En direct

Face aux entreprises low-cost, comment réagir ?
Avec l'arrivée d'entreprises étrangères du BTP en France, le phénomène de dumping social s'aggrave - © Marai

Face aux entreprises low-cost, comment réagir ?

Laurent Duguet - Moniteur Entrepreneurs&Installateurs |  le 08/03/2013  |  HéraultMoselleMeurthe-et-MoselleBas-RhinAlpes-Maritimes

Ma newsletter personnalisée

Ajouter ce(s) thème(s) à ma newsletter personnalisée

Entreprises
Hérault
Moselle
Meurthe-et-Moselle
Bas-Rhin
Alpes-Maritimes
Europe
France entière
Valider

Avec l’arrivée d’entreprises étrangères du BTP en France, le phénomène de dumping social s’aggrave. État des lieux sur ce phénomène et sur les moyens d’actions.

Ce n’est désormais plus une crainte, mais bien une réalité : la présence des entreprises low-cost, facilitée par la directive européenne dite « Bolkestein », semble faire tâche d’huile en France. Qu’il s’agisse d’entreprises espagnoles « négligeant » d’adresser les déclarations de détachement en Languedoc-Roussillon, de l’explosion des salariés détachés dans le Val du Marne ou dans le secteur du photovoltaïque, qu’il s’agisse de structures roumaines ou bulgares domiciliées en Espagne se mettant à la disposition d’entreprises françaises, ce qui équivaut à un prêt de main d’œuvre illicite, ou encore du travail nocturne d’entreprises étrangères sous-traitantes en Champagne-Ardenne, entre manquements et montages frauduleux cette forme de concurrence très critiquée semble n’avoir aucune limite.

Face à l’utilisation de cette main d’œuvre économiquement plus rentable, qui représenterait entre 220 000 et 300 000 salariés dans l’hexagone, la colère gronde chez les artisans. Francis Mezzone, président de la Capeb Hérault, l’a martelé le 30 novembre dernier devant élus et artisans : « Ce qui coûte cher dans le BTP, c’est la main d’œuvre. Or, ces entreprises ne sont pas soumises aux mêmes obligations en termes de charges. Le différentiel de charges sociales est donc très important, ce qui leur permet de proposer des tarifs pouvant aller jusqu’à 30 % en dessous de ce que proposent les entreprises françaises ». L’inquiétude est aussi partagée par la Fédération Française du Bâtiment. Dans son intervention du 12 décembre, Didier Ridoret, son Président, ne demande-t-il pas pêle-mêle d’entreprendre « l’indispensable lutte contre la concurrence déloyale de certaines entreprises étrangères et des auto-entrepreneurs qui facturent sans TVA » ?

Les entreprises tentent de s’organiser. Elles sont invitées à la vigilance quand elles répondent à des appels d’offre, quitte à se rapprocher d’autres entreprises pour vérifier l’équilibre du marché. Sans brader ni la qualité du travail ni les produits mis en œuvre, elles ne doivent pas hésiter à utiliser des outils de calcul du prix de revient et du suivi de gestion. Enfin, la recherche de niches où la concurrence déloyale ne se risque pas, mais aussi le regroupement sous quelque forme que ce soit, qui permet d’accéder à des marchés d’offre globale, sont quelques-unes des solutions qui s’offrent aux artisans. Dans cette démarche, l’amélioration des compétences doit devenir un leitmotiv, qu’il passe par le suivi des modules FEEBat, l’obtention de qualifications ou encore des labels tels qu’Eco Artisan ou Pro de la Performance Energétique

Patrick Liébus, président de la CAPEB : « communiquer plus auprès des particuliers »

Face aux entreprises dites low-cost, quelle est la parade ?
Patrick Liébus :
Les entreprises doivent absolument s’organiser pour mettre hors circuit ces structures étrangères qui arrivent avec des prix normalement impraticables en France, au regard des contraintes juridiques, financières, de santé et sécurité et des conditions de travail des salariés. Sur les marchés privés, il va falloir désormais communiquer plus auprès des particuliers.

Concrètement, comment s’y prendre ?
Patric Liébus 
: En faisant passer des messages. Ce qui est proposé moins cher doit être expliqué. En cas de malfaçons, ces entreprises aux compétences parfois discutables seront déjà sorties du circuit et les garanties seront alors plus que relatives. Si les artisans sont contraints à prendre des assurances, c’est pour sécuriser les clients. Mettre en avant ces arguments est important.

D’autres moyens existent-ils ?
Patrick Liébus :
Oui et ils passent surtout par une montée en compétence des entreprises. Pour supprimer l’argument de prix des low-cost, le conseil et le service sont indispensables. Les nouvelles règles exigées, comme la RT 2012 sur les constructions neuves, vont écarter ces concurrents déloyaux. Pour autant, les artisans vont avoir à se former à ces nouvelles contraintes, apprendre à travailler ensemble en se regroupant sur certains marchés.

Repères

- On recense 114?411?salariés officiellement détachés en France en 2011 (+?30?% par rapport à 2010). La Direction générale du travail considère que cet effectif est en réalité compris entre 200?000?et 300?000?personnes.
- 27?700?des salariés officiellement détachés étaient de nationalité polonaise.
- Sur 5?millions de jours détachés, 35?% concernent le BTP.
- Le BTP est le premier secteur d’intervention des Nouveaux Etats Membres de l’Union Européenne
- La durée moyenne de séjour par salarié est de 32?jours dans le BTP.
- Les départements les plus concernés sont frontaliers?: Moselle, Bas-Rhin, Alpes-Maritimes, Meurthe-et-Moselle, Nord.


(Source DGT-septembre 2012).

Commentaires

Face aux entreprises low-cost, comment réagir ?

Votre e-mail ne sera pas publié

Éditions du Moniteur Le Moniteur boutique

Décrypter les règles du Code de la commande publique issues de la loi MOP

Décrypter les règles du Code de la commande publique issues de la loi MOP

Date de parution : 09/2019

Voir

Initiation aux procédés généraux de construction

Initiation aux procédés généraux de construction

Date de parution : 09/2019

Voir

Abrégé des marchés publics de travaux

Abrégé des marchés publics de travaux

Date de parution : 09/2019

Voir

Accéder à la Boutique

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur