Aménagement

«Epamarne se transforme en opérateur d’aménagement et de développement urbain au service des élus», Nicolas Ferrand, directeur général d’Epamarne et d’Epafrance

Mots clés : Bois - Logiciels - Outils d'aide

Tour d’horizon, avec le directeur général des établissements publics d’aménagement de la ville nouvelle de Marne-la-Vallée (Seine-et-Marne) des sujets qui font son actualité: l’élargissement du périmètre d’intervention d’Epamarne, la participation au concours «Inventons la métropole du Grand Paris», la construction bois, le BIM…

Quelles sont les caractéristiques du site Marne Europe qu’Epamarne et la Ville de Villiers-sur-Marne ont proposé à l’appel à projets «Inventons la métropole du Grand Paris» ?

Nicolas Ferrand: C’est un lot qui représente près de la moitié de la ZAC Marne Europe dans laquelle il s’inscrit, soit 115 000 m2 sur 240 000 m2. Il comprend près de 45 000 m2 de logements, 35 000 m2 de bureaux, des commerces, un cinéma et un pôle hôtelier, congrès et loisirs en bordure de l’autoroute A4. Cinq immeubles de belle hauteur sont prévus. Ce projet inclut aussi la place de la future gare de la ligne 15 sud du Grand Paris Express et du RER E «Bry-Villiers-Champigny» qui sera mise en service fin 2022. Trois groupements ont été retenus pour participer à la seconde phase de la consultation parmi les cinq candidats ayant déposé un dossier: BPD Marignan, Compagnie de Phalsbourg et Kaufman & Broad. Epamarne est propriétaire de tous les terrains et le dossier de réalisation de la ZAC, dont la maîtrise d’œuvre urbaine a été confiée Gérard Penot (atelier Ruelle), Grand prix d’urbanisme 2015, sera approuvé au printemps.

 

L’autre actualité d’Epamarne concerne l’extension de son périmètre d’intervention. Quelles conséquences cet élargissement entraîne-t-il pour l’EPA ?

N.F.: Le périmètre d’Eparmarne datait de la création de la ville nouvelle de Marne-la-Vallée en 1972. Suite au décret du 24 décembre 2016, il englobe désormais 38 communes contre 21 précédemment, ce qui permet de se caler sur les nouvelles intercommunalités. Avec l’élargissement de son périmètre, le rôle d’Epamarne évolue. Il reste un outil d’aménagement au service de l’Etat dans les secteurs d’opération d’intérêt national (OIN): Val Maubuée (3840 ha) et Bussy-Saint-Georges (1 532 ha). Hors périmètre d’OIN, l’EPA se met au service des élus dans le cadre de traités de concession comme c’est déjà le cas pour la ZAC Marne Europe. Si de nombreux maires sont porteurs d’un projet politique, beaucoup ne disposent pas d’un opérateur de développement urbain également capable de faire du développement économique et de l’innovation pour le mettre en œuvre. Epamarne se transforme en opérateur d’aménagement et de développement urbain au service des élus.

Vous avez évoqué l’innovation. Quelle est la démarche mise en place par l’EPA dans ce domaine ?

N.F.: Après avoir déjà défriché pas mal de sujets, nous allons approfondir trois thématiques au cours des prochains mois. La première porte sur les matériaux et l’écoconstruction (recyclage du béton, réemploi des matériaux, économie circulaire à l’échelle du bâtiment notamment) en partenariat avec le CSTB (Centre scientifique et technique du bâtiment), l’Ifsttar (Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux) et le FCBA (l’Institut technologique forêt cellulose bois-construction ameublement), trois organismes basés à Marne-la-Vallée. Deuxième thématique: la biodiversité. Nous nous intéressons à la manière dont on peut améliorer le fonctionnement des biotopes existants tout en construisant. Marne-la-Vallée s’inscrit dans l’une des grandes trames vertes de l’Ile-de-France. Si nous voulons continuer à construire, nous devons inventer quelque chose réconciliant aménagement et environnement. Nous travaillons sur ce sujet avec le CSTB et le Muséum national d’histoire naturelle. Parallèlement à cette réflexion, nous avons déjà commercialisé à Torcy, dans la ZAC des Coteaux, trois programmes de logements avec des toitures et des façades végétalisées qui hébergeront des centaines d’espèces animales et végétales. Elles sont même spécialement conçues pour accueillir dans la durée 22 espèces animales protégées par la loi. Enfin, la dernière thématique concerne le numérique.

