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EXTENSIONS Agrandir et densifier l’existant
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EXTENSIONS Agrandir et densifier l’existant

Dossier réalisé par Jacques-Franck Degioanni et Emmanuelle Borne |  le 13/02/2009  |  RéalisationsRénovationBoisVerreArchitecture

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Etendre un bâtiment, quelle que soit la dimension du projet, force les architectes à l’inventivité. Terrain compté, sol médiocre, budget mesuré, etc. Autant d’obstacles à surmonter pour, en définitive, vérifier que la contrainte est souvent féconde.

Pénurie de terrains constructibles, attractivité des centres-villes, augmentation de la valeur d’usage, densification... Les raisons ne manquent pas pour agrandir le moindre bâtiment existant. Mais, à voir les contorsions des uns et des autres pour y parvenir en dépit des contraintes, on devine que l’exercice demande à l’architecte de déployer des trésors d’ingéniosité. D’autant qu’une extension, si elle redonne vie à un édifice, pose souvent plus de problèmes que la tabula rasa qu’exige une construction neuve. Aux limites techniques propres aux travaux sur l’existant s’ajoutent des questions d’ordre juridique voire urbanistique. Bref, la complexité n’attend pas le nombre de mètres carrés, et la taille de l’opération ne préjuge pas de sa difficulté. Les différentes échelles d’intervention explorées ici en témoignent.

L’exercice de style qu’est l’extension d’un bâtiment vaut souvent comme extension du domaine de l’architecture. Manière de « continuer l’histoire » pour reprendre l’expression de l’architecte Jean-Marie Duthilleul prononcée lors de la leçon inaugurale de l’Ecole de Chaillot à la Cité de l’architecture (Paris) : « Chaque lieu est détenteur d’une histoire écrite, par accumulation et sédimentation. Notre intervention doit enrichir le site afin de donner davantage de bien-être à ses utilisateurs. Sinon, pourquoi intervenir ? » Oui, pourquoi ?

Reims (Marne) 6 000 m2 supplémentaires créés dans la cour d’un lycée

Au lycée Franklin-Roosevelt de Reims (siège du général Eisenhower en 1944 et théâtre de la capitulation allemande le 7 mai 1945), l’architecte Jean-Michel Jacquet satisfait à l’exigence des rénovations-extensions, à savoir préserver l’esprit du lieu tout en le modernisant. Il a aussi relevé le défi d’intervenir sur un site occupé par quelque 2 200 élèves. « Le chantier n’aurait pas pu se faire sans concertation avec les équipes administratives et enseignantes », insiste-t-il. Faute d’autres réserves foncières pour accueillir de nouvelles surfaces, il a fallu rénover et construire sur place. Une médiathèque avec des ateliers en surplomb, un amphithéâtre de 250 places articulé avec une salle polyvalente et un préau surmonté de laboratoires occupent aujourd’hui la cour centrale. « Il y manquait des arbres et, sans hésiter, nous avons construit les bâtiments dans ces vides », explique Jean-Michel Jacquet. Pour préserver la perception d’ensemble du lieu, un patio a été creusé à l’emplacement de l’amphithéâtre et de la médiathèque. Opération d’escamotage réussie : 6 000 m2 neufs se déploient aujourd’hui sans ostentation derrière les murs de l’ancienne bâtisse.

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Intervenants

Maîtrise d’ouvrage : région Champagne-Ardenne.

Maîtrise d’oeuvre : Fouqueray-Jacquet, architectes ; Arnould, Varlet, Betelec, BET ; TECS, économiste.

Principales entreprises : Demathieu & Bard (gros œuvre), SRCM (métal).

Coût des travaux : 14,20 millions d’euros HT.

BOISSY-SAINT-LÉGER (val-de-marne) Laboratoires et bureaux « en noir »

Les architectes Alix Héaume et Adrien Robain viennent de livrer pour la RATP cette intrigante extension monolithique noire qui abrite des laboratoires d’essais et de mesures au rez-de-chaussée, ainsi que des bureaux à l’étage. Programme technique complexe, site exigu, enclavé et adossé à un talus ; dénivelé de 2 m à digérer, environnement industriel dense (proximité d’une plate-forme logistique, d’une route, d’un « parc à câbles », etc.). Rien ne les aura dissuadés d’intervenir en finesse. « Nous avons voulu construire un volume simple sur deux niveaux, avec une combinaison de deux masses abstraites, expliquent-ils. Au rez-de-chaussée, une façade filtre, légère et translucide, constituée de modules de polycarbonate. A l’étage, un volume opaque à triple orientation, massif, en bardage métallique noir mat, animé par des ouvertures (Fakro) colorées et disposées de manière quasi aléatoire. » Une opération à la précision horlogère, pour laquelle les architectes tiennent à souligner « l’importance de leur rôle auprès de la maîtrise d’ouvrage pour la reformulation du programme et son acceptation par les futurs utilisateurs ».

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Intervenants

Maîtrise d’ouvrage : RATP ; maîtrise d’ouvrage déléguée, SEDP.

Maîtrise d’œuvre : Alix Héaume et Adrien Robain, architectes ; CTH, BET.

Principales entreprises : Prigent (gros œuvre), DL Pyrénées (métal).

Surface extension : 405 m2.

Coût des travaux : 1,11 million d’euros HT (compris VRD et rénovation).

