En direct

Entretien avec Marie-Françoise Manière, présidente de l’Union nationale des syndicats français d’architectes
Marie-Françoise Manière, présidente de l’Union nationale des syndicats français d’architectes (Unsfa) - © © Bruno Levy / Le Moniteur

Entretien avec Marie-Françoise Manière, présidente de l’Union nationale des syndicats français d’architectes

propos recueillis par Dominique Errard |  le 24/01/2012  |  Apprentissage BTPFrance ArchitecturePlancherGironde

Ma newsletter personnalisée

Ajouter ce(s) thème(s) à ma newsletter personnalisée

Profession
Apprentissage BTP
France
Architecture
Plancher
Gironde
Gros œuvre
Professionnels
Valider

Elue présidente de l’Unsfa au congrès de Bordeaux il y a quatre mois, Marie-Françoise Manière évoque les thèmes dont la profession veut débattre à l’occasion des élections de cette année, l’ambiguïté du décret sur la « surface de plancher » et le blocage de l’accès à la formation FEE Bat pour les salariés des entreprises d’architecture.

2012 est une année électorale forte. Quels messages souhaitez-vous faire passer auprès des hommes et femmes politiques qui se mobilisent pour les Français ?

Il sera sans doute difficile à la profession de faire entendre sa voix sur des sujets qui peuvent sembler techniques aux Français. Cependant, nous pouvons alerter les hommes et femmes politiques de demain, et leurs équipes, sur ce qui les concerne directement :

- les Français ont besoin de logements. Les architectes attendent un engagement politique pour faciliter la production de logements de qualité. L’urgence ne doit pas masquer le besoin de qualité architecturale pour tous. Et, en particulier, pour encourager la rénovation des copropriétés vieillissantes, appartenant au patrimoine énergivore des années 1950-1980.

- les Français ne doivent pas supporter les montages financiers ayant pour objet de combler la défaillance des finances publiques. Les communes qui pensent que les Partenariats public-privé sont une solution de facilité pour financer leurs projets immobiliers se trompent. En particulier lorsqu’elles ne sont pas dotées de services compétents capables de suivre ces procédures complexes, et coûteuses pour l’avenir.

- les Français doivent pouvoir compter sur des architectes dotés d’une solide formation pour répondre avec efficacité aux nouvelles exigences sociétale, technique et économique de notre temps. La professionnalisation (Habilitation à exercer la maîtrise d’œuvre en nom propre) des jeunes architectes doit notamment être allongée à deux ans au lieu d’une année actuellement insuffisante.

- les Français doivent pouvoir accéder facilement à la connaissance en matière d’architecture pour mieux comprendre ce qu’ils peuvent attendre des architectes. Journées du patrimoine et de l’architecture, développement de l’enseignement de l’architecture à l’école… et autres actions de promotion de l’architecture sont à créer ou développer plus largement. L’architecture n’est pas un luxe, ni un surcoût. Comme le paysage, l’urbanisme et toutes les disciplines du cadre de vie, elle est indispensable à l’épanouissement de tous.

- les Français doivent exiger des constructions publiques de qualité. Les maîtrises d’œuvre qui se constituent au sein des Sociétés publiques locales (SPL), produit de substitution de la maîtrise d’œuvre publique aujourd’hui disparue, ne disposent pas de toutes les compétences pour assumer la complexité des missions de projet architectural. De plus, missionnée sans consultation ni assurance décennale, cette maîtrise d’œuvre constitue une concurrence déloyale pour la maîtrise d’œuvre indépendante.

- enfin, en période de crise, les Français ne veulent pas d’architecture au rabais. Les maîtres d’ouvrage ne doivent pas encourager le dumping des honoraires de maîtrise d’œuvre. De telles pratiques doivent au contraire être dénoncées.

Le décret sur la « surface de plancher » semble inquiéter les architectes qui regrettent que les seuils du recours obligatoire à l’architecte n’aient pas été adaptés au relèvement des droits à construire. Quelle est la position de l’Unsfa ?

Dans l’immédiat nous interpellons le ministre de l’Ecologie pour clarifier le décret sur la « surface de plancher ». Le texte qui doit faire l’objet d’une circulaire dans les prochains jours semble sous-entendre que les seuils de dérogation au recours obligatoire à l’architecte s’appliquent désormais à tous les maîtres d’ouvrage. Or, le seuil de 170 m2 en deçà duquel le recours à l’architecte n’est pas obligatoire ne concerne que les particuliers qui font construire pour eux-mêmes. Sur ce point, le décret est ambigu. S’agissant d’un texte qui entrera en vigueur le 1er mars il est urgent de clarifier cela.

Par ailleurs, nous sommes satisfaits de constater que cette nouvelle « surface de plancher » vise à favoriser la densification du bâti et le recours aux isolants thermiques, même si nous déplorons que les seuils de dérogation au recours obligatoire à l’architecte n’aient pas été adaptés aux nouvelles possibilités de construire, c'est-à-dire abaissés d’environ 15%.

La maîtrise d’œuvre est éligible depuis peu à la Formation aux économies d’énergie des entreprises et des artisans du bâtiment (FEE Bat). Cependant les architectes ne s’accordent pas sur l’accès à ces formations. Pourquoi ?

Le FEE Bat initié par EDF, la FFB, la CAPEB, l’ADEME et l’ATEE (Association technique énergie-environnement) est une chance pour la maîtrise d’œuvre, et les entreprises d’architecture en particulier. Malheureusement, un syndicat patronal et trois syndicats de salariés bloquent actuellement son processus de mise en place pour les salariés des entreprises d’architecture.

L’Unsfa ne s’explique pas cette attitude qui prive nos collaborateurs d’un financement précieux pour la mise à jour de leurs connaissances. Je viens donc d’adresser une pétition aux 30 000 architectes pour que ce point soit renégocié d’urgence au sein de la profession, en commission paritaire. J’attends que la profession se mobilise fortement. Former nos collaborateurs à la performance énergétique des bâtiments et aux pathologies lors de la réhabilitation énergétique est capital pour l’avenir de la construction.

Commentaires

Entretien avec Marie-Françoise Manière, présidente de l’Union nationale des syndicats français d’architectes

Votre e-mail ne sera pas publié

Éditions du Moniteur Le Moniteur boutique

Initiation à l’architecture, à l’urbanisme et à la construction

Initiation à l’architecture, à l’urbanisme et à la construction

Date de parution : 08/2020

Voir

Accessibilité des bâtiments aux personnes handicapées

Accessibilité des bâtiments aux personnes handicapées

Date de parution : 08/2020

Voir

Handicap et construction

Handicap et construction

Date de parution : 07/2020

Voir

Accéder à la Boutique

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur