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Face à la crise, les PME du BTP font le job
L'avenir de l'entreprise BTP au coeur du débat organisé par le Club Excellence du Moniteur à Nantes - © © Nicolas Guillon/Le Moniteur

Face à la crise, les PME du BTP font le job

Nicolas Guillon |  le 26/05/2014  |  BâtimentLoire-AtlantiquePMEOuvrage d'art

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Le Club Excellence du Moniteur était réuni à Nantes, le 23 mai. Dans une région dont la dynamique constitue un atout indéniable face à la crise, les entrepreneurs entendent défendre le modèle du « BTP à la française». Est-il pour autant encore possible d’ériger une digue contre la déferlante de la sous-traitance et les bataillons de travailleurs détachés qui l’accompagnent ? L’Ouest, en tous cas, fait de la résistance.

« Le modèle traditionnel de société fonctionne bien. » C’est Patrick Alvarez (KMPG) qui le dit, ratios à l’appui. Certes, les PME du BTP sont impactées par la baisse des prix du marché et des volumes mais de l’avis de l’expert, la casse aurait pu être plus importante. Patrick Alvarez avance une explication à cette bonne résistance : « Les entreprises ont fait le job ». Il est notamment souligné que les PME de l’Ouest savent aller chercher du travail hors de leur territoire.

Philippe Ghazarian (BTP Banque) met un bémol : « Depuis quelques semaines, nos clients nous disent que c’est maintenant que l’on va vraiment rentrer dans le dur ». Une vraie note d’optimisme, toutefois, dans l’exposé du banquier : « Nous traitons beaucoup de dossiers de transmission, c’est le signe qu’il y a un après ». Philippe Ghazarian voit même « un boulevard » dans la rénovation, à condition de trouver les financements.
Bien que mieux armé face à la crise, l’Ouest n’échappe pas, bien sûr, au phénomène de la baisse des effectifs mais pour nombre d’entrepreneurs participant au débat, la sous-traitance reste « un non-choix », qui remet en question le modèle d’entreprise du BTP « à la française ».

« Pour des PME familiales, c’est un vrai cas de conscience car toute leur organisation est basée sur l’apprentissage et la formation, la progression au mérite et l’attachement aux personnes, explique Georges Delrieu (Le Duramen). Or, tout cela est remis en cause par la financiarisation de l’environnement. »

Préserver notre savoir-faire

L’index est pointé vers les majors, accusées d’écraser la sous-traitance et d’obliger les PME à s’aligner. Présent dans la salle, le représentant régional d’EGF BTP Gwendal Gautier (Eiffage Construction) tient à réagir : « Je vous mets au défi de trouver un seul travailleur détaché sur les chantiers que nous réalisons dans la région. Nos marges nous les faisons sur la productivité. »

Mais la réalité est là. « Nous perdons du savoir-faire, déplore André Lefèvre, directeur général de Cruard Charpente, lauréat national du Prix Moniteur de la Construction en 2012. A force de jouer à ce jeu dangereux, demain certaines entreprises ne retrouveront plus leurs labels ».

En contrepoint, Pierre Laruaz, dont la société, Isore Bâtiment, Prix Moniteur en 2010, réalise 75 % de son chiffre d’affaires en région parisienne, a pu observer « l’accueil à bras ouverts qui nous est réservé lorsqu’on nous voit arriver sur un chantier avec nos gars ».          
L’importance de bonnes études, d’une démarche marketing et du réseau apparaissent comme autant de clés pour s’ouvrir l’accès aux marchés publics. L’exemple du regroupement des six constructeurs bois d’AXE303 interpelle. « Nous devons nous mettre en sous-capacité permanente pour réussir à mutualiser et lisser les pics d’activité, et pour répondre à des appels d’offres auxquels nous ne pourrions répondre seul, explique Georges Delrieu, membre de ce « club des six ». Mais nous y parvenons et évitons ainsi d’empiler des ressources sous-exploitées et donc trop coûteuses. » De l’avis de tous, la conception-réalisation est une autre piste intéressante pour parvenir à rester dans la course.
Deux voies innovantes sont également tracées par Olga Zlatiev (mft conseil), venue présenter une nouvelle approche de calcul des devis, et Max Cailleau (Hisséo), qui initie les entrepreneurs du BTP à la démarche LEAN, une méthode de chasse au gaspi venue de l’industrie et particulièrement bien adaptée aux chantiers.

« Tout ce qui est sans valeur pour le client est considéré comme un gaspillage », insiste le consultant en rappelant que le LEAN est « avant tout une philosophie ». Damien Cocault, dirigeant d’une entreprise de maçonnerie de 35 salariés (Cocault), a expérimenté la démarche avec succès. « Aujourd’hui, mes équipes se sont approprié le LEAN, c’est le plus important », témoigne-t-il.
Au terme des échanges, il apparaît que la crise, si elle déclenche toujours une tempête, peut aussi être synonyme d’opportunité. « Dans la langue chinoise, le mot crise revêt les deux sens », fait remarquer Jean-Philippe Defawe, responsable de la rédaction Ouest du Moniteur.  


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