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Exosquelette : quels critères de choix ?
- © Elnur Amikishiyev (Adobe Stock)

Exosquelette : quels critères de choix ?

le 12/11/2018  |  ExosqueletteINRSSanté au travailServices aux négoces

Dans les métiers de la manutention, l'exosquelette apparaît comme une solution pertinente de lutte contre les troubles musculo-squelettiques (TMS). Lors du salon Expoprotection, l'INRS a livré ses conseils pour choisir le produit adapté.

Véritable système digne d’Iron Man, l’exosquelette - aussi connu sous le nom de dispositif d’assistance physique - répond à plusieurs problématiques d’une entreprise. D’abord, “il a une incidence sur les contraintes biomécaniques et la dimension de force”, indique Jean-Jacques Atain Kouadio, expert d’assistance au sein de l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) ; ce qui lui permet de limiter les risques de TMS. Il peut aussi aider les entreprises qui se trouvent dans l’impossibilité d’automatiser leur ligne de production ou d’aménager leur environnement de travail. Enfin, en réduisant l’effort du salarié, les dispositifs d’assistance physique permettent, sur le long terme, de réduire les arrêts maladie, l’absentéisme ou encore le renouvellement du personnel.

A ce jour, l’INRS classifie les exosquelettes en deux grandes familles : les dispositifs d’assistance physique (DAP) et les robots d’assistance physique (RAP). Les exosquelettes robotisés ou mécanisés, assistent différentes zones corporelles : les membres inférieurs (hanche, cuisse, jambe, pied), les membres supérieurs (bras, avant-bras, main), le dos, ainsi que le corps entier.

Analyser son environnement

“Avant d’investir, il est nécessaire d’avoir une vraie démarche d’acquisition d’un exosquelette en entreprise. Pour ce faire, il faut se poser deux questions : Pourquoi s’orienter vers une telle solution ? Et comment l’intégrer au mieux dans son entreprise ? Ensuite, il faudra établir un cahier des charges”, souligne l’ergonome et expert d’assistance en prévention des TMS à l’INRS, Laurent Kerangueven.
Ce cahier descharges doit veiller à ce que la méthode de mise en oeuvre s’appuie sur une démarche participative réalisée auprès de l’ensemble des personnes concernées (la direction, les instances représentatives du personnel, les services de santé au travail...). Il faudra ensuite s’assurer que l’aménagement ait été mis en oeuvre et que l’utilisateur final soit véritablement écouté. “Il se peut qu’il y ait des réglages spécifiques à intégrer au modèle d’assistance physique. D’une part, parce qu’il ne faut pas oublier que chaque salarié à une morphologie différente. D'autre part, parce que si l’opérateur utilise son exosquelette dix minutes, plusieurs fois dans la journée, il faut qu’il arrive à s’équiper et à se déséquiper rapidement.”, ajoute l’ergonome de l’INRS. Pour que le salarié concerné se familiarise avec le produit, il faut aussi prévoir un temps d’adaptation en dehors de l’activité de travail. Enfin, il faudra faire attention à ce que l’équipement d’un salarié n’atteigne pas ses relations avec ses collègues de travail.

Prendre en compte les contre-effets

Après avoir analysé l’environnement de travail, il est nécessaire d’évaluer les contre-effets liés à l’usage de l’exosquelette sur son utilisateur. Le premier risque concerne les baisses d’activités musculaires. En effet, selon les dernières recherches menées par l’INRS, les exosquelettes réduiraient l’activité des muscles érecteurs spinaux (groupe de trois muscles, situés en bas du dos, NDLR) de 10 à 40 %, et de 30 % pour le muscle deltoïde (muscle de l’épaule en forme de triangle, NDLR). De ce fait, Il faudra veiller à ce que ces baisses d’activités musculaires ne déplacent pas les risques de TMS sur les muscles antagonistes (opposés des muscles agonistes, ne produisant donc pas le mouvement considéré, NDLR).
Le poids encombrant des dispositifs d’assistance physique peut être aussi un danger. Il pourrait donner lieu à des collisions ou à des mouvements incontrôlés. L’autre risque, à prendre sérieusement en compte : les dommages sur le corps. L’usure, le poids et la gêne d’un modèle, peut également conduire à des irritations de la peau, ou plus grave encore, à une augmentation des sollicitations cardiovasculaires. Enfin, certaines activités réalisées peuvent exiger une attention accrue. Cela peut engendrer une augmentation de la charge mentale et du stress du salarié.

Auteur : Sabrina Alves

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