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Faire naître un bâtiment : lettre à un père

JEAN-YVES LE BARS |  le 17/11/2000  |  Maîtrise d'ouvrage

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Maîtrise d'ouvrage
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Monsieur, vous qui êtes maître d'ouvrage public, je vois souvent vos établissements de l'extérieur, comme client ou usager. Mais parfois, je les observe avec un oeil plus critique, ayant à les étudier, les contrôler, mais aussi à vous conseiller, de leur conception à leur naissance et pendant toute leur vie.

Sans verser dans un anthropomorphisme de mauvais aloi, penser et construire un bâtiment ou un établissement est, quand même, un enfantement. Suivre la vie de cet « enfant » m'oblige en quelque sorte à me glisser dans la blouse du gynécologue-obstétricien, puis dans celle du pédiatre, du généraliste et parfois du spécialiste. Je souhaite ne jamais devenir légiste.

Cet acte de création de conception nécessite un couple. Le premier, le maître d'ouvrage apporte la volonté. La volonté de faire passer un besoin de la virtualité à la réalité. Le second, l'architecte, apporte le désir de créer. Créer pour sortir du néant une oeuvre, enfin répondre à un besoin.

Comme dans les histoires de famille, il arrive que des incompréhensions s'installent insidieusement, dès l'origine. Une définition de programme trop élastique laissera des zones d'ombre dans lesquelles chaque membre du couple y glissera inconsciemment des envies et des souhaits non dits, mais sûrement divergents. Le premier pourra n'avoir qu'une connaissance vague du besoin réel, des contraintes prévisibles d'exploitation et de maintenance. Le second pensera une oeuvre singulière, marquante.

En poursuivant le parallèle, le père est parfois absent, laissant à l'autre une marge de manoeuvre sans contrôle. Il ne réapparaît qu'en salle de travail, c'est-à-dire lors de la réception du bâtiment. Il est parfois trop tard, l'enfant se présente par le siège ! Des manoeuvres de réanimation lourdes sont alors nécessaires, des handicaps irrémédiables possibles. Par ailleurs, la désunion du couple s'accompagne, bien souvent, du repli sur soi, de l'impossibilité de prendre conseil.

En conclusion, à la différence d'un vrai couple, le maître d'ouvrage doit rester le « maître ». L'architecte doit, quant à lui, pouvoir exprimer tout son art, sans oublier les hommes qui exploiteront et vivront dans son oeuvre. Ainsi c'est la coquille qui doit être adaptée à l'escargot et non l'inverse !

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