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ENTRETIEN JACQUES PAUTIGNY, président du Syndicat national des aménageurs-lotisseurs « Les aménageurs privés sont des créateurs de la ville »

nathalie coulaud, bertrand escolin, rémy mario, emmanuel guimard, frédéric félix, jean-jacques talpin |  le 04/06/1999  |  ÉvénementArchitectureAménagement

Le titre de votre congrès, qui s'est ouvert le 3 juin, est : « Nous sommes responsables de la ville de demain ». En quoi les aménageurs privés, que vous représentez, ont-ils une responsabilité dans la réalisation de la ville ?

L'urbanisme et le développement urbain ne sont pas neutres et marquent la ville pour les décennies à venir. Les aménageurs privés, qui viabilisent les terrains et réalisent des espaces publics, sont des créateurs de morceaux de ville. Si ce qu'ils font n'est pas de qualité, le quartier risque de connaître une évolution défavorable. Bien sûr, les aménageurs ne travaillent pas seuls. Il leur revient de proposer des projets urbains aux élus, et c'est en concertation avec eux que se dessinent les nouveaux aménagements. Malheureusement, dans cette recherche de la qualité, la règle de droit de l'urbanisme est souvent un obstacle. Les plans d'occupation des sols n'autorisent pas beaucoup l'originalité et il faut du courage aux élus pour imposer une modification de la règle afin de prendre en compte une approche qualitative.

Par ailleurs, plus la concertation en amont du projet urbain sera importante, moins les risques de contentieux sur les autorisations existeront.

Une fois le quartier terminé, combien de temps les aménageurs en sont-ils responsables ?

Généralement, une fois la zone d'aménagement concerté achevée ou le lotissement terminé, les espaces publics sont rétrocédés à la commune, qui assure ensuite l'entretien des espaces. Les aménageurs doivent donc s'être rapprochés de la collectivité pour que tout se passe bien. La sécurité des habitants doit notamment être prise en compte dès la conception des espaces : les éclairages doivent être suffisants, les rues ne doivent pas être uniquement conçues pour les automobiles. Si cela se passe mal, l'aménageur en est responsable moralement si ce n'est juridiquement. L'aménageur est, en outre, responsable pendant dix ans des ouvrages fournis au titre de la garantie décennale.

Pensez-vous que les aménageurs privés ont vocation à intervenir dans le renouvellement urbain, c'est-à-dire construire dans des espaces déjà partiellement urbanisés ?

Jusqu'à présent, la vocation des aménageurs était plutôt de s'occuper des espaces périurbains encore vierges. Des demandes existent cependant pour construire sur des espaces en friche parce qu'il s'agit de terrains bien placés. Nous pourrions intervenir facilement sur ces espaces.

Le recyclage urbain et l'urbanisation sur des sites vierges font aujourd'hui appel à des opérateurs de plus en plus qualifiés, dans des montages de partenariat originaux et parfois mixtes (public-privé). Cela me paraît une bonne chose. Les grands ensembles de logement social, tant décriés aujourd'hui, ont ainsi manqué, lors de leur conception, de regards divers et critiques. Ne recommençons pas.

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