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ENTRETIEN Eric Degrémont « Nous rattrapons le retard sur les routes »

JOCELYNE AUBERT |  le 04/04/1997  |  France Meurthe-et-MoselleMarneCollectivités localesAménagement

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-Le nouveau préfet de la région Champagne-Ardenne annonce une augmentation de 20 % des crédits de paiement du contrat de plan routier. -Il fait le point sur l'avancée du TGV Est, l'aménagement de la Meuse, Europort Vatry et le logement social.

Quelle est l'importance du retard du volet routier du contrat de Plan ?

Eric Degremont. Ce volet représente environ 60 % des crédits inscrits au troisième contrat de Plan, avec un montant de 2,286 milliards de francs, avenants compris. Son démarrage a été lent car il a fallu d'abord affecter les crédits de paiement disponibles au solde des opérations du précédent contrat. Les crédits effectivement versés aux entreprises avaient été de 290 millions de francs en 1994 et de 255 millions de francs en 1995.

Je suis heureux de vous annoncer qu'ils ont été de 395 millions de francs en 1996, et qu'ils sont annoncés à plus de 480 millions de francs, en 1997. C'est une progression considérable, qui traduit les efforts des trois financiers principaux que sont l'Etat, la région et les départements, notamment les Ardennes.

Si l'on raisonne en termes de marchés, et non plus de paiements, les engagements pris ont été, en 1994, de 282 millions de francs, en 1995, de 370 millions de francs, et, en 1996, de 508 millions de francs. Si les entreprises du BTP s'inquiètent pour leur chiffre d'affaires, il serait abusif de dire que le ralentissement du contrat de plan est la cause de leurs maux !

L'objectif routier initial du contrat de plan était très ambitieux. Les objectifs de celui-ci devront être réalisés en six ans, et non cinq. Ceci nous donnera de meilleures chances de les réaliser.

Où en sommes-nous des mises en chantier ?

Les comités de suivi départementaux font le point régulièrement. L'an dernier, nous avons mis en service la quatrième section de la rocade de Troyes, la déviation de Rocroi, le boulevard des Tondeurs, à Reims, et nous avons poursuivi les grands chantiers de Poix-Terron, du barreau Est de Reims, de la déviation d'Omey-Pogny, des contournements de Châlons et de Saint-Dizier.

En 1997, d'un commun accord avec les départements et la région, nous disposons d'une enveloppe d'autorisations de programme de l'ordre de 370 millions de francs - dont 110 millions, à la charge de l'Etat. Nous allons intensifier le rattrapage tout en donnant la priorité à l'autoroute A34, Reims - Charleville-Mézières, axe majeur qui reste programmé sur cinq ans.

Les crédits de paiement vont augmenter de 20 % grâce à l'effort particulier de la région et du département des Ardennes, en faveur de l'A34 qui se voit affecter 28 millions de francs de fonds de concours supplémentaires.

S'agissant de la RN31, 80 millions de francs sont inscrits dans le contrat de Plan interrégional du Bassin parisien pour sa mise à deux fois deux voies de la section Reims-Muizon. Cette année, une première enveloppe de 6 millions est mobilisée pour arrêter un tracé et réaliser les premières acquisitions foncières. Notre voeu étant de la réaliser le plus rapidement possible.

J'ajouterai que le Cete de l'Est, à la demande du conseil général de la Marne et en accord avec la direction des routes, étudie les diverses possibilités de réalisation d'un ouvrage autoroutier au sud de la RN4 (peut-être entre Sézanne et Vitry-le-François). Non inscrit au schéma autoroutier, ce projet engage une procédure assez lourde.

L'Europort Vatry va générer une forte augmentation du transit... de matériaux, dans un premier temps. Les connexions ferroviaires sont-elles prévues ?

Les connexions ferroviaires sont naturellement prévues ; la localisation de la voie existe et le branchement fait partie du plan masse et du dossier d'enquête d'utilité publique. Mais les investissements se feront le moment venu... lorsque le besoin s'en fera sentir par une clientèle suffisamment importante. L'Europort Vatry-en-Champagne a bien une vocation multimodale.

Le comité de pilotage du projet de TGV Est a-t-il affiné sa planification ?

Lors de la réunion du comité de pilotage de janvier, il a été pris acte de la nouvelle orientation du gouvernement et de la participation financière de la commission européenne, à hauteur de 825 millions de francs pour la période 1995-1999. Les premiers travaux démarreront, pour la première phase de la réalisation de Vaires, à Vandières, au cours de l'année 1998.

Actuellement, le protocole définissant les modalités de réalisation de l'avant-projet définitif et de son financement est soumis à la signature de tous les partenaires. Ce protocole est assorti d'un cahier des engagements de l'Etat portant, notamment, sur la protection de l'environnement. Le représentant de l'Etat présidera un comité de suivi de ces engagements, conformément à la circulaire Bianco, du 15 décembre 1992, pour lequel l'arrêté préfectoral est en cours de préparation.

Simultanément, nous allons engager les premières acquisitions foncières et poursuivre activement les études : 740 millions de francs seront mobilisés en 1997 et 1998. Sur la partie marnaise, de l'ouest vers l'est, nous souhaitons fixer prioritairement le tracé aux abords de Reims jusqu'à la nouvelle gare de Bezannes, le plus rapidement possible, afin d'effacer les incertitudes foncières des viticulteurs et agriculteurs, dans la traversée de la montagne de Reims. Il appartiendra, ensuite, à l'Etat de décider s'il met en demeure la Sanef de construire le barreau autoroutier de Reims dont les études techniques sont très liées à celles de la voie TGV... (1).

