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Exit le BBC, place au Bepos: le nouveau label dévoilé
Le principe général du label bepos est simple, la consommation d'énergie non renouvelable (en rouge sur le dessin) doit être inférieure à la production renouvelable (en vert sur le dessin). - © © Florent Grattery

Exit le BBC, place au Bepos: le nouveau label dévoilé

eric Leysens |  le 20/02/2013  |  BeposEnvironnementPerformance énergétiqueRéglementation thermiqueCôte-d'Or

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Mère du label BBC, l'association Effinergie vient de donner naissance à un label baptisé "Bepos" pour bâtiment à énergie positive. En exclusivité, LeMoniteur vous présente les exigences du nouveau label qui est à la RT 2012 ce que le BBC fut à la RT 2005.

L'association Effinergie doit dévoiler, ce jeudi 21 février, au salon "Be Positive" à Lyon, son label "bâtiment à énergie positive" dit "Bepos". Attendu, ce nouveau label va permettre de faire le ménage parmi la flopée de projets autoproclamés à énergie positive.

Son principe général est simple, la consommation d'énergie non renouvelable doit être inférieure à la production renouvelable, le tout en énergie primaire et en prenant en compte tous les postes, les 5 réglementaires – ventilation, éclairage, ECS, chauffage et auxiliaires - et l'électrodomestique. Ainsi, des bâtiments comme la "maison Saint-Gobain Multi-Confort" implantée en bordure d'Angers ou celles du projet "Villavenir + Atlantique" à Nantes ne pourront prétendre au nouveau label car seules les consommation des 5 postes réglementaires ont été prises en compte pour aboutir à un bilan énergétique nul. Autrement dit, les maîtres d'ouvrage qui veulent bénéficier de l'appellation « énergie positive » ne pourront désormais plus ignorer les électrons nécessaires au fonctionnement des appareils électroménagers et bureautiques.

Un écart à l'énergie positive accepté


Toutefois, en fonction du type de bâtiment, de son implantation géographique et du nombre d'étages, un écart à l'énergie positive est accepté. Dans les climats rigoureux, des bâtiments pourront bénéficier du label même si leur consommation non renouvelable est supérieure à la production renouvelable. Pour peaufiner la formulation mathématique  de cette tolérance, Effinergie a testé ses facteurs de modulation sur plus d'une soixantaine de projets.

Ainsi, un projet d'implantation d'un immeuble de logements de 6 étages en Ile de France aura droit de bénéficier du label Bepos si sa consommation non renouvelable dépasse sa production renouvelable de 74 kWh d'énergie primaire par m² et par an (kWhep/m²/an). Il en est de même pour un bâtiment de bureaux de 7 étages, situé à Lyon, qui consommerait 115 kWhep/m²/an non renouvelable de plus qu'il ne produit.

La maison Zen, pour zéro énergie nette, (qui accueille depuis plus de cinq ans le bureau d'études Cythélia), située sur le territoire de la communauté d'agglomération de Chambéry, pourra prétendre à l'appellation Bepos. Le label tolère pour ce bâtiment, du fait de son implantation en climat montagnard, une balance énergétique négative de 20kWep/m² /an. Or, la production d'électrons de sa toiture, recouverte de photovoltaïque couche mince sur les deux versants, équivaut à la consommation de la maison, uniquement alimenté en électricité. En revanche, le même bâtiment installée dans le Vaucluse devrait, pour être estampillée « à énergie positive », afficher une balance positive de 25 kWhep/m².an.

Pour la maison Zen, le label Bepos tolére un écart à l'énergie positive de 20kWhep/m²/an
Pour la maison Zen, le label Bepos tolére un écart à l'énergie positive de 20kWhep/m²/an - © © Cythelia

Du bâtiment au quartier à énergie positive

Le bilan énergétique peut s'appliquer à un bâtiment ou sur l'ensemble du projet visé par le permis de construire ou le permis d'aménager.
Dans le cas d'une maison individuelle, la production de panneaux photovoltaïques installés sur un abri de voiture indépendant sera prise en compte et, pour les projets de plus grande taille, il est possible de raisonner sur plusieurs bâtiments (seule la production issue de panneaux photovoltaïques installés au sol ne sera pas comptabilisée). C'est le cas pour l'immeuble de bureaux Woopa et les immeubles de logements implantés sur la même parcelle à Vaulx-en-Velin en bordure de Lyon. Pour aller vers l'énergie positive, les consommations et les productions des différents bâtiments de l'îlot ont été interconnectées. La chaudière à cogénération installée dans Woopa produit l'eau chaude sanitaire des logements tout en livrant simultanément l'électricité nécessaire aux équipements informatiques des bureaux.

