Escalier de Fontainebleau : Kärcher, un mécène à contre-pied

Lors des Journées européennes du patrimoine, les visiteurs du château de Fontainebleau ne pouvaient pas apercevoir l’escalier en fer à cheval. Et pour cause, caché par une immense bâche jusqu’à son inauguration en mars 2022, il est l’objet depuis deux ans d’une restauration spectaculaire et inédite, grâce notamment à un mécénat de compétence réalisé par Kärcher. Reportage dans les coulisses d’un sauvetage.

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Escalier de Fontainebleau : Kärcher, un mécène à contre-pied

C’est un escalier monumental, prouesse architecturale au mouvement complexe, portant l’histoire de France gravée dans la mémoire de chaque marche. Or, études et diagnostics émettent un rapport alarmant sur sa structure en gré mise à mal par des infiltrations d’eau et le développement de micro-organismes.

En 2018, sous l’égide de la Fondation du Patrimoine, un appel au don permet de réunir deux millions d’euros et de signer une convention en janvier 2019 avec Kärcher France. « Fontainebleau est pour nous un chantier exceptionnel, explique Patrice Anderouard, Directeur du Département Marketing & Communication de Kärcher. Dans son montage, il fait appel à une contribution publique, à des mécènes et un mécénat de compétences que nous réalisons. Kärcher apporte en effet son savoir-faire, son matériel mais aussi ses équipes venues travailler sur le chantier ».

La contribution de Kärcher représente environ 400 000 euros, une partie par le mécénat de compétence, l’autre via un partenariat avec l'école des Beaux-Arts qui a permis de réaliser la bâche décorative. Imaginée par Domitille Siergé, étudiante de 5e année, elle vient cacher les travaux pendant toute leur durée.

Identifier les moyens adaptés

Les premières discussions ont lieu en 2018. « L’escalier souffrait de pas mal de maux : la microbiologie avec algues et lichens, mais aussi des croûtes noires très dures et épaisses, et beaucoup de calcite parce que l’eau traversait les voutes », explique Nick Heyden, responsable du service de nettoyage des monuments historiques chez Karcher.

« Nous avons commencé l’année suivante avec des tests de nettoyage sur les pierres concernées, le gré et le calcaire », continue-t-il. Sous le contrôle de Patrick Ponsot, l’architecte en chef des monuments historiques, et de Jean Didier Mertz, Ingénieur de recherche du pôle pierre au Laboratoire de Recherche des Monuments Historiques (LRMH), ils permettent de déterminer le protocole et les techniques les plus adaptées.

« L’essentiel a été d’identifier des méthodes de nettoyage qui ne vont pas altérer la pierre, assure Nick Heyden. Je suis venu moi-même plusieurs fois pour tester la procédure sur toutes les surfaces. Sur un monument historique, il n’y a pas de place à l’erreur : il faut nettoyer sans briser. D’où l’importance de travailler avec des opérateurs. »

Bruno Szkotnicki, restaurateur indépendant agréé Musées de France, intervient pour Kärcher sur presque tous les monuments historiques. Et à Fontainebleau, l’opérateur, c’est lui. « Sur le gré et le calcaire, explique-t-il, la difficulté, c’est l’attaque très importante de micro-organisme et la calcite. À la longue, cela ronge la pierre, noircit et détériore le monument. »

Le protocole finalement s’appuie sur une technique de nettoyage par biocide, vapeur et micro-sablage. « Nous avons bien sûr appliqué un biocide validé par les Monuments Historiques pour gérer la pollution biologique, reprend Nick Heyden. En combinant le traitement biocide et la vapeur, on pouvait enlever toute la microbiologie sous l’escalier. Quant au lichen, aux algues et aux fameuses croutes noires, nous avons pu les enlever délicatement grâce au micro-sablage sec. Pour le reste, nous avons opté pour la projection d’archi fin de 40 à 80 microns pulvérisés à basse pression. » Un travail minutieux par conséquent. « Il a fallu démonter les marches une par une, explique Bruno Szkotnicki, pour revoir l’étanchéité, les nettoyer et éviter la formation de la calcite sous les voutes. »

Chaque pierre est différente : les équipes peuvent passer une heure sur une pierre et enchaîner avec dix mètres carrés traités en un jour. « Nous avons travaillé au total quatre semaine l’an dernier, plus six semaines cette année, avec une équipe de quatre à six personnes, explique Nick Heyden. On prend autant de temps à nettoyer qu’à traiter le chantier. Même les eaux usées et les poussières sont aspirées pour que des sociétés spécialisées puissent traiter les résidus de biocides et les éventuelles traces de plomb. »

Le mécénat dans l’ADN de Kärcher

« C’est un contre-pied, se félicite Patrice Anderouard. Kärcher est connue par la robustesse et la puissance de ses équipements et solutions. Ici, nos équipes utilisent des techniques dont la puissance se limite à un bar (contre 100 à 250 pour une utilisation traditionnelle par les particuliers). » En réalité, Kärcher travaille depuis 40 ans sur le sauvetage de patrimoine culturel, avec aujourd'hui plus de 150 réalisations à son actif dans le monde. Parmi ses réalisations, des monuments prestigieux, comme les colonnades de la pièce la place Saint-Pierre à Rome, le Mont Rushmore, la Statue de la Liberté ou le Christ du Corcovado à Rio. « Donner du sens, c’est dans l’ADN de la marque depuis son origine. Pour Kärcher, c’est une façon de témoigner à la fois de nos savoir-faire et de nos valeurs. »

En attendant, Nick Heyden qui parcourt le monde pour la marque, contemple l’escalier encore démonté avec satisfaction. « J’ai travaillé ici dix semaines et je pense que je connais chaque pierre ! », se réjouit-il. L’an prochain, il sera à Paris, avec Kärcher, pour une nouvelle opération de mécénat de compétence.

Contenu proposé par Karcher

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