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Et si les tunneliers consommaient ce qu’ils extraient ?

Gilles Rambaud |  le 06/03/2015  |  IngénierieMatériel de chantier

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Ingénierie
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Le projet européen Dragon étudie la possibilité d’utiliser les matériaux d’extraction. Des pistes prometteuses se profilent.

Confortement de la paroi, étanchéité, coulage du radier : autant d’apport en matériaux qui font d’un tunnel un ouvrage gourmand en ressources. En moyenne ces chantiers réclament un apport équivalent à 30 % du tonnage extrait. Les chiffres montent vite, à l’image du projet du Grand Paris : 200 km de tunnels à percer, ce qui représente quelque 100 millions de tonnes de déblais, auxquels s’ajoutent 30 millions de tonnes d’apports. Pourquoi ne pas déduire l’un de l’autre en utilisant le matériau extrait pour fabriquer des produits de construction ? C’est l’idée du projet Dragon, lancé par l’Union européenne, qui doit, en octobre 2015, proposer des solutions techniques adaptables sur un tunnelier. « Nous identifions ce qu’il est possible de faire à court terme, puis à long terme. Nous allons d’abord proposer des solutions pour les tunneliers à pression de terre. Pour les machines à pression de boue, nous verrons plus tard », prévient Jacques Burdin, ingénieur-conseil, partie prenante du projet. Le problème est qu’un tunnel traverse des couches géologiques de natures différentes, parfois propres à la consommation, parfois non. Il faut donc analyser la composition du terrain au fur et à mesure de l’avancement. « Nous préconisons deux analyses : l’une mécanique, l’autre chimique. » Des capteurs placés au niveau des molettes de la tête de coupe apportent des renseignements sur la dureté de la roche. Une mesure de la granulométrie informe sur la nature des déblais, et une analyse aux rayons X sur leur composition chimique. Pas question d’envoyer des prélèvements dans un laboratoire et d’attendre les résultats : tout doit se faire à l’intérieur de la machine, de manière continue et automatique. « C’est faisable », pense Jacques Burdin qui évoque un prototype déjà à l’essai. Si le matériau est conforme aux attentes, alors il sera transformé en béton de projection, en mortier de bourrage ou en graves-ciment destinés à former la couche de base du radier. « Pas question de sortir le matériau, de le stocker, puis de le renvoyer. La transformation doit se faire à l’intérieur même du tunnelier », prévient Jacques Burdin. Le train suiveur se verra donc doté d’un crible, d’une centrale à béton et (ou) d’une centrale à graves. Science-fiction ? « Pas du tout ! Je dirais même que cette démarche est inéluctable. »

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PHOTO - 831130.BR.jpg - © Herrenknecht

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