Aménagement

Expérimentation : réduire l’effet d’îlot de chaleur urbain

Le Grand Lyon travaille sur l’adaptation au changement climatique, en particulier sur la réduction de l’effet d’îlot de chaleur urbain qui rend les canicules insupportables en ville. Des essais sur trois ans sont en cours.

Selon les prévisions de Météo France, l’enjeu le plus probable en matière de changement climatique à l’horizon 2050 concernera les canicules. Des épisodes équivalents à celui de l’été 2003 pourraient se reproduire tous les deux ans.

Afin de s’adapter à ce contexte, la collectivité du Grand Lyon cherche à créer des îlots de fraîcheur, qui joueraient le rôle d’espaces d’apaisement, en cas de températures élevées sur de longues périodes. Le travail d’atténuation s’effectue en plusieurs phases.

« La première étape consiste à acquérir des connaissances sur l’îlot de chaleur urbain », indique Luce Ponsar, chef de projet Plan climat du Grand Lyon. C’est l’objet d’un travail de thèse qui concerne aussi Grenoble et Saint-Etienne et qui s’achèvera en 2014. Il s’agit notamment de réaliser des cartes, afin de localiser les îlots de chaleur, dans l’espace et dans le temps. « Nous pensions que le phénomène restait localisé sur les surfaces sombres dont le faible albédo se traduit par une forte absorption de la chaleur, en particulier les voiries. Or, des zones extérieures à la ville, où la température des surfaces est plus fraîche, peuvent aussi être concernées par les fortes chaleurs, car elles se trouvent sous les vents chauds de la ville. »

L’acquisition de connaissances passe également par des expérimentations sur le terrain. C’est ainsi que le rafraîchissement de la voirie par l’eau est testé par Veolia Environnement et l’aménageur D2P, sur la rue de la Buire à Lyon, depuis l’été 2012. « Avec ses larges trottoirs, sa rangée de parking et ses immeubles de six étages au maximum, cette rue correspond à ce que nous identifions avec l’agence d’urbanisme comme le mode constructif des prochaines années », précise Luce Ponsar.

 

Limiter l’échauffement du bitume

 

Dans ce quartier en cours d’aménagement, la rue de 50 m de long a pu être équipée de buses d’arrosage. Installées tous les deux mètres, elles envoient une fine lame d’eau sur la chaussée légèrement en pente, arrosant ainsi le sol de façon uniforme. La quantité d’eau nécessaire est faible puisqu’elle représente une dépense inférieure à 1 euro/jour. Des sondes de température installées au niveau du bitume et à 1,50 m de hauteur mesurent l’efficacité du système. Les mesures réalisées l’été dernier ont montré une efficacité relative : au niveau du bitume, qui peut dépasser de 8 °C la température de l’air sans arrosage, l’échauffement a été contenu. En revanche, à 1,50 m du sol, l’amélioration n’a été que d’un demi-degré. «

Certes, l’efficacité semble limitée, mais à l’échelle d’une ville, ces mesures combinées à des espaces végétalisés et à un travail sur les surfaces claires permettent de mitiger l’effet global et de proposer des zones de fraîcheur. »


L’expérimentation utilise pour l’instant de l’eau potable, afin de s’affranchir des questions de la sécurité sanitaire de l’eau. La décision de conserver ou non le dispositif sera prise à la fin de l’expérimentation. Les eaux pluviales sont déjà récupérées sur la parcelle, mais pour l’instant, trop de questions se posent sur les aspects sanitaires pour pouvoir les utiliser à la place de l’eau potable.

 

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