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Fessenheim investit pour prolonger son exploitation

le 11/04/2012  |  EnergieIsèreHaut-RhinFrance Loire

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La centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin) va investir près de 20 millions d'euros jusqu'à la mi-2013 pour respecter les conditions posées à la poursuite de son exploitation, a annoncé, le 10 avril, Thierry Rosso, son directeur, qui présentait à la presse le bilan annuel de l’installation.

La centrale va renforcer pour 15 M€ le radier de son réacteur numéro 1 (dalle de béton qui supporte l'enceinte de confinement), a-t-il précisé. Des tests sur maquette à échelle réelle sont en cours et l'entreprise pour la mise en oeuvre sera retenue dans les prochaines semaines.

Par ailleurs, la centrale va se doter d'un appoint supplémentaire en eau sous la forme d'un puits de pompage dans la nappe phréatique, un investissement évalué entre 2 et 3 M€. Le permis de construire a été signé et les travaux s'achèveront d'ici à fin 2012, a complété le directeur.

Ces deux chantiers constituent les principales prescriptions techniques imposées par l'ASN (Autorité de sûreté nucléaire) en juillet dernier dans son avis favorable à la poursuite d'exploitation du réacteur 1 pendant dix ans, a souligné Thierry Rosso qui a délibérément tourné le dos à l’éventualité d’un arrêt (en cas de victoire du candidat socialiste à l’élection présidentielle) du site qu’il dirige.

Fessenheim poursuit ses mesures d'amélioration de sa sûreté indépendamment des débats de la campagne présidentielle sur son avenir, a-t-il d’ailleurs affirmé. Il a en outre mis à mal les arguments employés par François Hollande pour rassurer les employés. Selon lui, un démantèlement nécessite 10 à 15 fois moins de main d’oeuvre que la production : à Chooz A, où les générateurs de vapeur viennent d’être retirés du bâtiment réacteur, il reste 20 agents EDF et quelque 80 salariés de sous-traitants.
L’argument du « site pilote » en matière de démantèlement ne tient guère plus aux yeux des syndicats : « Il y a des centrales qui ont déjà été démantelées ou sont en cours de démantèlement, à Creys-Malville, mais aussi en Bretagne, sur la Loire, et il y a un service d’EDF basé à Villeurbanne (le Centre d’ingénierie de destruction et environnement, qui emploie 500 personnes) qui est spécialisé dans les études de démantèlement ».
Les syndicats battent également en brèche les promesses du candidat socialiste de maintenir une activité comparable sur le site après l’arrêt de la production. « Il y a aujourd’hui à Fessenheim environ 750 agents EDF et entre 200 et 250 prestataires permanents. À Creys-Malville (dans l’Isère, site de Superphénix, arrêté fin 1998 dont le démantèlement doit durer jusqu’en 2027), ils sont 50, affirme Maurice Bacher (CFE-CGC). C’est assez parlant… »

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