S'agissant de la prévention des inondations dans les Ardennes, l'Epama (2) a annoncé des premiers résultats d'études, pour le début de 1997. Qu'en est-il ?

Le troisième contrat de Plan Etat-région prévoit 3 millions de francs pour la réalisation de cartographies et d'atlas des zones inondables. Il existe déjà un certain nombre d'études sur des parties du cours du fleuve. Tant que nous n'avons pas une étude synthétique générale... c'est comme si nous n'avions rien fait. La première action de l'Epama consiste en l'étude de mobilisation des crues de la Meuse. La totalité de cette évaluation est estimée à 5,45 millions de francs, financés par l'Epama (2,5 millions de francs), le ministère de l'Environnement, l'agence de l'eau Rhin-Meuse, les voies navigables de France, le contrat interrégional du Bassin parisien et, nous l'espérons, des crédits de la communauté européenne.

Un appel d'offres est lancé pour l'étude, sur tout le tracé de la Meuse, en deux volets : un modèle hydraulique, étude de l'écoulement des eaux et localisation des zones inondables nécessitant d'éventuels aménagements, et un modèle hydrologique destiné à améliorer le réseau existant d'annonces des crues. La forte mobilisation de la région Champagne-Ardenne tend à inciter l'ensemble des adhérents de l'Epama à participer aux financements, pour lesquels ils se sont engagés, de telle sorte que les travaux puissent démarrer rapidement. Il doit y avoir une solidarité de l'amont vers l'aval.

Je tiens à apporter mon soutien le plus entier, au nom de l'Etat, au président Kaltenbach, dans cette action d'autant plus difficile qu'elle engage des participants dont l'intérêt est inégal. La réalisation des travaux est urgente, à plus forte raison celle des études qui conditionnent les travaux. C'est une question de sécurité publique.

En ce qui concerne les crédits affectés au logement, quelles sont les prévisions pour cette année ?

Nous n'avons pas encore la notification exacte. La réforme du financement de la ligne fongible, au 1er octobre 1996, a entraîné quelques perturbations d'application sans pour autant remettre en cause les crédits - cela permettra, au contraire d'en avoir davantage.

Mais, il a fallu revoir les procédures. Ainsi, le département de la Marne a signé avec le ministère, en juillet, une convention permettant de lancer 700 logements, sur trois ans, en milieu rural. Le mode de financement ayant été modifié, l'engagement des crédits a été décalé. Les ordres de service ont été donnés à la fin de décembre, dès que nous avons eu le mode d'emploi.

La réalisation se fera conformément à ce qui a été prévu, le but étant d'avoir, en plus des lignes budgétaires habituelles, 230 logements par an. Nous avons demandé davantage de crédits pour le neuf et un peu moins en réhabilitation. La réponse va nous parvenir ces jours-ci et nous espérons, par la mise en place d'une bourse d'échange, rééquilibrer.

(1) NDLR : Dès lors que le trafic dépasse les 65 000 véhicules par jour sur l'autoroute A4, dans la traversée de l'agglomération rémoise, l'Etat peut demander à la Sanef de réaliser le barreau de délestage de l'A4. Coût approximatif : 1 milliard de francs.

(2) L'Epama (Etablissement public d'aménagement de la Meuse et de ses Affluents) créé en juillet 1996, est présidé par Jean Kaltenbach, président du conseil régional de Champagne-Ardenne. Il regroupe les régions Champagne-Ardenne et Lorraine, les départements des Ardennes, des Vosges, de la Meuse, de la Meurthe-et-Moselle, des principales villes et communautés de communes traversées par la Meuse.

PHOTOS : Le boulevard des Tondeurs, à Reims, dans sa traversée urbaine. Une mise en service en 1996.

La première action de l'Epama consiste en l'étude de mobilisation des crues de la Meuse. La totalité de cette évaluation est estimée à 5,45 millions de francs. Ici, le site des «Quatre frères Aymon ».

Le barreau Est de Reims en chantier, sur les traces gallo- romaines et des combats de 14-18.

Au programme 1997 du contrat de plan routier

SUITES D'OPERATIONS

Autoroute A34 (RN51 Reims - Charleville-Mézières) : déviation de Poix-Terron/Faissault/ Bertoncourt, barreau Est de Reims et engagement de la déviation est de Witry-lès-Reims.

Aube : rocade de Troyes et carrefour de Saint-Lyé, sur la RN19.

Marne : mise en service de la 1re phase du doublement de la déviation de Châlons-en-Champagne et poursuite de son doublement, achèvement de la déviation d'Omey-Pogny, sur la RN44.

Haute-Marne : déviation de Saint-Dizier, déviation Bologne/Chaumont, sur la RN67.

DEMARRAGE EFFECTIF DES TRAVAUX

Sur la RN4 : barreau restant à réaliser de la déviation de Sézanne.

Sur la RN51 : entre Reims et Epernay , déviation de Champfleury et de Montchenot (soumise à accord des élus locaux, pour le choix du tracé et acquisitions foncières).

NOUVELLES OPERATIONS SOUMISES A ENQUETE PUBLIQUE

Sur la RN44 : carrefour de Prunay.

Liaison A5 ouest de Troye.

Sur la RN4 : créneau d'Haussimont, pour une desserte progressive de l'Europort de Vatry.

Marne : mise en service de la 1re phase du doublement de la déviation de Châlons-en-Champagne et poursuite de son doublement, achèvement de la déviation d'Omey-Pogny, sur la RN44.

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