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Fécamp: un site sécurisé sur les falaises

le 01/02/2008  |  SantéImmobilierTransportArchitectureAménagement

La protection du littoral est aujourd’hui un enjeu qui peut être plus fort que la pression immobilière. Protéger veut dire non seulement préserver, mais aussi valoriser. Les aménagements consistent en des cheminements balisés pour éviter le piétinement des zones sauvages fragiles, en des parkings paysagers à l’écart des côtes, en la replantation d’espèces végétales pour maintenir la biodiversité... Au cap Fagnet, à Fécamp, l’accueil du public a été organisé, à partir d’interventions très ciblées, afin de sécuriser les allées et venues des visiteurs et faire en sorte que ce paysage reste sauvage. A Anglet, un parc écologique est né sur une ancienne friche de 14 hectares, qui a échappé de peu aux promoteurs. C’est aujourd’hui un milieu humide protégé qui se découvre le long d’un parcours affleurant le sol.

Perché à 120 m au-dessus des falaises calcaires, le cap Fagnet est un site côtier sauvage, d’où l’on découvre un panorama spectaculaire sur la mer et la ville de Fécamp. Outre les touristes et les promeneurs, le cap attire aussi les visiteurs du sémaphore et les processionnaires qui se rendent à la chapelle Notre-Dame du Salut.

En raison de cette fréquentation, deux actions étaient devenues nécessaires : sécuriser les déplacements du public à proximité de la falaise, et assurer la préservation de ce paysage naturel. Le cap est classé en ZNIEFF (zone naturelle d’intérêt écologique faunistique et floristique) et sera intégré prochainement à la zone Natura 2000 du littoral cauchois.

Pour préserver le site, les paysagistes de l’agence Folius Ecopaysage ont réalisé des interventions bien ciblées, et retenu une palette de matériaux bruts et naturels. La première action a été de canaliser les parcours des piétons en s’appuyant sur les chemins de chèvres existants. Les sols ont été traités au cas par cas. Un engazonnement, fauché régulièrement pour être bien visible, matérialise le chemin de crête.

Parcours accessible. L’un des deux belvédères aménagés le long de la falaise a été rendu accessible aux personnes à mobilité réduite par un chemin en acier oxydé (acier Corten®). Les plaques (1,5 m de largeur par 2 m de longueur) ont été posées à même le sol, car l’objectif était de limiter au maximum les terrassements pour ne pas dégrader le site. « La teinte de l’acier oxydé fait écho aux coulures des ferraillages sur les anciens blockhaus du cap, et à celles de la terre végétale sur les falaises de craie. Ce matériau se marie également aux graminées sèches du site », explique l’urbaniste Eric Germain. Le mobilier (bornes le long du trottoir, garde-corps) a également été réalisé dans ce même acier, ainsi que le sol des belvédères.

Pour empêcher les gens de s’approcher trop près du vide, des fascines de châtaignier, utilisées en général pour limiter l’érosion des sols dans le pays de Caux, tiennent lieu de clôture. « Elles sont un signal, une limite à ne pas franchir qui court sur la crête », précise l’urbaniste. Au-delà, un cordon végétal réalisé à partir d’essences locales - ronces, fougères et ajoncs - a été planté le long de la falaise et forme un abri pour la petite faune.

Véhicules éloignés. Autre action importante, l’éloignement des véhicules qui stationnaient jusqu’alors de manière anarchique. Le parking a été installé dans une pâture à quelques centaines de mètres. Bornes, barrières et autres installations qui auraient alourdi par leur présence ce site champêtre ont été évitées. Les surfaces des places de voiture sont engazonnées (mélange terre/pierre et herbe) et les accès au cap en stabilisé ; la voie principale est revêtue d’un bicouche gravillonné, comme sur les routes de campagne. Des noues, chargées de récolter les eaux de pluie de la voie, maillent l’ensemble.

A proximité de ce point de départ de randonnées et de visite du site, des tables de pique-nique ont été installées, réalisées également dans des matériaux bruts - assise en gabions et table en béton blanc - pour résister aux agressions climatiques et au vandalisme.

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Fiche technique

Maîtrise d’ouvrage : Ville de Fécamp.

Maîtrise d’œuvre : Folius Ecopaysage, paysagistes urbanistes.

Superficie : 1,17 ha (aire de stationnement comprise).

Financements : région Haute-Normandie, Feder, Ville de Fécamp, EDF.

Coût : 495 000 euros HT.

Entreprises : Minéral Service, mandataire ; SNET, gros œuvre VRD ; Vallois, plantations ; Artel, mobilier en Corten.

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