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Etat des ouvrages d’art : pas de danger à l’horizon selon le gouvernement
Elisabeth Borne, ministre des Transports. - © Gouvernement.fr

Etat des ouvrages d’art : pas de danger à l’horizon selon le gouvernement

Jessica Ibelaïdene |  le 23/08/2018  |  TransportsInfrastructuresOuvrage d'artAutoroutesGouvernement

Lors du premier conseil des ministres de la rentrée, le gouvernement a tenu à rassurer sur l’état des ouvrages d’art, et plus particulièrement des ponts, en France. La ministre des Transports, Elisabeth Borne, a présenté une communication relative à la sécurité de ces infrastructures, sur laquelle est revenue ensuite le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux. S’il n’y a « pas de situation d’urgence » selon lui, il a reconnu toutefois qu’il valait mieux ne plus tarder à agir pour enrayer la dégradation du réseau.

L'heure de la rentrée a sonné pour le gouvernement le 22 août. Et c'est sans attendre plus longtemps que la ministre des Transports, Elisabeth Borne, a souhaité faire une mise au point sur la sécurité des ouvrages d'art. Le mot d'ordre : pas d'inquiétude, la prise de conscience est là. Et de tenter de rassurer en affirmant le gouvernement n'a pas attendu les recommandations d'un audit externe sur l'état du réseau routier national non concédé (RRNNC) pour donner la priorité à l'entretien du réseau.

Cette communication intervient un peu plus d'une semaine après l'effondrement du viaduc de Gênes et la polémique qui tente d'enfler autour de l’état du réseau routier hexagonal. De nombreux commentaires ont été lus et entendus à ce propos, appuyés par les résultats de l’audit externe. Commandé par le gouvernement à l’été 2017, il avait pour but de l’éclairer précisément, et rapidement après son arrivée au pouvoir, sur la situation du réseau national non concédé et sur les solutions possibles pour enrayer la spirale de dégradation.

"Zéro risque pour les usagers"

Alors oui, « l’audit met en évidence un retard accumulé d’entretien au cours des années passées, avec des ressources irrégulières et inférieures au besoin », reconnaît le ministère des Transports. En revanche, il rejette l’idée selon laquelle les usagers seraient en danger en empruntant certains ponts.

« Un tiers des ponts nécessite des travaux de rénovation, pour 7% ces travaux devront intervenir rapidement. Dans tous les cas, le principe appliqué est celui du zéro risque pour les utilisateurs, insiste-t-il. Tous les ouvrages font l’objet d’au moins une inspection détaillée chaque année et d’un audit complet tous les trois ans. Si des défauts sont détectés, des restrictions (de vitesse, de poids…) sont alors mises en place. »

Eviter que la situation ne se dégrade

A l’issue du conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux s’est voulu catégorique : « Il n’y aucune situation d’urgence ». Selon lui, 7% des ponts nécessitent « de légers travaux, ce qui ne veut pas dire pour autant qu’ils présentent le moindre caractère de dangerosité ». Ce qui n’est cependant pas tout à fait exact. Car ces fameux 7% sont classés en catégorie 3 voire 3U selon la classification IQOA (pour Image de la qualité des ouvrages d’art). C’est-à-dire que leur structure est altérée, voire gravement altérée. Le risque de rupture existe, mais il n’est pas immédiat, plutôt à moyen terme.

Cependant, Benjamin Griveaux a reconnu que « nous avons intérêt à avoir ces réparations maintenant si on ne veut pas que la situation se dégrade », précisant que « la situation française ne peut en aucun cas être comparée à la situation italienne ». Il confirme par ailleurs « une hausse progressive des dépenses d’entretien » du réseau routier national non concédé dans les années à venir. Et il avance quelques chiffres.

Des arbitrages toujours en cours

Si l’on en croit le porte-parole du gouvernement, le budget dédié au RRNNC passera de 800 millions d'euros actuellement à 850 millions en 2020-2022, puis « à 930 millions d’euros à partir de 2023, ce qui permet d’enrayer la dégradation de l’état des routes les plus empruntées du pays ». Des déclarations à prendre avec prudence, car ces chiffres restent assez éloignés de ceux avancés par la ministre des Transports devant le Parlement en mai – un milliard d’euros dès 2019 -, et des préconisations de l’audit et du Conseil d'orientation des infrastructures (COI), qui recommandent plutôt de porter le budget rapidement au milliard d’euros, sans quoi il sera impossible d’enrayer la spirale de dégradation actuelle.

Plus qu’une enveloppe définitive, Benjamin Griveaux aurait plutôt avancé une tendance, nuance le ministère des Transports, que « Le Moniteur » a contacté. Il y aura bien une augmentation des crédits dans les années à venir « dans la continuité de la première hausse de 100 millions d'euros dans le budget 2018 », mais les arbitrages sont toujours en cours « sur l’ensemble des chiffres de la programmation afin d’avoir une vision complète », nous indique-t-on. « Toutes les enveloppes précises et leurs affectations seront présentées dans le cadre du projet de loi et de son volet programmation », tient-on par ailleurs à nous préciser. Il faut donc s’armer encore un peu de patience avant d’avoir des certitudes.

Quid des 990 000 km restants

 

Dans sa communication en conseil des ministres, le ministère des Transports a tenu à s’exprimer également sur le réseau concédé ainsi que sur les routes départementales et communales.

A propos des autoroutes concédées, l’Etat s’assure que « l’ensemble des concessionnaires autoroutiers appliquent exactement les mêmes normes de sécurité que sur les routes non-concédées. Les contrats de concession prévoient des pénalités financières importantes en cas de non-respect des prescriptions de ces contrats, et l’Etat mène tous les deux ans un audit détaillé des pratique de chaque concessionnaire », rappelle-t-il.

Les routes départementales et communales sont gérées directement par les collectivités locales. Mais contrairement au réseau national, les informations concernant ce patrimoine sont peu nombreuses, si bien qu’il est difficile d’en connaître précisément l’état. L’Observatoire national de la route piloté par l’Idrrim, dont la deuxième vague de résultats sera dévoilée en novembre, tente d’y remédier. Et le 22 août, le gouvernement a invité les gestionnaires concernés « à achever au plus vite la mise en commun des données relatives aux principaux ouvrages d’art ». Le tout, dans un souci « de transparence sur l’état des infrastructures ».

 

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