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Entretien LOUIS BESSON : « Différencier l'offre pour pouvoir proposer un logement à tous »

françoise vaysse, elisabeth allain-dupre, nathalie coulaud, corinne montculier, virginie pavie, françois sagot |  le 04/09/1998  |  LogementLogement socialPolitique socialeImmobilier

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Sommaire du dossier

  1. Les usagers - Les jeunes: la nouvelle cible des HLM
  2. Les usagers - Les personnes agées: le nouveau concept de résidences en HLM
  3. Les usagers - Les démunis: quelle politique de logement ?
  4. Les nouveaux métiers - HLM: des emplois stratégiques
  5. Les zones tendues - Metz: l'Opac joue la technopole
  6. Les zones tendues - Pessac: à la recherche d'une cohérence
  7. Les zones tendues - Rodez: stratégie locale de développement
  8. Les zones tendues - Bourgoin-Jallieu: muscler le centre-ville
  9. Des missions de plus en plus diversifiées - L'accueil des populations spécifiques
  10. Des missions de plus en plus diversifiées - Les organismes d'HLM, acteurs urbains
  11. Des missions de plus en plus diversifiées - La réhabilitation: mission importante pour les organismes d'HLM
  12. Des missions de plus en plus diversifiées - La démarche qualité des organismes d'HLM
  13. Des missions de plus en plus diversifiées - L'activité immobilière des organismes d'HLM
  14. Offrir une gamme complète de services - Domotique: les locataires de l'Office de Pau sont satisfaits
  15. Offrir une gamme complète de services - Gestion de proximité: les ouvriers occupent les quartiers
  16. A la découverte du monde HLM - La marche forcée vers les services: garantir les prestations de base
  17. Offrir une gamme complète de services - Animation: un soutien aux projets des locataires
  18. Offrir une gamme complète de services - Insertion: de nouveaux gisements d'emplois
  19. Offrir une gamme complète de services - Suivi social: l'Opac de l'Ain recrute une conseillère
  20. Offrir une gamme complète de services - A la découverte du monde HLM
  21. A la découverte du monde HLM - 5 grandes familles
  22. Mission sociale des HLM - Les points de vue de Roger Quilliot,Yves Baise, Jacques Badet et Jacques Berké
  23. Mission sociale des HLM: les expériences - Insertion par l'économique
  24. Mission sociale des HLM - La grande peur du recentrage
  25. Mission sociale des HLM - Les chiffres du mouvement HLM: lente paralysie de l'accès au parc
  26. Mission sociale des HLM : les expériences - Logement des démunis
  27. Mission sociale des HLM: les expériences - Un bilan social voit le jour en Paca
  28. Mission sociale des HLM: les expériences - Gestion de l'habitat
  29. Quel ancrage social ?
  30. Le réancrage social des HLM
  31. Gestion locative : Boulogne-sur-mer : un exemple de démolition-reconstruction de maisons individuelles
  32. Gestion locative : La montée de la tension
  33. Gestion locative : La « réunion du mardi », baromètre social de la « Plaine du Lys »
  34. Patrimoine : Des logements neufs pour les démunis à Paris
  35. Attributions du label Qualitel HPE 3 étoiles
  36. Qualitel dans l'expectative
  37. Patrimoine : Le prix du PLA a progressé plus vite que l'inflation en région parisienne
  38. Patrimoine : La réhabilitation vulnérable
  39. Patrimoine : «L'état du patrimoine, premier facteur de préservation du lien social»
  40. Revirement sur la démolition
  41. Finances Comment faire face au coût du logement social ?
  42. Finances : Le très social est-il déficitaire ?
  43. Gestion locative Face à des occupants plus pauvres, la pratique évolue
  44. Patrimoine : La construction au ralenti
  45. SOMMAIRE DOSSIER HLM
  46. La dure loi de la demande
  47. Entretien LOUIS BESSON : « Différencier l'offre pour pouvoir proposer un logement à tous »
  48. Le congrès HLM de Marseille
  49. Un parc social mieux adapté aux ressources des plus modestes
  50. Vandoeuvre Réhabilitation par tranches d'une cité
  51. Nantes Restructuration d'un pavillon vétuste
  52. Marseille Fondations sur micropieux, parkings en rez-de-chaussée
  53. Où créer des logements sociaux ?
  54. Des solutions techniques pour baisser les charges
  55. Qualité d'usage : comment optimiser les plans
  56. TVA sur la réhabilitation du locatif social
  57. Orly Construire à moins 25 % : pari gagné
  58. Renouvellement urbain Les organismes d' HLM condamnés à réussir
  59. Entretien DANIEL LEBEGUE « Nous sommes prêts à passer à la vitesse supérieure »
  60. Un « Monsieur ville » chez 3F
  61. DANIEL GRANDE, directeur du GIE Villes et Quartiers
  62. Patrimoine Une échelle de risques chez Efidis
  63. Refaire la ville : six exemples Malakoff Cité du Million : une démolition-reconstruction à taille humaine
  64. Refaire la ville : six exemples Marseille Trois bailleurs remodèlent la cité du « Plan d'Aou »
  65. Refaire la ville : six exemples Sartrouville La redécouverte des Indes
  66. Refaire la ville : six exemples Eure Gestion dynamique du patrimoine : l'Opac colle au marché
  67. Refaire la ville : six exemples Bordeaux Une restructuration en douceur pour les « Hauts de Garonne »
  68. Refaire la ville : six exemples Meaux Un double pari : assainir les finances et sauver le patrimoine
  69. HLM Des solutions pour diminuer les charges
  70. EAU Une expérimentation sur les consommations
  71. CHAUFFAGE Isolation renforcée pour diminuer les coûts
  72. CHAUFFAGE Une photographie des charges des locataires
  73. COGENERATION Production de chaleur et d'électricité combinée
  74. Effectuer un audit de chaufferie
  75. L'apres-démolition
  76. Entretien avec Paul-Louis Marty, délégué général de l'Union sociale pour l'habitat
  77. Les architectes créent de nouveaux liens entre ville et habitat
  78. Logement social 800 000 « passoires thermiques » à rénover
  79. Mobilisation des régions Des financements indispensables pour boucler les réhabilitations thermiques
  80. Mobilisation des organismes La baisse des charges des locataires justifie les efforts
  81. Alsace CUS Habitat recherche l'efficience économique
  82. Savoie Albertville, pionnier de l'éco-prêt
  83. Philippe Tilloux, directeur de Périgueux habitat « Il ne faut pas se contenter de raisonner en réduction des charges »
  84. Picardie Oise-Habitat démarre sans aide la modernisation de trois immeubles
  85. Aquitaine La performance énergétique, axe stratégique d'Agen Habitat
  86. Bretagne Isolation par l'extérieur pour Aiguillon Construction
  87. Bretagne Des panneaux photovoltaïques comme brise-soleil chez Habitat 35

