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«Essaimer des idées, des techniques et des regards sur ce lieu, pour y contempler le monde», par Laure Planchais, paysagiste
Laure Planchais, paysagiste - © © Eric Burie

«Essaimer des idées, des techniques et des regards sur ce lieu, pour y contempler le monde», par Laure Planchais, paysagiste

Service architecture et urbanisme |  le 21/10/2013  |  Côtes d'ArmorAménagementEnvironnementEtatHérault

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A l’occasion de la remise du Grand prix national du paysage, décerné par le ministère de l’Ecologie au parc de Langueux (Côtes-d’Armor) le 18 octobre dernier, sa paysagiste, Laure Planchais, a prononcé un discours que Le Moniteur publie ici dans son intégralité.

Je souhaiterais commencer par une confidence. J’ai baigné dans la botanique depuis mon enfance et j’ai fait mes premiers pas dans le plus ancien Jardin des plantes de France, à Montpellier. Et plus tard, j’ai commencé mon parcours professionnel alors que la loi paysage fêtait sa première année d’existence. Vous comprendrez donc que mon émotion est d’autant plus grande d’être ici, aujourd’hui, au Muséum imprégné de ces « histoires que l’on dit naturelles ». De ces histoires qui ont forgé la culture des hommes et contribué à façonner nos paysages.

Coéquipier et conseils

Je souhaiterai tout d’abord vous remercier, Michel Lesage, vos adjoints et l’équipe des techniciens de la commune de Langueux. Vous qui vous êtes relayés depuis 2002 lorsque nous nous sommes rencontrés pour la première fois. Je souhaite aussi remercier mes coéquipiers et conseils qui ont accompagné le projet : Agnès Sourisseau et Alice Mahin, paysagistes ; Benoît Robert, architecte ; Yves Adrien, concepteur lumière ; Christophe Lemenn du bureau d’études Safege. Mais aussi les entreprises qui ont mis en œuvre nos dessins : Hélary, Sparfel et Hydrogreen. Et enfin le CAUE des Côtes-d’Armor et son directeur, Henri Lepesc, qui a accompagné votre commune pour initier ce projet.

S’ouvrir au monde

Lorsque je l’ai découvert, le site du Grand Pré était devenu un vaste champ de maïs qui masquait la vue sur le paysage maritime de la baie de Saint-Brieuc. Le ruisseau qui le traversait était devenu un cloaque. Et, le bourg de Langueux passait progressivement de la campagne à la ville. Lors de la conception puis de la construction du parc, J’ai vite compris que ce projet était prétexte à de multiples questionnements : perfectionner nos connaissances botaniques, partager nos points de vue sur l’urbanisme, comparer nos techniques et, plus globalement s’ouvrir sur le monde.

Terreau fertile

J’ai été frappée par la soif d’apprendre, de comprendre et de s’émerveiller de toute votre équipe. Une relation fraternelle s’est tissée entre nous. Elle perdure aujourd’hui, bien au-delà des six années écoulées depuis l’inauguration du parc. Je mesure à quel point je bénéficiais à travers vous tous d’un terreau fertile propice à la poésie pour m’aider à ré-enchanter ce lieu. Et je repense à ces moments exceptionnels qui ont jalonné ce projet et qui ont contribué à ce que nous soyons ici aujourd’hui.

Refuge à papillons

Je repense à Yvette Doré, Anne-Marie Le Mahout et Jean Audrain redécouvrant la vue sur la mer et sur le rocher du Verdelet dans le grand paysage ; au nouveau murmure du ruisseau cher à votre oreille Michel Lesage ; aux ciels bretons tempétueux dans la perspective de la grande allée ; à notre émerveillement de voir pousser les semis de graines d’arbres, à les compter et à en mesurer la croissance chaque année en début d’été avec Anne-Marie, Jean, Roland Urvoit, Patrick Bellebon puis Patrice Milon ; à l’explosion de floraison de marguerites après plusieurs années d’attente ; à Gilles Allano, le meilleur crêpier de Langueux (et peut-être des Côtes-d’Armor) qui a milité pour la labellisation du parc en refuge à papillons par l’association Vivarmor Nature.

Lamas et canetons

J’aime la légende qui circule sur les pieux de bouchot qui auraient été mis dans le parc en prévision de la montée du niveau de la mer avec le réchauffement climatique! Je soupçonne Didier Griveaux et Jean-Luc Loichon d’en être les instigateurs mais mon enquête n’est pas terminée… Je pense aussi aux lamas des cirques broutant l’herbe un matin brumeux ; au lièvre installé dès le début dans les parcelles de semis d’arbres ; à la première couvée de canetons en goguette sur le bassin ; à la ligne de jonquilles initiée par Patrice immortalisée par mes étudiants urbanistes. Et aux nombreux messages de sympathie que nous avons reçus de visiteurs inconnus après leur découverte fortuite du parc. Jusqu’à ce blogueur « Ch’ti » qui rêve d’avoir le même parc dans le Nord ! Qu’à cela ne tienne, je suis prête!

Mauvaises herbes

Enfin, je repense à ce dimanche du printemps dernier où sur votre invitation, Michel Lesage, je suis revenue à Langueux. Il s’agissait de présenter l’écologie du parc aux promeneurs curieux d’en comprendre les mystères. Vous vous étiez assis là, parmi eux sur les gradins de l’amphithéâtre de plein air. A un visiteur qui m’interrogeait sur la présence d’ajoncs perçus comme des « mauvaises herbes », j’expliquais à l’assemblée comment cette plante à l’allure hirsute et à la faible durée de vie prépare un sol plus riche pour les espèces dites « nobles » qui viendront s’installer par la suite. Vous étiez tous visiblement émus par cette anecdote botanique qui renvoie curieusement à certaines destinées humaines.

Essaimer des idées

Comme au siècle des Lumières où, pour les savants de l’époque, la frontière entre la compréhension du règne végétal et celle du règne animal n’était pas si hermétique. Je mesure encore aujourd’hui l’intérêt et la qualité de nos échanges ; de ce qu’ils continuent à produire dans le parc et ailleurs dans nos parcours respectifs. Ce projet de parc était en quelque sorte une graine qui a su germer, pousser et essaimer des idées, des techniques, des usages et d’autres regards sur ce lieu pour y contempler le monde.


Alors au nom de tous ceux qui ont participé à ce projet, je remercie le ministère de l’avoir distingué.

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