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EuropaCity allume un feu d’artifice urbain
L'architecte danois Bjarke Ingels a ouvert le show architectural d'EuropaCity, le 4 avril à Paris. - © © Laurent Miguet

EuropaCity allume un feu d’artifice urbain

Laurent miguet |  le 06/04/2018  |  PaysageArchitectureAménagement

Les péripéties administratives de la Zone d’aménagement concerté du Triangle de Gonesse ne refroidissent pas les architectes d’Europacity. Ils l’ont prouvé le soir du 4 avril dans le cadre branché et post-industriel du 104, dans le XIXe arrondissement de Paris.

L’opération séduction d’Europacity en direction des architectes a bénéficié d’un contexte favorable souligné d’emblée par le journaliste modérateur de la soirée du 4 avril : avant de présenter les lauréats du plus grand concours d’architecture privée jamais monté en France, Jean-Philippe Hugron, rédacteur en chef du Courrier de l’architecte, n’a pas manqué de souligner qu’au même moment, le parlement délibérait « d’un dévoiement de la loi sur la maîtrise d’ouvrage publique qui menace d’exclure le logement social des concours d’architecture ».

Passerelle Roissy Sarcelles

Ouverte, paysagère et technologique : ces trois qualités prêtées à la ville dessinée par Bjarke Ingels (agence Big) ont inspiré les trois tables rondes, sur un mode souvent lyrique. La maîtrise d’ouvrage a donné le ton dès son entrée en scène : président d’Immochan, principal actionnaire d’Alliage & Territoire, maître d’ouvrage du plus grand investissement de l’histoire du groupe Auchan (3,1 milliards d’euros), Vianney Mulliez a vanté « l’intelligence collective » d’un projet « 1000 en 1 ». Il en résume l’objectif : « Faire société dans un monde où les liens se digitalisent ; se connecter vraiment aux autres et à la nature ». En écho, Benoît Chang, directeur général d’Alliage & Territoire, a clôt la soirée par ce raccourci : « Sarcelles et Roissy présentent deux visages qui ne se rencontrent jamais, au sein d’une même ville monde. Nous allons construire une passerelle entre les deux ».

Paysages ondulatoires

Inscrits dans la culture de la ville européenne, les « paysages ondulatoires » décrits par Bjarke Ingels ont bénéficié de l’iconographie invitant au rêve, produite par les huit lauréats, au service d’une démonstration de cohérence dans la diversité : de la porte principale du site, dessinée par l’auteur du schéma directeur, à la salle de spectacles d’Isabel Herault, le fondu enchaîné en apporte une illustration. L’architecte de cet équipement y ajoute la modularité, avec une jauge comprise entre 700 et 7000 places, et la diversité d’usages complémentaires : un musée de la machinerie scénique coiffe la salle, à côté d’une pergola sonore qui met le paysage en scène.

Retour des oiseaux

Plus encore que l’architecture, le paysage a servi de fil conducteur à la soirée : « Associés à Big depuis 2010, nous avons accompagné l’évolution du projet, depuis son parti architectural initial, jusqu’à sa finalisation actuelle comme parc urbain contemporain. Cela nous amène à nous projeter non seulement dans les 20 hectares d’espaces verts, mais aussi dans 80 hectares du projet et dans les 400 hectares de la zone », s’enthousiasme Clément Willemin, cofondateur de l’agence de paysage Base. Le retour espéré des insectes et des oiseaux, écartés par la monoculture intensive, couronnerait ses efforts, autour du lac central aussi découpé que possible, pour diversifier les ambiances.

Circuit court

Plusieurs architectes saisissent la perche tendue par le paysagiste, qui a missionné l’entreprise nantaise La Florentaise pour expérimenter des substrats légers susceptibles de réduire de moitié le poids des toitures végétalisées, en remplaçant le traditionnel polystyrène par un mélange contenant du verre soufflé. Après avoir découvert le passé horticole de Gonesse, Valeria Sanchez Rodriguez a cherché à le réinterpréter en toiture de l’hôtel cinq étoiles : « De fil en aiguille par des amis d’amis d’amis, j’ai pu associer l’horticulteur angevin Romain Pipart, qui plantera les roses, les camélias et quelques pivoines », raconte l’architecte. Elle a calculé que 65 % des fleurs consommées par l’hôtel de luxe proviendrait de la toiture. Les circuits courts alimentent également les études de Franklin Azzi pour le « bâtiment parcours » de l’hôtel trois et quatre étoiles aux formes obliques conçues avec l’acousticien Jean-Paul Lamoureux : « Les phosphates des urines nourriront les fleurs »…

Rendez-vous des opposants

Le feu d’artifice architectural et paysager d’une heure et-demi laisse un sentiment d’irréalité, un mois après la décision du tribunal administratif de Cergy-Pontoise qui annule la création de la Zone d’aménagement concerté du Triangle de Gonesse : « Un atermoiement procédural », a commenté Damien Robert, directeur général délégué de Grand Paris Aménagement. Le prochain show annoncé autour d’EuropaCity rappellera les embûches qui restent à franchir au maître d’ouvrage : la « fête des terres de Gonesse » réunira les opposants le 27 mai autour d’un pique-nique musical de promotion du contre-projet Carma.

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