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« Être compétents sur le plan strictement technique n’est plus suffisant », Jean-Claude Guillot, président de la Fédération française des entreprises de génie électrique et énergétique (FFIE)
Jean-Claude Guillot a été élu pour un deuxième mandat de trois ans à la présidence de la Fédération française des entreprises de génie électrique et énergétique - © Rodolphe Escher/LE MONITEUR Rodolphe Escher/LE MONITEUR

« Être compétents sur le plan strictement technique n’est plus suffisant », Jean-Claude Guillot, président de la Fédération française des entreprises de génie électrique et énergétique (FFIE)

Florent Lacas |  le 28/06/2012  |  Collectivités localesFormation BTPNormesImmobilierRéglementation

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Alors que la Fédération française des entreprises de génie électrique et énergétique a tenu son assemblée générale le 6 juin, Jean-Claude Guillot, son président, réélu pour un mandat de trois ans, conseille aux électriciens d’optimiser leur gestion financière en période de crise. Et revient sur le dossier sensible de la révision de la norme NF C 15-100.

CONJONCTURE

Comment se portent les électriciens actuellement ?

La situation financière de certaines de nos entreprises est très tendue. Les prix sur les marchés sont bas. Plutôt que de s’en plaindre, nous devons en profiter pour adopter des outils de gestion d’entreprise plus pointus. Ils nous permettraient d’avoir à la fois une meilleure productivité, une politique de formation adéquate, et un meilleur service envers nos clients. Notre assemblée générale a d’ailleurs été l’occasion de discuter sur ces sujets. Nos entreprises doivent être mieux armées pendant ces mois et années difficiles.

Sur quels points, en particulier, les entreprises d’électricité pourraient progresser ?

Nous gagnerions beaucoup à mieux connaître les aspects juridiques, fiscaux et sociaux liés à notre activité, mieux gérer les contrats, par exemple pour nous défendre contre la réduction des délais de paiement impulsée par la loi de modernisation de l’économie. Par ailleurs, dans le cadre d’un bon pilotage économique de l’entreprise, il faudrait se fixer des objectifs de performance afin de retrouver des marges de manœuvre financières. Être compétent sur le plan strictement technique n’est plus suffisant.

Comment se tiendra le marché en 2012 ?

Nous serons bien heureux si l’activité reste stable sur 2012. Elle n’est plus tirée par le dynamisme du résidentiel dans les grandes villes, comme c’était encore le cas il y a quelques mois. La construction neuve est en chute libre au premier semestre : si cela continue ainsi au second, le début de 2013 en sera fortement impacté. Nous espérons toutefois que la construction de logements sociaux, qui est l’une des volontés du nouveau gouvernement, constituera un relais de croissance. Mais il faudra un certain temps pour que cela se mette en place. Idem pour la commande publique, on connaît la situation des collectivités locales…

GRENELLE

La plupart des corps de métiers du bâtiment ressentent un ralentissement des marchés liés au Grenelle. Est-ce votre cas ?

Le Grenelle est une révolution de fond. Son démarrage est forcément lent. Idem pour son évolution, tributaire des financements disponibles et des prix de l’énergie. La seule chose sûre aujourd’hui, c’est que les objectifs ne seront pas atteints. Bien sûr, certains électriciens profitent de niches de travaux d’économies d’énergie, dans l’industrie, les grandes surfaces, mais cela reste marginal. C’est dommage, car nos entreprises sont formées à l’efficacité énergétique : nous pouvons faire économiser entre 25 et 30% d’énergie sans toucher au bâti avec amortissement sur 3 à 5 ans. Cela vient compléter utilement les travaux réalisés sur l’enveloppe notamment.

Vos entreprises sont-elles prêtes à intervenir sur le marché des infrastructures de recharge des véhicules électriques ?

Tout à fait, nous avons d’ailleurs signé, en mars dernier, un partenariat avec le Conseil national des professions de l’automobile visant à mieux informer les acheteurs de véhicules électriques sur la sécurisation de leurs infrastructures de recharge. Ces interventions rentrent tout à fait dans le travail quotidien d’une entreprise d’électricité.

Êtes-vous bien installés sur le marché de la maintenance ?

Sur le front de la maintenance, un nouveau type de concurrence fait surface. Il s’agit de travaux captifs et répétitifs chez des milliers, voire des millions de clients. Ces marchés sont, la plupart du temps, délégués par de gros donneurs d’ordres à des entreprises de services, qui n’ont rien de commun avec nos entreprises d’électricité. Elles recourent à de la main-d'œuvre formée rapidement pour des taches assez basiques et disposent de moyens importants, en particulier sur le plan informatique, pour gérer de vastes bases de données clients. Les entreprises d’électricité qui désirent s’implanter sur ces marchés devront adopter une nouvelle culture d’entreprise.

De quelle manière votre Fédération compte-t-elle accompagner les entreprises sur cette voie-là ?

Nous avons les informations nécessaires pour les aider. Mais je suis convaincu que la manière de les transmettre est très importante. Il faut donner la bonne indication au bon moment, afin qu’elle soit connue et reconnue  par le chef d’entreprise dans une époque où l’on croule justement sous le nombre d’informations. Pour conclure, et plus largement, je crois que les difficultés actuelles mettent en lumière l’évolution des demandes des entreprises. Les entrepreneurs ne vivent pas le syndicalisme comme il y a encore 5 à 10 ans. Les Fédérations professionnelles doivent suivre cette évolution, savoir se remettre en question.

 NORMALISATION

 La norme NF C 15-100 sera révisée dans les dix ans à venir. Quel est le positionnement de la FFIE sur ce dossier sensible ?

Nous sommes parties prenantes de cette réforme. Mais nous resterons très attentifs à ce que la C 15-100 ne perde pas son esprit : elle est avant tout une norme d’installation qui s’adresse à des installateurs. Qu’elle le reste sera une garantie de son bon fonctionnement.  Nous devons rappeler qu’il ne s’agit pas d’une norme « produits » et faire prévaloir, au final, l’intérêt du client. Car que cherche-t-on dans une norme ? Trois choses : garantir la sécurité des biens et des personnes, trouver la bonne adéquation entre installations et usages associés et garantir le bon fonctionnement de ces installations.

Cette refonte arrive dans un climat de tensions entre l’Afnor et l’organe normalisateur de votre profession, l’Union technique de l’électricité (UTE)…

Les relations entre l’Afnor et l’UTE sont effectivement délicates en ce moment. Je crois que depuis plus de 100 ans, l’UTE a montré toute son efficacité et a participé activement à l’essor d’une filière électrique française que de nombreux pays nous envient. Il serait regrettable que par idéologie, on casse un si bel outil. Et nous serions les premiers à en pâtir.

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