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ESITC Des «ingénieurs terrain» très demandés

EMMANUELLE N'HAUX |  le 07/03/2003  |  CalvadosApprentissage BTPVal-de-MarneMoselleFormation BTP

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Les écoles supérieures d'ingénieurs des travaux de la construction (Esitc) de Caen, Cachan et Metz fêtent leurs 10 ans. Elles forment, en cinq ans, des ingénieurs travaux pour le secteur du BTP. Bilan et perspective d'une formation particulièrement appréciée des entreprises.

Jeunes et déjà célèbres ! En dix ans, les trois écoles supérieures d'ingénieurs des travaux de la construction (Esitc) de Caen, Cachan et Metz sont devenues des écoles « incontournables ». Elles sortent, chaque année, plus d'une centaine de jeunes diplômés (voir encadrés) très prisés par les entreprises du BTP à la recherche d'ingénieurs travaux.

Ce succès s'explique par une forte implication des organisations professionnelles dans la création et la vie des trois établissements. Au début des années 1990, alors que la France ne forme pas assez d'ingénieurs, apparaît une nouvelle catégorie d'écoles d'ingénieurs dites NFI (nouvelles formations d'ingénieurs). « La profession s'est tournée vers Serge Eyrolles, directeur de l'ESTP, pour réfléchir à l'opportunité de créer une NFI pour le secteur du BTP », explique Hervé Fombaron, directeur de l'Esitc de Cachan. Face aux contraintes imposées par le cahier des charges des NFI (alternance, priorité à la formation continue...), le projet initial est abandonné. L'ESTP propose alors un cursus en cinq ans avec un recrutement après le baccalauréat. « La profession a demandé que ces futurs ingénieurs soient formés pour la filière de production. Elle a également proposé un recrutement plus large : post bac pour les étudiants entrant en 1re année et post bac + 2 pour ceux intégrant l'école directement en 3e année », précise Hervé Fombaron. Le dossier reçoit un avis favorable de la commission des titres d'ingénieurs. Les écoles de Cachan et Metz ouvrent leurs portes à la rentrée 1992.

Un an plus tard, un troisième établissement est implanté à Caen. Rattachées à l'ESTP, les écoles deviennent autonomes en 1996 et changent de nom : les ESTP de Caen, Cachan et Metz deviennent Esitc. « L'autonomie a été un élément perturbateur au départ, souligne Hélène Grimault-Duc, directrice de l'Esitc de Caen. C'est un plus aujourd'hui, car chaque établissement a la possibilité de proposer des variantes en terme d'options, de pédagogie. »

Des jeunes motivés par le BTP

Le mode de recrutement à bac, souvent décrié par rapport à une intégration après deux ans de classes préparatoires, constitue l'un des points forts des écoles. La sélection des bacheliers, essentiellement issus des filières scientifiques, se fait sur dossier et entretien de motivation. « L'entretien nous sert à valider la motivation du jeune, vérifier s'il a le caractère pour exercer la fonction d'ingénieur travaux », illustre Marcel Poinsignon, directeur de l'Esitc de Metz. Il permet également d'expliquer la réalité du secteur et de parler de leurs futurs métiers. « A l'issue de l'entretien, un jeune qui décide d'entrer à l'école le fait en connaissance de cause », insiste Hervé Fombaron.

Un sentiment partagé par Jocelyne Hanan, responsable du recrutement d'Eiffage Construction : « Ils sont nés avec des bottes ! Le BTP et la filière travaux ne s'imposent pas à eux. C'est un choix que ces jeunes font en entrant à l'école et qu'ils confirment tout au long de leurs études, au travers des cours et des nombreux stages. » Au niveau des cours, les matières liées au génie civil démarrent dès la première année jusqu'au choix d'une spécialisation en dernière année. Nombre de ces enseignements sont dispensés par des professionnels.

Une insertion dans la filière travaux

Les périodes de stages en entreprise sont échelonnées tout au long de la scolarité : stage ouvrier d'un mois, trois à quatre mois de stage en conduite de travaux, de deux mois à l'étranger, un projet de fin d'étude (PFE)... Si les écoles de Cachan et de Metz proposent quatre stages, celle de Caen en affiche cinq obligatoires et un facultatif. « Nous avons rajouté un stage obligatoire de deux mois en bureau d'études pour que nos étudiants découvrent autre chose que les travaux. Cette expérience leur permettra de mieux dialoguer avec les services études et méthodes quand ils exerceront la fonction de conducteur de travaux », motive Hélène Grimault-Duc.