-Le secrétaire d'Etat au Logement explique les enjeux de la politique en matière d'HLM

«Le Moniteur» : N'est-ce pas dangereux de vouloir baisser la quittance dans les HLM ?

LOUIS BESSON. Je ne vois pas quel serait le danger de cette démarche. Si nous ne la faisions pas, nous risquerions au contraire de produire des logements qui ne correspondraient pas aux capacités financières de la demande. C'est cela qui serait dangereux. Mais, rassurez-vous, il est hors de question de réduire la quittance en baissant la qualité du logement. Il faut à la fois ne pas accepter l'idée d'une perte du pouvoir d'achat des aides personnelles et ne rien négliger qui puisse, sans remettre en cause la qualité du logement, en abaisser le coût. Cela recouvre la question des aides à la pierre et celle des conditions du financement - taux et durée des prêts, fiscalité... Mais cela touche aussi quelques exigences excessives : je citerai, par exemple, les villes qui réclamaient deux places de stationnement par logement HLM. On peut, sans doute, aller plus loin en portant une attention particulière à la commande passée aux concepteurs, en remettant en cause certaines pesanteurs, certaines traditions. Trop souvent, on apporte spontanément des réponses lourdes, classiques, qui coûtent cher. On se prive ainsi d'une souplesse face à une demande diverse que ne satisfait pas la réponse standardisée vers laquelle nous avons spontanément tendance à aller.

Vous avez assez peu donné votre avis sur la consultation LQCM [logement à qualité et coût maîtrisé.]...

Nous ne disposons pas encore d'évaluation. Il faut que la démarche se poursuive. Sur le fond, l'objectif est de veiller à ne pas répéter les modèles agréés des années 70. Car une production industrialisée risquerait d'être inadaptée à la demande des ménages. Vivre dans des logements répétitifs suscite un mal-être, entraîne à terme des risques de vacance, donc, des coûts différés. Je veux être sûr qu'on ne part pas dans une démarche qui tombe dans les mêmes travers que ceux du passé. LQCM doit y contribuer.