 

Concernant le numérique, sur quoi porte plus précisément votre réflexion ?

N.F.: Le numérique est en train de transformer l’espace public. Ce qui était notre dernier lieu collectif est en train de devenir un peu différent pour chacun d’entre nous. On l’a bien vu l’été dernier avec le jeu «Pokémon Go». Au-delà de ces réflexions, nous étudions la création d’un fonds d’innovation sur le projet Marne-Europe. L’EPA accompagnerait financièrement les innovations proposées à partir du moment où elles auraient été validées par un collège d’experts.

 

Opérations de logements B-Cube (BIM-Bois-Bepos), projet d’immeuble en bois de onze étages… Pourquoi Epamarne s’est-il spécialisé sur le créneau de la construction bois ?

N.F.: Nous voulons faire émerger une filière autour du bois car c’est un puits à carbone et son coût sera stable à long terme, contrairement aux autres matériaux de construction. Si nous voulons continuer à loger nos concitoyens –Marne-la-Vallée devrait accueillir 5 000 nouveaux habitants par an- il faut construire autrement en ayant recours au bois, au chanvre, au miscanthus. En 2015 et 2016, nous avons lancé plus de 1 800 logements en bois et, en 2017, la moitié de notre production sera encore lancée en bois.

 

Quels sont les projets les plus exemplaires en cours ?

N.F.: Avec Vinci Construction, qui réalise la tour en bois de onze étages, nous avons mis au point un projet encore plus innovant: le premier parking à deux niveaux en bois en partenariat avec le FCBA et le CSTB. Ce parc de stationnement de 100 places est réparable en cas d’incendie de véhicule et donc pérenne. C’est donc tout le marché des entrepôts à étages qui s’ouvre au bois. En 2016, avec Expansiel Promotion nous avons développé les premières habitations en bois «zéro carbone». Cette opération de 58  logements en accession sociale à la propriété vise un bilan carbone neutre sur 30 ans. Pour y parvenir, le programme conjuguera innovations technologiques et environnementales. En 2017, nous voudrions également tester un immeuble de logements que nous appellerions «Bois 22» pour XXIIe siècle. L’idée est d’avoir un bâtiment en bois qui, sans moyen mécanique, garantisse un bon confort d’été à sa livraison mais encore en 2115, 2116…

 

C’est aussi à Marne-la-Vallée, à Bussy-Saint-Georges qu’a été déposé en 2016 le premier «permis de construire BIM»…

N.F.: Nous voulons aussi être en pointe dans cette révolution numérique. En 2016, nous avons réalisé toutes nos consultations en BIM et nous sommes les premiers à généraliser le BIM à l’échelle de deux quartiers: à Villiers-sur-Marne et Torcy. Fin 2016, nous avons lancé un appel à contributions pour développer un démonstrateur BIM autour des outils et des pratiques. Nous avons déjà reçu plus de 180 manifestations d’intérêts. Nous menons ce projet avec BIM Cities Alliance, une association d’acteurs privés et la Caisse des dépôts. En 2017, nous serons les premiers à utiliser le BIM pour modéliser tous les scénarios environnementaux nécessaires à une étude d’impact. Nous voulons aussi recourir à la maquette numérique pour analyser la chaîne de valeur de construction d’un logement et trouver les économies envisageables.

 

Le Val d’Europe, secteur 4 de Marne-la-Vallée où intervient Epafrance, est candidat à l’accueil du village global de l’Exposition universelle de 2025. Quels sont les atouts de ce site ?

N.F.: Val d’Europe est le seul site à être prêt. Nous maîtrisons le foncier et les infrastructures, notamment la gare TGV de Chessy, sont dimensionnées pour organiser un tel événement. Disneyland Paris et la Vallée Village génèrent un flux de 70 000 à 80 000 visiteurs par jour que nous savons accueillir sans impact. Donc passer à 350 000 visiteurs par jour dans le cadre de l’Exposition universelle est pour nous une forme d’évidence. Et tous les acteurs du territoire sont mobilisés: les élus et Euro Disney notamment.

 

La préfecture de région a salué la contribution des aménageurs franciliens à la production de logements en 2016. Qu’en est-il plus précisément d’Epamarne et Epafrance ?

N.F.: En 2016, les deux EPA ont signé les actes de vente pour 2 244 logements et nous en avons contractualisé plus de 3 400 autres sous promesse de vente. Ces chiffres font de nous le premier aménageur résidentiel en France.

 

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