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Faire rouler ses poids lourds au gaz naturel : un choix à bien raisonner
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Faire rouler ses poids lourds au gaz naturel : un choix à bien raisonner

Hakim Bendaoud |  le 17/06/2011  |  EnergieCherFrance entière

Le gaz naturel reste moins cher que le gazole. Mais sa distribution pose encore un problème.

Face à la flambée des prix du pétrole, le gaz naturel représente-t-il une alternative économiquement intéressante pour les poids-lourds et les véhicules utilitaires ? « Depuis janvier 2010, le prix du gaz naturel à la pompe n’a pas bougé, alors que dans le même temps, le prix du gazole a augmenté de 20 % », détaille Alban Gomet, directeur commercial de GNVert, filiale de GDF Suez. En fait, la compétitivité du gaz naturel, qui connaît lui aussi des tensions sur les prix, est surtout liée aux volumes consommés. Dit autrement, plus il y aura de véhicules équipés, plus les prix baisseront. Or c’est loin d’être le cas, surtout en ce qui concerne les véhicules industriels. Pour imposer le gaz naturel comme carburant d’avenir, GNVert n’hésite pas à mettre la main à la poche puisque c’est elle qui assure les frais d’installation et de maintenance des stations-service. Un investissement important puisqu’il faut compter de 450 000 euros pour une station dédiée aux véhicules utilitaires jusqu’à 1,2 million d’euros pour une station capable de servir les poids-lourds.

Un avantage, sa fiscalité

Le gaz naturel bénéficie d’un avantage, sa fiscalité : pas de taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP), exemption de la taxe sur les véhicules de sociétés (TVS) pendant deux ans, récupération de la TVA sur le gaz acheté à hauteur de 100 %, possibilité d’amortir l’acquisition d’un véhicule fonctionnant au GNV sur un an à hauteur de 18 300 euros, etc. Pour autant, ces arguments sont-ils suffisants ? Pour l’instant, GNVert ne dispose que de 140 stations délivrant du gaz naturel, contre 6 591 stations essence recensées en France. Dans ces conditions, faire le plein au gaz naturel liquéfié reste plus compliqué que de faire le plein de gazole. La question du prix pose elle aussi problème car même si le gaz est moins cher que le gazole, son prix ira en augmentant car cette énergie est soumise de la même façon à la raréfaction des ressources et à l’explosion de la demande mondiale. Finalement, là où le gaz naturel creuse vraiment l’écart, c’est sur le plan écologique : réduction des émissions de CO2 (- 25 %), moins de particules fines rejetées dans l’atmosphère (- 95 %), absence de fumée, moins de bruits. Autant de raisons qui justifient son subventionnement.

Deux types de gaz véhicule

Le gaz naturel véhicule (GNV) est un carburant alternatif majoritairement composé de méthane. Il s’agit du même gaz que celui utilisé pour le chauffage, l’eau chaude sanitaire et la cuisson domestique. Le BioGNV est constitué de biométhane produit à partir de la méthanisation de la biomasse ou des déchets. Ce gaz 100 % renouvelable est chimiquement strictement identique au méthane.

Une puissance suffisante mais une autonomie moindre

Les routiers sont des gens pressés. S’arrêter pour faire un plein prend du temps. Qu’en est-il avec un véhicule qui roule au gaz naturel ? « Il faut compter deux à cinq minutes pour faire un plein et l’autonomie varie entre 300 et 500 km, en fonction de la taille du véhicule », explique-t-on chez GNVert. Ce temps de remplissage ne prend en compte ni le temps d’attente, ni le détour que fait le camion pour se rendre à la station-service la plus proche. Côté chevaux-vapeur, et par rapport à un moteur Diesel, l’utilisation du gaz naturel n’entraîne pas de perte de puissance. Les moteurs au gaz sont tout-à-fait capables de délivrer le couple nécessaire à une approche chantier en terrain difficile. Mais c’est du côté de l’autonomie que la balance penche nettement en faveur du gazole. Il faut en effet remplir deux fois plus souvent le réservoir de gaz naturel liquéfié. Une opération d’autant plus délicate que les stations-service qui en distribuent sont rares (lire ci-contre). D’où l’option prise par certains constructeurs de mettre au point des moteurs hybrides (électricité gaz naturel) ou des moteurs thermiques bi-carburant. Iveco, par exemple, propose des véhicules fonctionnant à la fois avec du gaz naturel véhicule (GNV) et du gazole classique. Pour un 12 t, l’autonomie peut ainsi atteindre les 800 km. Et cette bicarburation permet d’éviter la panne sèche au cas où il n’y aurait pas de station de gaz à proximité pour refaire le plein.

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