Pensez-vous que le PLA est inadapté ?

Le PLA n'est pas inadapté par ses normes. S'il l'est, c'est en raison du rapport entre le loyer de sortie et les moyens financiers des ménages. C'est pourquoi nous avons plaidé pour le lancement de 20 000 PLA à loyer minoré (PLA-LM).

Ils sont mal accueillis par les organismes HLM...

Il y a un malentendu. Des organismes continuent de croire que le PLA-LM est la même chose que le PLA-TS (très social) d'hier. Alors qu'il faut regarder la demande sociale telle qu'elle est : la moitié des demandeurs de logements sociaux, ont des revenus inférieurs à 60 % des plafonds de ressources. Pour autant, ce ne sont pas des cas sociaux. Ce sont des ménages modestes, n'ayant aucune difficulté d'intégration sociale, ni d'insertion dans le voisinage et qui ne se heurtent qu'à un problème de solvabilisation. Il faut trouver des solutions pour eux. L'abaissement du coût du loyer de sortie par une aide à la pierre dans le PLA-LM vise à cela. On me fait le grief d'avoir été trop ambitieux en fixant un objectif de 20 000 PLA-LM pour 50 000 PLA classiques. Je m'en étonne. Au vu de la réalité sociale, on devrait plutôt estimer que ce chiffre est insuffisant et qu'il en faudrait le double ! Si nous ne trouvons pas un produit permettant de construire des logements dont le loyer leur est accessible, ces ménages se résigneront peut-être à payer plus cher mais ils renonceront à d'autres dépenses.

Est-ce que la production redémarre ?

Nous avons assisté ces dernières années, « culturellement », à une sorte d'engourdissement des HLM. Une série d'arguments expliquent que les organismes aient donné la priorité à une gestion patrimoniale et que l'on soit passé d'une production annuelle de près de 100 000 logements à 50 000 .

Ne vous heurtez-vous pas à la réticence des HLM à loger plus de pauvres ?

Notre société a bougé. Les nouveaux emplois du tertiaire ont un spectre de rémunérations beaucoup plus ouvert que celui du secteur productif dans le passé. La proportion de rémunérations basses y est beaucoup plus grande qu'elle ne l'était dans les secteurs régis, dans les grands groupes industriels, par des conventions collectives. Le mouvement HLM n'a de sens que s'il sait coller à la réalité de la demande. On ne peut plus prétendre appartenir au secteur social si quelque part on intègre une idée « d'écrémage ». Quand on a une vocation sociale, on est interdit d'écrémage. Cela ne signifie pas qu'il faut prendre n'importe qui n'importe où. Mais il faut différencier l'offre pour avoir quelque chose à proposer à tous dans les meilleures conditions possibles d'accessibilité et d'intégration.

Comment faire baisser les loyers du parc existant ?

Avec l'Union des HLM, nous sommes d'accord sur le principe de rechercher des dispositions permettant d'ajuster les taux d'effort des ménages les plus modestes. En contrepartie des aides apportées au monde HLM, nous avons souhaité qu'il puisse lui-même trouver les possibilités de minorer les loyers des locataires dont les ressources sont inférieures à 60 % des plafonds mais qui paient un loyer supérieur au loyer de référence de l'APL. La discussion est ouverte sur les modalités.

Il semble que le mouvement HLM préférerait disposer d'une certaine latitude pour ajuster lui-même le taux d'effort. On nous dit que, dans le nouveau conventionnement et dans les diverses classifications des logements, il y aurait des possibilités de différenciation des niveaux de loyers qui permettraient d'arriver à ces objectifs.

Je tiens à le souligner : nous craignons qu'en construisant trop cher, les ménages les plus modestes s'écartent des logements les plus récents et qu'ils soient concentrés dans le parc où les loyers seraient en deçà des plafonds APL. Les chances pour ces familles d'avoir un vrai parcours résidentiel s'en trouveraient freinées et nous irions, collectivement, à l'encontre des objectifs de la politique de la ville quant aux équilibres de peuplement et à la mixité sociale.

PHOTO : Louis Besson : «Trop souvent, on apporte spontanément des réponses lourdes, classiques, qui coûtent cher.»

GRAPHIQUE : REPARTITION DES RESSOURCES DES EMMENAGES RECENTS ET DE L'ENSEMBLE DES LOCATAIRES DU PARC SOCIAL. 20% des nouveaux arrivants ont des revenus inférieurs à 20% du plafond de ressources.

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