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Equipement Une école en banlieue « sensible » ... à l’environnement
PHOTO - ARCH BONDY 1.eps - © stéphan Lucas

Equipement Une école en banlieue « sensible » ... à l’environnement

MARGOT GUISLAIN |  le 29/09/2008  |  SantéArchitectureRéalisations

Le nouveau groupe scolaire Guillaume-Apollinaire de Bondy (Seine-Saint-Denis) a été conçu par l’agence d’architecture Phileas après de nombreuses réunions de concertation avec les parents d’élèves et les enseignants, très sensibilisés au développement durable.

«C’est la Rolls des écoles » s’est réjoui pour son inauguration, la directrice du nouveau groupe scolaire Guillaume-Apollinaire de Bondy (Seine-Saint-Denis). Cette « Rolls » qui abrite une école élémentaire et un centre de loisirs, prend place dans une ville de banlieue particulièrement « sensible ». D’où l’exemplarité de ce projet à haute qualité environnementale (HQE) mené de main de maître par l’agence d’architecture parisienne Phileas et la Ville. Et, à Bondy, le développement durable semble avoir fait l’unanimité au sein de la population : « Nous avons participé à d’innombrables réunions de concertation pour présenter le projet aux parents d’élèves, aux enseignants, aux riverains, témoigne Anne-Charlotte Zanassi, architecte associée de Phileas. Et nous avons découvert un public inquiet du réchauffement de la planète, de la fonte de la banquise, etc. Aussi, l’annonce que le bâtiment serait certifié par un organisme officiel désamorçait la méfiance. » Comme si la préoccupation environnementale à l’échelle locale – et planétaire – faisait l’union sacrée autour d’elle : c’est que les banlieues dites « sensibles » sont précisément loin d’y être insensibles !

Au plan environnemental, c’est une « école du XXIe siècle » que les architectes disent avoir conçue. A savoir une école ouverte sur la ville, destinée à accueillir quinze classes (très attendues en raison des effectifs surchargés) ainsi que des équipements accessibles aux enfants et aux associations, en dehors des seuls horaires scolaires. Pour y parvenir, l’école est constituée de deux corps de bâtiment principaux, presque parallèles, qui s’étirent en profondeur de parcelle. Depuis la rue, la façade principale apparaît alors comme un grand portique sous lequel se glissent des éléments vitrés à rez-de-chaussée, parties prenantes de l’espace public piétonnier (hall d’accueil, salle polyvalente, centre de loisirs et réseau d’aide pour les élèves en difficulté). Avec, en balcon sur rue, l’indispensable centre de documentation et d’information (CDI).

Aux étages de chacun des deux bâtiments, les classes sont assemblées par plots de deux unités, avec sanitaires en intercalaires, accessibles directement depuis l’intérieur de la salle de cours (pour éviter de laisser les élèves sans surveillance). « Une exigence d’accès direct très claire d’où découle la fragmentation en plots », explique l’architecte. Entre eux, l’articulation s’opère par un léger déhanchement sur toute la longueur du bâtiment. Un mouvement repris en façade par un écran constitué de brise-soleil en terre cuite (Autan de chez Terreal) disposés aléatoirement sur la structure métallique. Sans souci d’alignement, ils constituent un filtre d’autant plus important que les salles de cours sont généreusement vitrées pour profiter du soleil matinal : avant l’arrivée des élèves, l’énergie nécessaire au préchauffage du bâtiment est ainsi minimisée.

Radicalisation des choix

Les brise-soleil font aussi office de filtre visuel, car l’insertion urbaine se montre délicate : l’école est entourée de grandes barres de logements sociaux qui dominent des pavillons traditionnels, lesquels surplombent… un cimetière. La moitié des classes a d’ailleurs droit à une vue plongeante sur les pierres tombales. Les brise-soleil permettent alors de s’en protéger sans pour autant nier leur existence. Et la première cible du référentiel HQE (« relation harmonieuse avec l’environnement ») est ici atteinte. Jusqu’à la forme linéaire des deux ailes d’enseignement, qui offre aux barres de logements des années 1960, un petit air de famille dans l’environnement. La végétation sert aussi à l’insertion urbaine : prochainement plantés, les arbres pénétreront sur le site, essentiellement sur les côtés. Mais déjà, la verdure est présente en toiture, sur les auvents végétalisés des volumes à rez-de-chaussée (salle polyvalente, centre de loisirs, préau, cantine), rendue perceptible pour les piétons grâce à une mise en œuvre par petites facettes engazonnées et pentues (cassettes précultivées Tecflor de Ruberoid). Une végétalisation qui participe aussi à une meilleure isolation thermique et acoustique des locaux.

« L’orientation du bâtiment par rapport au soleil, aux vents, aux bruits, etc. est la base de notre métier. Mais l’inscription dans la démarche HQE, avec certification à la clef, radicalise tous les choix », souligne l’architecte. Car le haut du podium environnemental, la certification « NF démarche HQE », exige de la part des acteurs une démarche globale de management et de mise en œuvre longue et rigoureuse. Chacun, maître d’ouvrage, maître d’œuvre et entreprises, doit s’y conformer. « C’est plus lourd qu’un contrôle fiscal ! Il faut recueillir et produire un nombre considérable de documents pour les audits, qui permettront d’obtenir après livraison la certification », assure Anne-Charlotte Zanassi. Sans compter la mission, pour l’architecte, d’encadrement des entreprises encore peu au fait de la démarche environnementale. Surtout lorsqu’une cible concerne le chantier vert, à « faibles nuisances ».

Parmi les matériaux et dispositifs mis en œuvre, on citera les capteurs solaires thermiques (eau chaude sanitaire pour la cantine), une citerne de récupération des eaux pluviales (arrosage), des chaudières à condensation, des rupteurs de ponts thermiques (sur les dalles), une isolation acoustique en laine de bois (Fibrafutura de Knauf), des vitrages à forte isolation thermique et acoustique (Glaverbel) et une ventilation naturelle des classes par ouverture des fenêtres assujettie à la teneur en dioxyde de carbone.

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