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Favoriser l’émergence d’une filière française de l’amiante

François de la Chevalerie, entrepreneur |  le 24/01/2008  |  TechniqueBâtimentFrance entièreEtat

> Aujourd’hui, seulement 3,5 % des bâtiments abritant de l’amiante ont été traités en France. Quelles sont les raisons de cette étonnante situation alors que le danger de l’amiante est connu ? (…)

La raison de cette situation tient au coût exorbitant des opérations à engager. En moyenne, 1 350 euros la tonne retirée. A cela, s’ajoutent des charges substantielles : immobilisation du bâtiment pendant la durée des travaux, transfert du personnel vers un autre site, réorganisation de la logistique, etc. Les frais à couvrir sont lourds. Par exemple, pour un immeuble doté d’une superficie de 10 000 m2, le coût approche 30 millions d’euros.

Même si l’obligation de désamianter ne devrait relever que de la seule urgence sanitaire, la réalité est autre. Dans le secteur privé, la décision de procéder aux opérations de désamiantage dépend généralement de la direction de l’entreprise. Celle-ci en évalue la pertinence au regard de ses coûts généraux, d’autres priorités. Faute de trésorerie, certaines entreprises s’en exonèrent. Si d’autres y répondent, certaines s’imposent par ailleurs d’égales économies. L’opération est ardue ! Qui plus est, le montant des travaux est rarement établi. (…)

Le secteur public se comporterait-il mieux ? A priori, il devrait montrer l’exemple. Même si des plans d’action existent, beaucoup sont réajustés à la baisse s’ils ne sont pas tout simplement biaisés. Certains programmes trient entre les urgences alors que tout bâtiment douteux devrait être traité. Là encore, comme explication, le manque d’argent ! Etriquées dans leurs budgets, les administrations sont condamnées à l’inertie. Par exemple, beaucoup d’hôpitaux ont été construits dans les années 1960 avec de l’amiante. Alors que le fait est connu, peu ont été nettoyés. (…)

Quel remède ? Deux pistes doivent être envisagées. D’une part, la réduction de la facture du traitement de l’amiante passe par la mise en œuvre d’autres procédés. Celui qui est actuellement dispensé, la torche à plasma, est très coûteux. D’autres propositions doivent être expérimentées. Il importe d’en faciliter les validations techniques, d’aider à des solutions alternatives. D’autre part, compte tenu de la complexité des opérations mêlant désamiantage et réorganisation immobilière, des sociétés spécialisées pourraient piloter les tâches à accomplir. Forte de l’expérience acquise, elles pourront travailler rapidement et favoriser l’éradication de l’amiante dans de plus brefs délais.

Ces deux points acquis, au lieu de baisser les bras, mieux vaut favoriser l’émergence d’une filière française de l’amiante, intégrant à des solutions techniques originales un savoir-faire de gestionnaire d’immobilier. L’enjeu en vaut la peine : mettre un terme à ce fléau toujours persistant.

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