ACHERES-LA-FORET (seine-et-marne) Un « volume interclimatique » ouvert sur la forêt

Pour cette maison des années 1930 solidement campée sur son soubassement en pierre, l’architecte parisienne Brigit de Kosmi a imaginé une extension « qui ne pouvait se développer qu’au nord » en raison des contraintes réglementaires. Ce sera donc un jardin d’hiver d’à peine 59 m2, ouvert sur la forêt alentour, constitué par une ossature boulonnée en acier galvanisé, habillée d’un bardage double peau et de double vitrage feuilleté (Thermobel de AGC Flat Glass Europe). A la saison froide, cet espace, construit sur toute la hauteur de la façade d’origine, récupère des calories de la construction ancienne via des grilles de transfert. En demi-saison, le lieu participe au confort thermique d’ensemble, sans aucune dépense d’énergie. En été enfin, il prend l’ombre des arbres et deux ouvrants (une porte à l’ouest et un exutoire en toiture) évacuent l’éventuelle chaleur excédentaire. Un « volume interclimatique » qui recèle une haute bibliothèque... pour inciter les visiteurs à passer « des journées entières dans les arbres ».

Intervenants

Maîtrise d’ouvrage : privée.

Maîtrise d’œuvre : Brigit de Kosmi, architecte.

Principales entreprises : Simétal (charpente, façades), Perrot (gros œuvre).

Surface extension : 59 m2 HON.

Coût des travaux : 110 000 euros HT.

LENS (Pas-de-Calais) Un cube dortoir-bibliothèque (bientôt) végétalisé

La ville de Lens accueillera en 2012 le « Louvre bis », imaginé par les architectes japonais de l’agence Sanaa. En attendant – et à une échelle certes plus modeste –, ce projet, implanté au cœur de la Cité Saint-Pierre, ancienne « Cité de la fosse 11 », est destiné à l’école maternelle Louis-Pasteur. Glissé au chausse-pied entre les deux ailes d’un imposant bâtiment en meulière, il abrite sur 115 m2 un dortoir et une bibliothèque. Cette extension aux allures de conteneur a été imaginée par les architectes David Lauer et Antoine Belin au terme d’un « dialogue avec le contexte végétal ». Réalisée sur ossature bois, elle est revêtue de panneaux en matériau composite vert et de caillebotis métallique sur lesquels s’entortilleront bientôt les capucines, ipomées et autres pois de senteurs semés par les enfants. A cet effet, le pourtour au sol du bâtiment est une vaste fosse de plantation. « Ce nouveau volume se fondra, au fil des saisons, dans l’ambiance de cette ancienne cité minière devenue, avec le temps, une cité-jardin », explique David Lauer.

Intervenants

Maîtrise d’ouvrage : Ville de Lens.

Maîtrise d’œuvre : David Lauer et Antoine Belin, architectes.

Principales entreprises : Miroux (gros œuvre, serrurerie), Descamps (charpente bois, bardage).

Surface extension : 115 m2.

Coût des travaux : 351 187 euros HT.

PARIS XIXe Maison bois-béton

Cet ancien hôtel (10 chambres) à Paris XIXe a fait l’objet d’une rénovation-extension par la Société immobilière d’économie mixte de Paris (SIEMP). Au programme : rénovation de l’immeuble d’habitation sur rue et création d’un logement neuf sur cour. Pour ce dernier, l’architecte Jérôme Guéneau a imaginé une construction en bois. « Pierre Paulot, alors directeur de la SIEMP, m’y a encouragé après avoir précédemment échoué à construire en bois, faute d’entreprises qualifiées, et dans les budgets du logement social », explique-t-il. Ce projet rejoignait aussi les objectifs du maître d’ouvrage de « chantier propre », d’économie d’énergie et d’utilisation de ressources renouvelables. Onze mois de chantier auront été nécessaires pour conserver les façades et refends latéraux de l’immeuble sur rue et le conforter par des reprises en sous-œuvre. Créée dans la cour, la maison de ville prend appui sur un rez-de-chaussée maçonné sur fondations spéciales du fait de la mauvaise résistance mécanique des sols. L’étage est une « boîte » sur charpente bois, bardée de contreplaqué marine vernis. L’eau chaude sanitaire provient de capteurs solaires thermiques.

Intervenants

Maîtrise d’ouvrage : Siemp.

Maîtrise d’œuvre : Jérôme Guéneau, architecte ; Le Joncour, BET ; Semofi, études géotechniques ; GCEC, économiste ; GTIF, coordination SPS ; Beis & Plomion, géomètre ; bureau de contrôle, Qualiconsult.

Entreprise générale : Eggenschwiler.

Surfaces : 368 m2 (immeuble) et 176 m2 (extension).

Coût des travaux : 784 000 euros HT.

Précision parue dans le n° 5494 p.59 : A propos de l’article Maison bois-béton à Paris XXe, Valérie Flicoteaux-Melling, gérante de l’agence d’architecture « 3 1 architectes », nous demande de préciser que la maîtrise d’œuvre a été entièrement assurée par son agence (dont Jérôme Guéneau est un ancien associé) : « Le contrat de maîtrise d’œuvre avec la SIEMP, ainsi que le permis de construire, sont établis au nom de l’agence et signés par moi-même. Jérôme Guéneau et moi avons conçu et dessiné ce projet conjointement, jusqu’à l’analyse des offres. Celui-ci n’a assuré, seul, que la direction de chantier, comme architecte d’exécution, en sous-traitance de l’agence. »

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