Immobilier

Expérimentation du label E+C- : un enjeu de taille pour LCA-FFB

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Maison individuelle

LCA-FFB a fait du label « Energie Positive & Réduction Carbone (E+C-) », destiné à préparer la future réglementation des bâtiments neufs, l’une de ses priorités. Son objectif : faire coïncider l’entrée en vigueur des deux volets, énergie et carbone, en 2020, la loi prévoyant des dates distinctes pour énergie (2020) et carbone (2018). Aussi, pour mieux comprendre les enjeux du label E+C-, le syndicat de constructeurs de maisons individuelles et d’aménageurs a organisé des chantiers-tests.

C’est un sujet qui intéresse l’ensemble des acteurs de la construction. A l’occasion de sa première journée technique destinée aux promoteurs immobiliers, qui s’est déroulée le 16 novembre 2017 à Paris, le syndicat de constructeurs de maisons individuelles et d’aménageurs LCA-FFB a fait le point sur l’expérimentation « Energie Positive & Réduction Carbone » (E+C-).

Le cheval de bataille de la fédération : empêcher la dissociation de la législation sur l’énergie et le carbone, comme l’a souligné Bernard Coloos, délégué général adjoint aux affaires économiques, financières et internationales de la FFB. « Sur la question du label E+C-, le gouvernement a décidé que la réforme sur l’énergie se ferait en 2020 tandis que le volet carbone interviendrait en 2018. Pour les acteurs du bâtiment, cette situation n’est pas tenable. Il faudrait faire coïncider les deux dates », a déclaré le représentant de LCA-FFB.

 

Un niveau C2 plus difficile à atteindre

 

Demander à faire concorder les deux calendriers, c’est aussi ce que requiert Jean-Jacques Barreau, consultant technique chez LCA-FFB, spécialiste énergie et réglementations. « Nous espérons une entrée en vigueur du volet carbone plutôt en 2020 que 2018, afin de bien se préparer. Il faut comprendre que ces deux réglementations (énergie et carbone) auront un impact l’une sur l’autre », abonde le consultant technique. Des effets qui se feront ressentir sur les cycles de vie des bâtiments (du début du chantier à la démolition de l’immeuble), mais aussi sur les matériaux et le chauffage.  « L’objectif du label E+C- est avant tout d’améliorer la performance de la RT 2012 et d’augmenter les seuils d’expérimentation sur le volet carbone », rappelle Jean-Jacques Barreau.

Le consultant technique de LCA-FFB note ainsi que le 2e niveau de performance en carbone (C2) est plus difficile à atteindre que le premier niveau. Avec le label E+C-, les performances d’un bâtiment neuf sont évaluées selon des niveaux « énergie » et « carbone ». Sur le volet carbone, deux niveaux de performance environnementale relative aux émissions de gaz à effet de serre sont recensés. Le Carbone 1 (ou C1), accessible pour tous les modes constructifs et tous types d’énergie, vise à mobiliser l’ensemble des acteurs du bâtiment dans la démarche d’évaluation des impacts du bâtiment sur l’ensemble de son cycle de vie et de leur réduction. Le Carbone 2, ou C2, requiert quant à lui un travail plus important au niveau de la réduction de l’empreinte carbone des matériaux et équipements, mais aussi des consommations énergétiques du bâtiment.

 

Des expérimentations pour les professionnels

 

C’est pour tester la faisabilité technique et économique du label E+C- que LCA-FFB a organisé des commissions entre janvier et novembre 2017 sur la question. Au total, 8 projets ont été menés conjointement par des promoteurs et des partenaires (industriels et bureaux d’études). Ces essais ont permis aux professionnels de mieux comprendre l’expérimentation, mais aussi d’évaluer de manière plus fine les coûts, comme le raconte Stéphane Marcon, directeur développement chez Compagnie Immobilière Jacques Julien. Avec son équipe, il a expérimenté la réglementation sur un programme de 16 logements neufs, à Toulouse, qui doivent être livrés au 4ème trimestre 2018. Son nom : « Les terrasses du stade ». « En atteignant le niveau énergie 2, nous avons estimé des coûts autour de 1 800 euros HT le m², si l’on respecte la RE 2020 », développe le représentant de Compagnie Immobilière Jacques Julien.

L’occasion a aussi été donnée de tester un usage plus rationnel des matériaux, comme en témoigne un autre chantier-test. « Nous avons pu optimiser les épaisseurs du béton sur un immeuble de 9 logements à Monistrol-sur-Loire (Haute-Loire) à livrer en décembre 2017. Nous sommes passés d’une structure de 20 cm de béton à 18 cm, et au lieu d’utiliser des dalles béton de 21 cm, nous avons eu recours à des prédalles de 20 cm. Résultat : nous avons fait une économie de 5% sur le coût du béton », analyse Maud Brunel-Fontaine, directrice générale de la PME Brunel.

Autre défi : optimiser l’utilisation des matériaux, comme le bois, dans des zones réputées très froides. Le groupe Vivialys, avec sa marque Les Carrés de l’habitat, spécialisée dans les grandes maisons et les habitats collectifs, a mené l’expérimentation sur un programme de 8 logements, en cours de réalisation, « Les carrés d’Azur », situé à Illfurth (Haut-Rhin). « Nous avons associé le bois et le béton pour créer une isolation thermique et acoustique. Grâce à nos installations, nous avons pu atteindre le niveau C1 », conclue Jean-Philippe Piat, directeur technique général du groupe Vivialys.

 

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