Explosion de la rue de Trévise: la responsabilité de la Ville de Paris confirmée

Le rapport d'expertise définitif commandé par la justice, dont l'AFP a eu connaissance lundi 15 juin, confirme un "défaut de vigilance et de technicité de la voirie" qui a mené à l'explosion meurtrière de janvier 2019.

Partager
Explosion de la rue de Trévise: la responsabilité de la Ville de Paris confirmée
L'explosion du 12 janvier 2019 avait fait quatre victimes, dont deux pompiers, et quelque 400 sinistrés.

Validant les conclusions d'un document d'étape rendu public en décembre, le rapport d'expertise définitif commandé par la justice, confirme la responsabilité de la Ville de Paris dans l'explosion d'un immeuble rue de Trévise, dans le IXe arrondissement de la capitale en janvier 2019 qui avait fait quatre morts.

L'explosion aurait pu être évitée

Il relève notamment un "défaut de vigilance et de technicité de la voirie", estimant que "l'explosion aurait pu être évitée" si la cause de l'affaissement du trottoir devant l'immeuble où elle s'est produite avait été recherchée en amont par la municipalité.

Le rapport préliminaire avait en effet établi que l'explosion avait été provoquée par "une accumulation de gaz naturel du réseau GRDF, consécutive à la rupture d’une canalisation de gaz". Cette rupture a eu elle-même pour "cause principale un affaissement du sol sous le trottoir devant le porche de l’immeuble situé 6, rue de Trévise", avait précisé l'expert en décembre dernier. Or, "si la cause de l'affaissement du trottoir avait été recherchée et si sa réfection avait été correctement réalisée, cette explosion aurait pu être évitée".

Dans le rapport définitif daté du 30 mai 2020, les quatre experts judiciaires mandatés par les juges d'instruction en charge d'une enquête pour homicide et blessures involontaires ont donc confirmé leurs précédentes conclusions.

"Cette explosion aurait été évitée si la voirie de la Ville de Paris avait tiré l'enseignement que la réitération pendant une très longue période de 16 mois du processus d'affaissement du trottoir (...) démontrait à l'évidence (...) qu'il ne s'agissait pas d'un phénomène banal, mais de l'instabilité du sol devant le porche, requérant d'en rechercher la cause", écrivent-ils.

Le syndic et l'entreprise de TP également mis en cause

Ils mettent aussi en cause le syndic de copropriété de l'immeuble, qui aurait dû, selon eux, faire "procéder en urgence à la réparation du collecteur d'eaux usées de l'immeuble, le plus rapidement possible après sa mise en évidence le 25 novembre 2015"..

En effet, les fuites d'eaux occasionnées par ce collecteur défectueux se sont "infiltrées dans le sol devant l'immeuble en aggravant son instabilité et in fine entraînant l'affaissement du trottoir", observent-ils, tout en soulignant que le syndic "ne pouvait pas savoir que la fuite d'eaux usées liée à cette dégradation était susceptible d'entraîner l'instabilité du sol et en suivant la rupture de la canalisation du réseau de GRDF".

Enfin, les experts pointent la responsabilité de l'entreprise de travaux publics chargée en novembre 2016 d'effectuer des travaux sur le trottoir, jugeant qu'elle n'avait pas compris "que le vide sous le revêtement du trottoir révélait une instabilité du sol dont il convenait de rechercher la cause", alors même que GRDF avait renseigné "très précisément sur la présence et la localisation, sous le trottoir devant l'immeuble 6 rue de Trévise, d'une canalisation de gaz du réseau de GRDF alimentant en gaz cet immeuble".

Cette entreprise "aurait dû stopper ses opérations inefficaces de rétablissement de l'horizontalité du trottoir sous son revêtement et en informer le représentant de la mairie", estiment les experts, qui dédouanent le gestionnaire GRDF et les sapeurs-pompiers étant intervenus sur les lieux juste avant l'explosion.

La ville "prend acte"

"Il va falloir que la mairie de Paris prenne ses responsabilités car il semble maintenant établi par les experts que la voirie de Paris a eu un rôle prépondérant dans la survenue du sinistre", a réagi auprès de l'AFP Me Olivier Morice, avocat de cinq parties civiles, qui espère une mise en examen de la Ville.

Contactée par l'AFP, la mairie "prend acte" de ce rapport et entend désormais apporter "les explications utiles au juge d’instruction afin de participer à la manifestation de la vérité".

Mon actualité personnalisable

Suivez vos informations clés avec votre newsletter et votre fil d'actualité personnalisable.
Choisissez vos thèmes favoris parmi ceux de cet article :

Tous les thèmes de cet article sont déjà sélectionnés.

  • Vos thèmes favoris ont bien été mis à jour.

Sujets associés

NEWSLETTER Réglementation

Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.

Votre demande d’inscription a bien été prise en compte.

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes...

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes du : Groupe Moniteur Nanterre B 403 080 823, IPD Nanterre 490 727 633, Groupe Industrie Service Info (GISI) Nanterre 442 233 417. Cette société ou toutes sociétés du Groupe Infopro Digital pourront l'utiliser afin de vous proposer pour leur compte ou celui de leurs clients, des produits et/ou services utiles à vos activités professionnelles. Pour exercer vos droits, vous y opposer ou pour en savoir plus : Charte des données personnelles.

LES ÉVÉNEMENTS LE MONITEUR

Tous les événements

Les formations LE MONITEUR

Toutes les formations

LES EDITIONS LE MONITEUR

Tous les livres Tous les magazines

Les services de LE MONITEUR

La solution en ligne pour bien construire !

KHEOX

Le service d'information réglementaire et technique en ligne par Afnor et Le Moniteur

JE M'ABONNE EN LIGNE

+ 2 500 textes officiels

Tout voir
Proposé par

Détectez vos opportunités d’affaires

90 - BELFORT

Réfection des halls 19 rue Lumière

+ de 10.000 avis par jour

Tout voir
Proposé par

ARTICLES LES PLUS LUS

Ajouter Le Moniteur à l'écran d'accueil