux collectivités locales en cas de retard constaté », complète Jacques Mézard. Cet accord a été soumis au régulateur des télécoms, l’Arcep, qui doit rendre son avis dans les prochaines semaines.

 

A la recherche de fonds privés complémentaires

 

Toujours pour accélérer la couverture en fibre optique et profiter de la forte volonté d’investissement du secteur privé, un nouveau dispositif a été créé. En janvier, le gouvernement a lancé un appel à manifestation d’engagements locaux (Amel) pour que les collectivités puissent aller chercher ces fonds privés, saisir de nouvelles opportunités et aller plus loin. « Depuis le début de l’année, les élus locaux interrogent les opérateurs sur leur volonté d’engagement. Ils ont jusqu’en mai pour soumettre à l’Etat la liste des territoires concernés par ces nouveaux financements », explique Jacques Mézard. Et durant l’été, il restera à sécuriser le tout avec un cadre légal, l’Etat s’engageant à se porter garant des opérateurs afin que les projets des territoires soient stabilisés.

Comme le qualifie Antoine Darodes, directeur de l’Agence du numérique, en filant les métaphores antiques, le plan est une « odyssée », au cours de laquelle les épreuves sont nombreuses. Et de rappeler sans les nommer clairement les difficultés de l’été et les attaques de SFR : « il nous a fallu résister à des sirènes envoûtantes qui ont failli nous faire perdre la raison et fracasser le plan contre de fatals récifs. Mais nous en sommes sortis grandis », estime-t-il.

Le plan a été « pensé comme les fondations pour bâtir la cité de demain, le potentiel support de multiples usages, le système nerveux des territoires », vante-t-il. Son ambition : mettre tous les citoyens et entreprises, où qu’ils se trouvent, sur un pied d’égalité en termes d’accès, comme l’a souligné Mounir Mahjoubi, secrétaire d’Etat en charge du numérique, et hisser la France au rang des nations les plus connectées.

 

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