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Epargne salariale : la retraite au cœur des enjeux à venir
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Epargne salariale : la retraite au cœur des enjeux à venir

EMMANUELLE N'HAUX |  le 29/01/2010  |  ImmobilierEntreprisesRéglementationDroit du travailFrance entière

Les dispositifs d'épargne salariale progressent dans le BTP. La préparation de la retraite devrait être un des grands enjeux des années à venir.

Chaque année, l'épargne salariale gagne du terrain. Près de six entreprises sur dix sondées par Ipsos déclarent avoir mis en place au moins un dispositif. Principalement dans les grands groupes, les mieux dotés. En tête des pratiques, on trouve la participation, le plan d'épargne entreprise et l'intéressement. Fait marquant cette année, les sommes versées au titre de la participation sont largement débloquées par les salariés, une possibilité offerte depuis la loi de décembre 2008 en faveur des revenus du travail.

« La masse de participation versée aux salariés reste stable mais 40 % des sommes ont été directement récupérés par les salariés », confirme Jean-François Dornier, directeur général de Gestion BTP. Sans doute une conséquence de la crise financière qui a incité les salariés à placer leur argent sur des produits d'épargne sans risque.
Côté intéressement, les sommes placées sur les plans d'épargne sont aussi en recul. Signe d'un fléchissement de la rentabilité des entreprises qui distribuent moins et d'une grande prudence des épargnants qui préfèrent retirer leur argent. « 90 % des sommes versées au titre de l'intéressement sont directement perçues par les salariés et 45 % pour la participation », illustre François de Dreuzy, directeur des rémunérations et avantages sociaux de Spie.
L'actionnariat salarié progresse également. « Malgré la crise, nous avons maintenu notre volonté d'instaurer un actionnariat salarié afin de fidéliser nos collaborateurs », indique Sébastien Botin, vice-président pour les ressources humaines de SNC Lavalin. Ouvert début 2009 à tous les salariés du groupe en Europe, ce dispositif est abondé dans les deux ans qui suivent la souscription. Plus de 10 % des collaborateurs France sont entrés dans le dispositif. « Ils peuvent verser, mensuellement, entre 1 % et 10 % de leur salaire, détaille-t-il. En moyenne, ils investissent 4 % à 5 % de leur rémunération. »
Loin derrière, le plan d'épargne retraite collectif (Perco) devrait faire parler de lui dans les années à venir (voir interview ci-dessous). Aujourd'hui, 6 % des entreprises interrogées par Ipsos déclarent avoir mis en place un tel dispositif. A l'instar de Consuel, association œuvrant dans le domaine de la sécurité électrique, qui s'est dotée d'un Perco début 2009. « Le Perco s'inscrit dans notre stratégie d'épargne salariale, indique Laurent Cheronnet, secrétaire général. Nous avons fait beaucoup d'information auprès de nos salariés sur le fonctionnement des régimes de retraite et sur ce dispositif. » Sur 300 salariés, 200 ont souscrit. Majoritairement, ils versent 150 euros par mois pour pouvoir bénéficier de l'abondement maximal de 300 %, plafonné à 450 euros.
L'entreprise Demathieu & Bard propose, pour les cadres, une sur-complémentaire retraite prise aux deux tiers en charge par l'employeur. Quel que soit le système retenu, les retraites par capitalisation ont de beaux jours devant elles. -

L'EXPERT - Lionel Tourtier, délégué général de l'Association française professionnelle pour l'épargne retraite - « Il faut mettre la réalité du système sur la table » -Les plans d'épargne retraite progressent-ils au sein des entreprises françaises ?

Oui, lentement. Il faut rappeler que les systèmes d'épargne retraite sont relativement récents. Le Perco, comme le Perp, est né avec la loi du 21 août 2003 portant réforme des retraites. Aujourd'hui, près de 2 millions de salariés sont couverts par un Perco. Cela progresse mais c'est insuffisant au regard du chemin qu'il reste à parcourir. En effet, seuls 500 000 d'entre eux procèdent à des versements et les salariés des PME, qui représentent 14 millions d'actifs, ne sont aujourd'hui que très peu concernés par ce type de dispositif.

Les entreprises françaises seront-elles « obligées » de s'investir davantage dans des systèmes d'épargne retraite collectifs ?

Je le crois. Face aux déficits sociaux (retraite, maladie.), les entreprises vont sans doute voir leur niveau de cotisation augmenter. Elles seront également amenées à revoir leur package rémunération pour rendre leur politique sociale plus efficace, dans une enveloppe maîtrisée. De leur côté, les salariés devront faire des efforts d'épargne pour atteindre un niveau de vie correct une fois à la retraite.

Le rendez-vous sur les retraites fixé par le gouvernement sera-t-il l'occasion de parler d'épargne retraite ?

Ce rendez-vous doit avant tout permettre de mettre sur la table la réalité du système. Il faut parler clairement aux gens ; arrêtons par exemple de parler de taux de remplacement et décortiquons plutôt le budget nécessaire pour vivre décemment à la retraite. Il faudra sans doute inventer un dispositif simple, compréhensible et accessible au plus grand nombre.

Propos recueillis par emmanuelle n'haux -

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