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Fallingwater, maison sur la cascade depuis 75 ans
Bande-annonce du documentaire "Frank Lloyd Wright's Fallingwater", réalisé par in-D media - © © in-D media

Fallingwater, maison sur la cascade depuis 75 ans

francis gouge |  le 26/08/2011  |  ProfessionArchitectureInternational

Depuis sa construction en 1936 en forêt de Pennsylvanie, de l’eau a coulé sous les terrasses de la maison sur la cascade. Mais pour traverser toutes ces années, ce chef-d’œuvre de l’architecte américain Frank Lloyd Wright a subi d’importants travaux de consolidation.

Annoncé par le fracas d’un torrent, Fallingwater, "la maison sur la cascade", chef-d’œuvre de Frank Lloyd Wright, apparaît soudain au détour d’un chemin en pleine forêt. Ses terrasses en surplomb au-dessus des eaux lui donnent une élégance absolue. La "maison sur la cascade" représente l’archétype de l’architecture de Wright. Il a réussi à créer, à Mill Run (Pennsylvanie), un paysage où la maison, la colline et la chute d’eau de la Bear Run ne forment qu’un. Le jeu des volumes qui s’enchevêtre sur un socle de grès dans un écrin de verdure et qui semble être la source même de la cascade forme un ensemble en totale harmonie.

Affaissement des terrasses

Mais ce bâtiment a bien failli ne pas voir le XXIe siècle et s’effondrer dans le Bear Run. Devant l’état du bâtiment, une étude menée en 1990 avait constaté un affaissement conséquent des spectaculaires terrasses imaginées en porte-à-faux. S’y ajoutaient, notamment, des failles entre les dalles et le parapet, des portes qui ne s’ouvraient plus, des vitrages qui avaient explosé sous les contraintes, des défauts d’étanchéité. D’importants travaux (12,5 millions de dollars), commencés en 1997 et achevés à l’été 2003, ont permis de sauver l’édifice.

Construite entre 1936 et 1939, Fallingwater appartenait à Edgar Kaufmann, propriétaire d’un grand magasin à Pittsburgh. Son fils qui avait fait un stage chez Wright l’a convaincu de lui confier les travaux du magasin, puis de lui donner carte blanche pour concevoir la future maison de week-end de la famille. Les Kaufmann avaient imaginé qu’elle serait bâtie en contrebas, face à la cascade, mais le génie de Wright a été de la construire au-dessus.

Poutres pour solidifier

La maison compte deux porte-à-faux principaux. Au 1er étage prolongeant le salon, la terrasse orientée est-ouest est soutenue par des solives de béton, les poutres formant parapet. Au 2e étage directement au-dessus du salon, la terrasse de la chambre principale dépasse celle du premier de 1,83 m en direction du sud. La solidité de la maison a soulevé des questions avant même sa construction. Le cabinet d’ingénierie Metzger-Richardson de Pittsburgh, fournisseur des barres d’acier utilisées pour le béton, avait signalé qu’elles n’étaient pas assez nombreuses. Pour solidifier les poutres et éviter qu’elles ne se courbent trop fortement sous leur poids, le cabinet d’ingénierie avait doublé le nombre des barres d’acier. Furieux de ce changement, pensant que les barres alourdiraient les poutres de manière excessive, Wright menaça d’arrêter le projet. Mais sans l’intervention de Metzger, les poutres se seraient sûrement effondrées car lorsque les constructeurs ont retiré les coffrages sous la dalle de béton du 1er étage, ils ont enregistré immédiatement un mouvement de 4,5 cm vers le bas, provoquant une courbure trop prononcée. Les problèmes se sont aggravés avec l’achèvement du 2e étage où deux fissures sont apparues dans le parapet de la terrasse sitôt les échafaudages ôtés.

Précontrainte par post-tension

En 1937, Metzger Richardson, après divers tests, conclut que la tension dans certaines poutres est proche des limites de sécurité et même qu’elle les dépasse. En 1955, Edgar Kaufmann meurt et son fils qui hérite de Fallingwater l’offre en 1963 au Western Pennsylvania Conservancy, un organisme de protection de l’environnement. Le Conservancy, face aux problèmes structurels de la maison, fait appel au cabinet Robert Silman de New York. Son diagnostic est brutal : les poutres continuent de se déformer et le bâtiment risque de s’effondrer. Il est décidé en 1996 de consolider l’édifice. Avant d’entamer tous travaux, les poutres, les sols et les parapets sont sondés par radar ultrasons et détection magnétique à haute résolution. Il apparaît qu’il n’existe qu’un moyen de pérenniser le chef-d’oeuvre de Wright sans modifier son aspect extérieur : la précontrainte par post-tension des poutres principales. Les poutres maîtresses en béton ont été percées dans toute leur longueur afin d’y glisser des câbles d’acier qui ont été ensuite tendus pour redresser et rigidifier la structure. Cette opération, délicate et très lourde, a permis selon Lynda Waggoner, la conservatrice, de « préserver l’âme de cette maison ». En 2011, Fallingwater fête ses 75 ans.

www.fallingwater.org

Fallinwater house
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