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Equipement culturel Trois bâtiments disparates pour composer un musée
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Equipement culturel Trois bâtiments disparates pour composer un musée

JEAN LELONG |  le 01/02/2007  |  HéraultRéalisationsCultureBoisArchitecture

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Le musée Fabre de Montpellier rouvre ses portes le 4 février, après quatre années de travaux. Un chantier d’envergure qui aura permis de recréer un musée moderne à partir de trois bâtiments anciens réhabilités.

A l’extérieur, rien n’a changé ou presque. Si ce n’est cette marqueterie au sol (marbre blanc et granit noir), conçue par le plasticien Daniel Buren, qui guide les pas du visiteur jusqu’à l’entrée. Mais derrière la haute façade de l’ancien collège des Jésuites, restaurée avec soin, se déploie un musée moderne de 13 000 m2. Un musée à la fois unique et divers, qui déroule quatre siècles d’histoire architecturale, conciliant avec bonheur la théâtralité d’une galerie fin XIXe rehaussée de rouge Esterel et la quasi-abstraction d’un espace de béton et de verre sculpté par la lumière et la matière noire des œuvres de Pierre Soulages.

Le défi posé par la restructuration du musée Fabre consistait à créer un ensemble cohérent et lisible à partir d’éléments disparates : un collège fin XVIIe enserrant deux cours rectangulaires, l’hôtel particulier Massilian du XVIIIe siècle transformé en musée au début du XIXe siècle, et deux grandes galeries fin XIXe, le tout formant un dédale sur six niveaux…

Réponse en sous-sol. Les architectes – l’équipe bordelaise Brochet-Lajus-Pueyo associée ici au montpelliérain Emmanuel Nebout – ont trouvé la réponse… dans le sous-sol. Profitant d’une différence de niveau d’environ 6 m entre l’ancienne entrée du collège des Jésuites et la nouvelle façade, ils ont glissé un étage supplémentaire sous le bâtiment en excavant ses deux cours intérieures. L’opération a mis le musée de plain-pied avec l’esplanade Charles-de-Gaulle et la ville. Elle a ensuite permis de créer un vaste hall d’accueil. « A partir de là, tout devenait simple », explique sobrement Emmanuel Nebout. Ce hall, une crypte de béton brut éclairée par des failles ciselées dans le sol de la cour Bazille, est une plaque tournante. Il conduit à une grande salle d’expositions temporaires, creusée sous une cour adjacente, ou aux collections permanentes, organisées en plusieurs circuits pouvant être parcourus indépendamment.

Face à la diversité des styles architecturaux, les concepteurs ont résisté à la tentation de l’uniformisation. Mieux : ils ont utilisé cet éclectisme pour rythmer les parcours et offrir aux visiteurs des éléments de repérage et de compréhension des espaces traversés. « Nous avons recherché une unité dans le fonctionnement mais pas sur le plan de l’écriture architecturale, souligne Olivier Brochet. Nous nous sommes attachés au contraire à restituer l’esprit des lieux en valorisant les éléments existants lorsqu’ils le méritaient. » La salle des Griffons, inaugurée en 1828 et divisée au XXe siècle par une mezzanine, a retrouvé ses proportions d’origine, de même que la frise murale dont elle tire son nom. La galerie des Colonnes, extension réalisée dans l’esprit Beaux-Arts à la fin du XIXe, a été rendue à son lustre exubérant. Tout comme ont été mis en valeur les salles voûtées et les plafonds à la française du collège des Jésuites.

Lumière diffuse. La volumétrie des espaces est servie par un minutieux travail sur la lumière, utilisée de manière aussi diffuse que possible. « Nous avons fait en sorte que le visiteur perçoive le moins possible la différence entre lumière naturelle et lumière artificielle », explique Emmanuel Nebout. Ainsi, la salle Gustave-Courbet, aménagée dans une aile du collège des Jésuites, semble baignée de lumière naturelle grâce à un immense « abat-jour » pyramidal, réinterprétation contemporaine et hypertrophiée des lanterneaux éclairant la galerie des Colonnes. Traitement plus radical pour le pavillon Soulages (voir ci-contre), seule construction neuve du musée: il est éclairé par une paroi de lumière à la transparence d’albâtre.

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CARTE - 5384 Archi musee fabre PLAN niv2.eps - ©
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Fiche technique

Maîtrise d’ouvrage : Communauté d’agglomération de Montpellier ; maître d’ouvrage délégué : Serm.

Architectes associés : Agence Brochet-Lajus-Pueyo (Bordeaux), Atelier d’Architecture Emmanuel Nebout (Montpellier); Jérôme Fuzier et Laurence Javal, chefs de projet.

BET : Secim-André Verdier et BETS-Norbert Aigoin (structure); Daniel Maliver (génie climatique); Christophe Verda (courants forts et faibles): François Migeon (Grandeur Nature), plasticien lumière; Arteba (OPC).

Economiste de la construction : Michel Frustié.

Entreprises : GFC Construction/Eiffage (gros œuvre), Structure Bois Couverture (charpente bois), SBPR (ravalement de façades), De La Rosa (menuiseries bois), Chiri (menuiseries extérieures métalliques), Sodac (cloisons, faux plafonds), Sort & Chasle (staff, plâtrerie), Cimba (revêtements pierre), Atelier Méditerranéen (peinture), Tunzini Azur (génie climatique), Multitec (courants forts et faibles), Siemens/Multitec (sûreté), Tecno (muséographie), Artis (mobiliers dessinés).

Surface : 13 000 m2 HON.

Surface d’exposition : 7 000 m2.

Coût des travaux : 30,7 millions d’euros HT.

Un mur-vitrail pour la collection Soulages

Le pavillon qui ferme désormais la cour Bourdon est le seul bâtiment contemporain du nouveau musée. Ses concepteurs lui ont donné pour façade un immense vitrail de 200 m2, un « mur de lumière » orienté plein Est qui éclaire de face les grandes toiles offertes par le peintre Pierre Soulages, en l’absence de tout projecteur. La peau extérieure de ce caisson est formée par un assemblage « d’écailles » de verre disjointes, différentes les unes des autres par leur format, leur texture et leur nu. « Nous avons cherché à obtenir un verre boursouflé, primitif, qui semble issu de la fusion de la silice », explique l’architecte Emmanuel Nebout. La paroi intérieure est un double vitrage isolant et translucide. Dans l’intervalle ont été disposées près de 400 rampes de tubes fluorescents et des stores motorisés. Les différentes combinaisons offertes par ce dispositif permettent de diffuser dans les espaces d’exposition une lumière stable, de nuit comme de jour. La nuit, cette vaste plaque de lumière aura également pour fonction d’éclairer la cour Bourdon, dont le sol de marbre blanc est lui-même strié de longues lames parallèles destinées à éclairer la salle d’expositions temporaires creusée en sous-sol.

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