Au regard de l'insertion des jeunes diplômés, le pari semble gagné. Sur les 400 jeunes diplômés de Cachan, exceptés deux jeunes partis dans l'informatique, tous travaillent dans la filière construction. Les deux autres écoles n'échappent pas à ce constat. A l'embauche, 60 à 75 % d'entre eux démarrent comme conducteur de travaux en bâtiment ou en travaux publics. Ces jeunes diplômés connaissent des évolutions de carrières comparables aux autres ingénieurs. Les premiers diplômés occupent aujourd'hui des postes de conducteur principal, de chef d'agence, de responsable d'exploitation. Ils sont également de plus en plus nombreux, jeunes ou expérimentés, à être happés par la maîtrise d'ouvrage.

PHOTO : Campus de L'Esitc de Cachan créé en 1992

«Continuer à former des ingénieurs terrain» Hervé Fombaron, directeur de l'Esitc de Cachan

En dix ans, quelles ont été les principales évolutions de votre école ?

L'introduction d'un projet de recherche de six mois en 4e année a été un tournant important pour l'école. Ce projet peut être mené dans les laboratoires de l'école, en entreprise ou dans des centres techniques. L'Esitc de Cachan a également vécu une ouverture vers l'international. Les étudiants peuvent passer un semestre de la 4e année ou leur 5e année dans une université étrangère. Enfin, Cachan a introduit comme enseignement obligatoire, au sein du cours de français, une représentation théâtrale en 4e année. Une bonne façon pour de futurs ingénieurs « d'oser paraître ».

Qu'est-ce qui distingue un ingénieur Esitc d'un autre ingénieur ?

Nous formons des jeunes au génie civil pendant cinq ans alors que dans d'autres écoles d'ingénieurs, plus généralistes, les enseignements spécialisés ne sont dispensés que sur deux ou trois ans. A l'Esitc, les étudiants sont baignés dans leur futur environnement professionnel pendant toute leur scolarité.

Quels sont les projets de l'école pour l'avenir ?

Notre souhait est de continuer à former des ingénieurs qui iront travailler dans le BTP et dans la filière production. Nous continuerons à ouvrir notre enseignement à des domaines émergents appliqués au secteur, comme le développement durable.

Avec l'Esitc de Metz, nous avons en projet un double diplôme franco-allemand. Cette formation, en trois ans, devrait se faire avec l'université de Kaiserslautern.

Enfin, nous souhaitons impliquer davantage les PME dans la vie de l'école, afin que nos jeunes diplômés perçoivent mieux la réalité économique du secteur et saisissent les opportunités en matière de création ou de reprise d'entreprises.

ESITC CACHAN

Création : 1992

Nombre total de jeunes diplômés : 397

Nombre d'étudiants en formation : 210 dont 44 en 5e année

Salaire moyen à l'embauche (2002) : 30 500 euros

GRAPHIQUES

- Insertion par secteur d'activité (promotions 2000, 2001, 2002) :

- Insertion par fonction

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«Nous misons sur une croissance des effectifs» Hélène Grimault-Duc, directrice de l'Esitc de Caen

En dix ans, quelles ont été les principales évolutions de votre école ?

L'avantage d'une petite structure réside dans sa faculté à saisir les opportunités pour évoluer. Cela vaut pour la formation scientifique et technique, mais aussi pour les enseignements généraux. Dès 1996, nous avons monté un partenariat avec l'IAE de Caen pour permettre à nos étudiants d'obtenir un double diplôme. Un tiers des étudiants obtiennent le certificat d'aptitude à l'administration des entreprises de l'IAE. Plus récemment, la reconnaissance de l'école par l'Etat a été un moment fort. Cela a permis d'améliorer l'image du secteur vis-à-vis du grand public et pour nos étudiants d'accéder aux bourses de l'enseignement supérieur. Enfin, depuis l'an dernier, nous avons mis en place un cursus par apprentissage. Huit étudiants de 3e et 4e année alternent cours et périodes en entreprise.

Qu'est-ce qui distingue un ingénieur Esitc d'un autre ingénieur ?

Le positionnement BTP. Nos étudiants font le choix du secteur dès l'âge de 18 ans et confirment cette orientation pendant cinq ans. Diplômés, ces ingénieurs sont directement opérationnels.

Quels sont les projets de l'école pour l'avenir ?

Au niveau de l'apprentissage, nous espérons une montée en puissance des effectifs : 24 apprentis dès la rentrée 2003 et 60 apprentis dans les trois ans. Plus globalement, nous misons sur une croissance des effectifs entrant à l'école. Nous allons donner la possibilité à des étudiants, après deux ans de classes préparatoires, d'intégrer l'école sur concours directement en 3e année. Nous envisageons, en partenariat avec l'ENSI de Caen, la mise en place d'un 1er cycle bilingue pour accueillir des étudiants étrangers ainsi que la création d'une section à destination des sportifs de hauts niveaux.

