Energie

Eolien en mer : les projets d’usines au Havre en suspens

Mots clés : Energie renouvelable - Établissements industriels, agricoles, ICPE - Monde du Travail

Le projet de construction, par Siemens-Gamesa, de deux usines de pièces d’éoliennes offshore avec 750 emplois à la clé au Havre est menacé, a révélé l’AFP le 27 avril.

Le projet de construction de deux usines de pièces d’éoliennes en mer, par Siemens-Gamesa, bat de l’aile. « Clairement, il n’est pas exclu qu’il soit complètement annulé si la renégociation des tarifs de rachat entre le gouvernement et les industriels n’aboutit pas« , a indiqué à l’AFP Cédric Turnaco directeur de la communication de Siemens Gamesa en France.

Le gouvernement a annoncé mi avril qu’il allait renégocier les tarifs de rachat de l’électricité produite par six parcs éoliens en projet, dans la Manche et sur la côté atlantique . Les deux usines du Havre doivent fournir trois de ces parcs prévus au large de l’île d’Yeu/Noirmoutier, de Saint-Brieuc et de Dieppe-Le Tréport en Seine-Maritime.

Conséquence de cette renégociation, la signature du protocole de réservation de l’espace sur le port du Havre prévue au premier trimestre est « retardée » et le dépôt de permis de construire pour les deux usines que Siemens Gamesa espérait concrétiser au 1er semestre également, a précisé M. Turnaco.

 

Redimensionner le projet

 

Si les négociations aboutissent, il est « possible » que le projet soit « redimensionné » à la baisse. « Aujourd’hui on travaille sur le projet initial qui prévoit une usine de pale et une usine de nacelles et la création de 750 emplois mais si à l’issue des négociations le gouvernement et nos clients, Iberdrola et Engie – pourtant confiant dans la marge de négociation possible, comme le confiait la semaine passée Isabelle Kocher, sa directrice générale -, nous annoncent que ce n’est plus possible en l’état, car ils souhaitent aller réellement loin dans la réduction des tarifs, nous serons obligés de nous adapter », ajoute M. Turnaco.

Par ailleurs, il estime que la région Normandie « ne facilite pas notre projet, surtout pour notre usine de pales ». Le député PCF de Seine-Maritime, Jean-Paul Lecoq, le constate également et le déplore : « Aujourd’hui, il semble que la collectivité veuille privilégier le site de Cherbourg et General Electric (GE) au détriment du projet havrais. » GE a lancé en mars 2017 la construction d’une usine de pales à Cherbourg et promis la création de 550 emplois directs.

 

« Tout est remis à plat »

 

Le projet havrais « va nécessairement connaître des évolutions à l’aune des négociations, estime le président de région Hervé Morin. Tout est remis à plat ». Et il se veut catégorique : la Région « n’engagera pas des dizaines de millions au Havre si c’est pour que tout s’effondre ».

« A Cherbourg, nous sommes engagés à hauteur d’une centaine de millions d’euros pour l’implantation d’une usine de fabrication de pales », a poursuivi M. Morin tout en affirmant qu’il « soutiendra également les projets industriels havrais ». L’horizon de l’éolien en mer est loin encore loin d’être dégagé.

 

 

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