Face au mal-logement, pensons le mieux-logement
Alexandre Martin, co-fondateur de Colonies. - © Colonies
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Face au mal-logement, pensons le mieux-logement

Alexandre Martin, co-fondateur de Colonies |  le 23/02/2021  |  France Coliving

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Logement
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Pour Colonies, opérateur spécialisé dans offres de coliving, les habitats partagés peuvent être une solution aux problèmes du coût et de l'accès au logement. Son co-fondateur Alexandre Martin  appelle le secteur à créer une meilleure synergie entre les acteurs publics et privés.

Sur le front du mal-logement, les indicateurs sont au rouge : 3 millions de français vivent dans des logements insalubres et près de 12 millions sont dans une situation de fragilité vis-à-vis de leurs logements.

Ces chiffres nous alertent, en même temps qu’ils nous interrogent. S’ils témoignent d’un fort besoin de renouveler notre conception de l’habitat, ils sont également le fruit d’une crise sanitaire et sociale sans fin.

Aux sans-abris et à ceux qui vivent dans des logements insalubres, s’ajoutent celles et ceux qui font les frais d’un accès au parc privé exacerbé par la concurrence et d’un parc public saturé.

Pourtant, nous connaissons les maux de cet état des faits : pénurie des offres, coût élevé du foncier et a fortiori des constructions de logements intermédiaires et sociaux.

Dans ce contexte d’inquiétude, il est urgent de s’atteler aux nouvelles solutions de logements accessibles, innovantes et amoindrissant les inégalités.

Une nouvelle idée du logement : repenser le commun

La crise sanitaire a mis en avant les liens tenaces entre isolement et mal-logement. Alors que les schémas de vie ont évolué, de moins en moins de logements sont ouverts aux personnes seules ou en situation de précarité. La raison ? Des ressources spatiales gaspillées entre des offres de logements inadaptées et des surfaces habitables inoccupées.

Intervenir sur le bâti pour y développer une offre d’espaces mutualisés est la première corde à notre arc. C’est tout le sens du coliving, dont la portée vise à cumuler espaces privés et espaces communs au sein d’un même bien.

Mais créer des espaces de logements ne serait pas grand-chose sans un accès optimisé.

Entendons-nous, il s’agit bien du coût élevé du loyer qui empêche les plus fragiles d’accéder au logement. Ces coûts sont pour la plupart indexés sur ceux de la construction qui représentent près de 40% du coût final du logement. Autant dire que faire baisser les prix du foncier relève de politiques locales et nationales ambitieuses, dont le dénominateur commun serait la réhabilitation des parcs déjà existants.

Là aussi, le coliving prend tout son sens : intervenir sur le bâti déjà existant afin d’y déployer des espaces d’habitats partagés permet
de réduire les coûts de construction et favoriser l’entrée dans le parc.

Il ne s’agit là que d’un premier mouvement qui doit être complété par des engagements forts pour des loyers accessibles aux revenus moyens.

Prenons l’exemple de la ville de Bagnolet : c’est bien lors du premier confinement que l’ensemble des locataires d’un immeuble du parc privé ont décidé de suspendre le paiement de leurs loyers. Cette grève des loyers, inédite dans le parc privé, n’illustre que trop bien les maux de la crise du logement : comment permettre à l’employée de maison de se loger dignement quand son salaire a diminué de moitié ? Comment empêcher l’intérimaire du bâtiment, sans ressource financière avec l’arrêt des chantiers, de se retrouver à la rue ?

Nous faisons le pari du logement intermédiaire, permettant de soutenir des prix 10 à 15% moins chers que ceux du marché.

Penser des synergies publics-privés à l’échelle territoriale

Ces mouvements ne peuvent être entrepris qu’en faisant confiance à une nouvelle synergie entre les acteurs publics et privés. Nous ne visons pas la simple coopération, mais bien la mobilisation des compétences pour donner vie à des solutions logements qualitatives et
accessibles.

Pour la seule ville de Bagnolet, le partenariat fructueux avec l’In’li a permis d’ouvrir une dizaine d’unités de logements intermédiaires. Il y a autant de partenariats possibles que d’organismes existants. Et autant d’avantages pour l’une et l’autre des parties : si d’un côté les décideurs publics peuvent se satisfaire que le déploiement du coliving réponde aux spécificités de leurs territoires, l’organisme privé peut applaudir la mise sur le marché d’offres de logements accessibles. N’est-ce pas là l’exemple d’une relance intelligente dans le secteur clé du logement ? Nous croyons fortement en une alliance entre la structure étatique et sa surface financière avec la souplesse créative de l’acteur privé.

Le coliving est une des solutions permettant d’entamer une sortie du mal-logement. Il n’appartient qu’à nous de créer les conditions de cette nouvelle ambition. Nous tendons la main aux acteurs publics pour débuter ce travail de longue haleine. Nous les appelons à se
rassembler autour d’actions communes et concrètes afin de construire, pourquoi pas, un "Grenelle du mieux-logement".

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