ESITC CAEN Création : 1993

Nombre total de jeunes diplômés : 260

Nombre d'étudiants en formation : 187 dont 43 en 5e année

Salaire moyen brut à l'embauche (2002) : 30 000 euros

GRAPHIQUES :

- Insertion par secteur d'activité (promotions 1999, 2000 et 2001) :

- Insertion par fonction

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«L'Esitc doit rester l'école des entreprises» Marcel Poinsignon, directeur de l'Esitc de Metz

En dix ans, quelles ont été les principales évolutions de votre école ?

Nous avons suivi l'évolution même du métier d'ingénieur travaux qui est passé d'un technicien à un gestionnaire. Notre cursus a évolué en ce sens avec l'introduction d'enseignements de gestion, de comptabilité, d'expression tout en développant une pédagogie par le projet. Nous avons également mis en place un projet de recherche ou un projet de création d'entreprise, en partenariat avec une pépinière d'entreprises.

Qu'est-ce qui distingue un ingénieur Esitc d'un autre ingénieur ?

La culture du BTP. Une culture fortement imprégnée par le nombre de professionnels intervenant à l'école. Plus de 65 % des enseignants sont d'abord des professionnels travaillant en entreprise, en bureau d'études, en maîtrise d'oeuvre... La profession est bien implantée à l'école au travers de rencontres, de forums ou de notre conseil d'administration.

Quels sont les projets de l'école pour l'avenir ?

Il faudra passer de l'ingénieur gestionnaire au manager. Sans se couper du métier de base pour lequel nous formons les ingénieurs, nous devrons leur apporter davantage de commercial et de management. Notre ambition est de rester l'école des entreprises. Nous espérons élargir nos contacts avec les PME. A l'avenir, ces entreprises vont devoir acquérir une culture de l'ingénieur et nos jeunes diplômés devront mieux saisir les opportunités qu'elles peuvent offrir. De même, l'école devra nouer des liens avec d'autres acteurs de la filière construction comme les fournisseurs de matériaux.

ESITC METZ Création : 1992

Nombre total de jeunes diplômés : 390

Nombre d'étudiants en formation : 195 dont 42 en 5e année

Salaire moyen brut à l'embauche (2002) : 31 000 euros

GRAPHIQUES

- Insertion par secteur d'activité (promotions 2000, 2001 et 2002) :

- Insertion par fonction

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Xavier Debreux DRH de Sogea Nord-Ouest

« Cette école forme des hommes de terrain. Lorsque je reçois ces jeunes ingénieurs en entretien, je sens qu'il y a une bonne adéquation entre nos besoins et leurs envies. En terme de formation, l'école répond bien aux exigences de la fonction de conducteurs de travaux. La diversité des enseignements les prépare bien aux aspects techniques de leur métier mais aussi à l'organisation de chantier, à la gestion et au management. »

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Marc Bloquet président de GTN Bâtiment et du bureau d'études GCI Construction

« L'Esitc est une école véritablement ciblée sur les métiers de la construction. Les jeunes sont directement opérationnels. En bureau d'études, ils n'ont aucun mal à se familiariser avec notre activité de contractant général. Tous les enseignements pratiques suivis dans les laboratoires de l'école les préparent bien pour faire des études et absorber les process dans un projet de bâtiment industriel. »

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Catherine Mignard DRH de Roger Martin

« Dans nos entreprises, l'avancement se fait par les travaux. Pour évoluer vers des postes de responsable d'exploitation ou de responsable d'agence, il faut montrer des capacités à gérer

un chantier, à satisfaire les exigences des clients...

Les jeunes diplômés de l'Esitc ont cette vision de la fonction travaux du fait de leurs nombreux stages et grâce à l'approche pédagogique de l'école. »

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Valérie Batton responsable du recrutement du groupe colas

« Les jeunes diplômés issus de ces écoles ne viennent pas dans nos entreprises par hasard. Ils valident le choix du BTP dès leur entrée à l'école. L'autre particularité réside dans la diversité des modes d'intégration. Le recrutement des jeunes à bac ou après un bac + 2 crée une richesse de profils chez ces jeunes ingénieurs. »

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Jean-Yves Macé responsable des relations écoles chez Demathieu & Bard

« L'Esitc apporte une formation professionnalisante. Ces jeunes ont une vision pragmatique du secteur et notamment de l'activité travaux. Ils ont une bonne connaissance des enjeux techniques, économiques et relationnels du chantier. De fait, ils prennent vite toute la dimension du poste de conducteur de travaux. »

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Jean-Paul Legendre gérant du groupe de gros oeuvre Legendre

« A mes yeux, rien ne diffère un Esitc d'un autre jeune ingénieur. Ils bénéficient des mêmes possibilités d'évolution. Ce qui m'intéresse, c'est la personnalité du jeune, sa rigueur. J'ai embauché un jeune issu de l'ESITC de Caen. A 28 ans, il est conducteur de travaux principal, il gère 5 chantiers et a un conducteur travaux sous ses ordres. Il est placé sous la responsabilité du chef d'agence.»

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