Lire notre article "Woopa sera-t-il le premier immeuble tertiaire réellement à énergie positive?"

Mais, si Sébastien Delmas, en charge des aspects techniques au sein d'Effinergie, souligne « ce cas d'école », il estime que, dans un premier temps, le label Bepos sera destiné aux bâtiments seuls et rarement  aux îlots. « Le permis d'aménager n'est pas, contrairement au permis de construire, accompagné d'une étude thermique. Les maîtres d'ouvrage de projet d'aménagement ne se tourneront donc pas spontanément vers le label », explique-t-il.

Aucune obligation de résultat sur l'énergie grise et la mobilité

Toutefois, le label Bepos ne se résume pas au bilan énergétique. Les maîtres d'ouvrage qui souhaiteront  prétendre au label Bepos devront également respecter les obligations du label « Effinergie+ » qui, concernant la perméabilité à l'air, exige, dans le collectif, que le débit de fuite d'air à travers l'enveloppe du bâtiment, sous 4 pascals, ne dépasse pas 0,8 m3/h/m².

Sur l'énergie grise, quantité d'énergie nécessaire à la fabrication des matériaux, à la construction et à la déconstruction, le label se limite à contraindre le maître d'ouvrage à délivrer une évaluation qu'il pourra réaliser avec le logiciel de son choix. Il ne précise pas de protocole à respecter et aucune exigence de résultat n'est établie.

Concernant la mobilité, le label ne fixe pas non plus d'obligation de résultats. Effinergie apporte actuellement la dernière touche à un outil qui devrait être disponible sur son site dans les prochains jours et permettra d'évaluer la consommation d'énergie liée aux déplacements des occupants d'un bâtiment.

«Nous franchissons déjà un cap important en ajoutant la prise en compte des consommations électrodomestiques aux 5 postes réglementaires habituels, explique Yann Dervyn, directeur d'Effinergie. Nous ne sommes pas prêts pour établir des exigences sur l'énergie grise et la mobilité. En revanche, l'obligation d'évaluation permettra d'engranger des informations pour définir des valeurs cibles».

Autoconsommation et mesures réelles, des sujets volontairement écartés


Pour Effinergie, «ce label n'est qu'une étape sur la voie de la généralisation des Bepos». C'est pourquoi,  l'association n'intègre pas dans le référentiel de son nouveau label les problématiques de stockage et d'autoconsommation, enjeux liés au caractère intermittent des énergies renouvelables. Elle n'exige par ailleurs aucun niveau de performance en exploitation et se contente de contraindre le maître d'ouvrage à prévoir des procédures de commissionnement de manière à suivre la vie des équipements techniques.

Dans le courant de l'année 2014, un label d'Etat devrait être mis en place, inspiré de celui proposé par Effinergie. Dans sa lettre de cadrage, envoyée fin janvier, Jean-Marc Ayrault demande à la ministre du Logement de mettre en place ce label étatique qui conditionnera l'obtention d'avantages fiscaux dans les années à venir et préparera les acteurs du bâtiment à la future réglementation thermique. En attendant, les organismes certificateurs se préparent déjà à intégrer le référentiel d'Effinergie à leur offre et, au printemps, ils commenceront à proposer la labellisation « énergie positive ».

Exemples de projets tertiaires qui pourraient prétendre au label Bepos

La tour Elithis à Dijon.
Lire notre article "Retour d'expérience : la tour Elithis est-elle vraiment un « bâtiment à énergie positive » ?"

Le Green Office à Meudon.
Lire notre article "Green Office de Bouygues : un an d'exploitation..."

Woopa à Vaulx-en-Velin.
Lire notre article "Woopa sera-t-il le premier immeuble tertiaire réellement à énergie positive ?"

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